Suroît: Hydro-Québec fait la démonstration de ses besoins

Dans un mémoire préparé à la demande de la Régie de l'énergie dans le cadre de l'examen du projet Suroît, Hydro-Québec Distribution réitère que la filière thermique (centrales à cycle combiné ou cogénération) constitue une solution non seulement intéressante mais essentielle qui permettrait au distributeur de répondre à ses besoins. On y affirme que la société d'État deviendra importateur net d'électricité dès cette année.

Ses approvisionnements supplémentaires requis seraient, selon les calculs présentés à la régie, de 0,3 térawattheures en 2004, de 4,3 TWh en 2005, de 7,1 TWh en 2006, de 2 TWh en 2007, de 3,2 TWh en 2008 et de 7 TWh en 2010. Dans l'hypothèse d'un scénario fort, c'est-à-dire beaucoup de froid et une forte consommation d'électricité, les besoins supplémentaires pourraient être de 6,6 TWh en 2006 et grimper jusqu'à 12 TWh en 2008.

Comme la régie a identifié trois sujets primordiaux sur lesquels elle voulait entendre le distributeur, Hydro-Québec traite dans ce mémoire des trois points, à savoir la prévision de la demande en électricité, l'efficacité énergétique et les approvisionnements en électricité d'Hydro-Québec Distribution.

En ce qui concerne la demande, le distributeur avoue qu'il est difficile d'établir des prévisions précises. Il mentionne que l'historique climatique des 30 dernières années montre que l'écart type annuel sur la demande est d'environ 2 TWh. Si les conditions climatiques sont plus sévères, l'écart peut atteindre 4 TWh. L'impact d'un scénario fort sur les ventes d'électricité à un horizon de quatre ans est de 9 TWh. En 2003 par exemple, les ventes ont excédé de 7,1 TWh les prévisions faites en 2002. Par mesure de prudence, Hydro-Québec conçoit divers scénarios afin de n'avoir pas à être pris au dépourvu.

Il y a aussi le prix de l'énergie qui entre en considération. On souligne dans le mémoire que de 1998 à 2003, les prix du mazout et du gaz ont augmenté de 55 %, tandis que les tarifs d'électricité furent gelés. Entre 2003 et 2010, les deux tiers de la croissance de la demande en électricité sont attribuables au secteur industriel, d'où la volonté du distributeur de cibler sur les secteurs industriels à valeur ajoutée.

Au chapitre de l'efficacité énergétique, Hydro-Québec soutient avoir mis en oeuvre de nombreux programmes au fil des ans et d'avoir suscité des investissements de 662 millions, dont 336 millions de sa poche et 296 millions de la part de clients participants. Cela a permis des économies d'énergie de 2,9 TWh dans les années 1990 et dont la majeure partie (2,4 TWh) s'est maintenue jusqu'à aujourd'hui. Hydro mentionne qu'il n'est pas toujours évident de faire participer les clients mais dit fixer un objectif d'économie de 0,75 TWh en 2006 et de 1,46 TWh à l'horizon 2010.

D'ici à trois ans, le distributeur veut effecteur des diagnostics énergétiques personnalisés résidentiels dans 25 % des trois millions de ménages au Québec. Il prévoit qu'environ 210 000 appliqueront des mesures d'économie pour un gain moyen de 620 kWh/année par client. Il veut susciter l'achat de 336 000 thermostats électroniques. Il avance même l'objectif du remplacement d'ici 2006 de 28 000 feux de circulation incandescents par des diodes électroluminescentes. Il y aurait 150 000 feux à remplacer au Québec.

Enfin, sur la question des approvisionnements, le distributeur assume d'abord son obligation de livrer 165 TWh pour la consommation patrimoniale annuelle. Pour le reste, la loi oblige le distributeur à faire appel à la concurrence, par exemple pour l'achat du bloc d'énergie éolienne et celui provenant de la biomasse. Pour susciter de nouvelles productions au Québec, le distributeur procède à des appels d'offres pour des contrats à long terme de 15 à 20 ans, ce qui aide les promoteurs à trouver du financement plus facilement. En outre, pour une demande plus forte que prévu, le distributeur doit recourir aux marchés de court terme, qui sont situés à l'extérieur du Québec.

La stratégie d'approvisionnement est planifiée en tenant compte de tous les scénarios possibles, explique le distributeur à la Régie. À son premier appel d'offres en 2002, le distributeur a signé trois contrats à long terme pour une capacité de 1107 MW. Pour les besoins supplémentaires, d'autres appels d'offres sont en cours ou en préparation. Les besoins supplémentaires prévus jusqu'à 2007 seront comblés par des approvisionnements de court terme.

La dépendance prévue envers les marchés de court terme est inférieure à 5 TWh par année jusqu'en 2008, sauf en 2006, qui coïncide avec le début des livraisons prévues au contrat de Trans Canada Energy. La cogénération comblera une partie des besoins dès 2008. Au delà de 2010, le distributeur dit disposer de délais d'acquisition suffisants pour combler les besoins de long terme.