Québec souhaite éloigner les manifestants anti-avortement

Le ministre de la Santé s’est dit persuadé qu’une interdiction de manifester à proximité des cliniques d’avortement passera le test de la Charte canadienne des droits et libertés.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre de la Santé s’est dit persuadé qu’une interdiction de manifester à proximité des cliniques d’avortement passera le test de la Charte canadienne des droits et libertés.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, légifère pour garder à distance les manifestants pro-vie des cliniques d’avortement.

Il fera connaître mardi après-midi des amendements au projet de loi 92 afin d’établir un périmètre de sécurité de 50 mètres autour des cliniques. Du coup, « il sera interdit [à l’intérieur de celui-ci] de manifester ou de tenter de faire obstruction à des femmes [cherchant à] avoir accès à ces cliniques » pour une interruption volontaire de grossesse (IVG). « En aucune circonstance devrait-il être permis de mettre quelques barrières que ce soit, physiques ou non physiques, à l’accès à l’avortement », a déclaré M. Barrette lors d’un impromptu de presse à l’Assemblée nationale.

Le ministre de la Santé s’est dit persuadé qu’une interdiction de manifester à proximité des cliniques d’avortement passera le test de la Charte canadienne des droits et libertés. Les dispositions qu’il soumettra à la Commission de la santé et des services sociaux ont été « grosso modo copiés-collés [sur une loi de] la Colombie-Britannique », qui a été validée par la Cour suprême du Canada, a-t-il mentionné. D’ailleurs, des juristes cadres ont passé au peigne fin le libellé des amendements proposés au projet de loi visant à accroître les pouvoirs de la Régie de l’assurance maladie du Québec, a précisé son attachée de presse, Julie White.

M. Barrette s’est refusé à déposer un nouveau projet de loi. Il a plutôt décidé d’amender le projet de loi 92 — qui fait actuellement l’objet d’un examen article par article en commission parlementaire — pour éviter l’engorgement de l’Assemblée nationale. « Vous avez constaté la vitesse à laquelle nos projets de loi vont », a-t-il lancé aux journalistes.

En février 2016, la députée péquiste Carole Poirier avait dévoilé le projet de loi 595, destiné à aménager une zone permettant aux anti-choix d’« exerce[r] leur droit de manifester » aux abords des établissements publics ou privés où se pratiquent des avortements, tout en les empêchant « d’interpeller, d’importuner, d’injurier, de menacer, d’intimider ou de tenter d’intimider » les patientes et les employés.

D’autres détails suivront.

2 commentaires
  • André Bourbonnais - Abonné 29 novembre 2016 15 h 32

    Manifestation pro-vie.

    Je suis bien d'accord. Nous vivons dans une démocratie, donc un libre-choix. Je connais une personne qui a été agressée à l'entrée d'une clinique d'avortement.
    Je pense qu'elle avait suffisamment de stress sans en rajouter.
    André Bourbonnais

  • François St-Pierre - Abonné 29 novembre 2016 19 h 22

    Nouvelle dérive de la liberté d'expression

    Pourquoi se limiter à 50 mètres? Depuis quand la liberté d'expression entraîne-t-elle pour corollaire l'obligation d'entendre et de voir ladite expression?

    L'avortement est légal au Canada. Ceux qui ne l'acceptent pas peuvent chanter leur credo tant qu'ils le voudront: on n'exercera aucune sanction contre eux. Mais de là à leur donner une tribune auprès d'un auditoire qui, de toute évidence, ne veut rien savoir de leur message, il y a une marge.