Hélène David fait la part belle aux cégeps

Le ministère de Mme David veut insister sur l’importance des formations continues et à court terme au niveau collégial.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Le ministère de Mme David veut insister sur l’importance des formations continues et à court terme au niveau collégial.

Des 35 millions que le gouvernement Couillard, à la faveur de la mise à jour économique d’octobre, a choisi de réinjecter en éducation d’ici le 31 mars prochain, 12 millions sont réservés à l’enseignement supérieur. Et la plus grande part du gâteau ira aux cégeps.

C’est ce qu’a indiqué la ministre responsable de l’Enseignement supérieur, Hélène David, dans une entrevue accordée au Devoir. La ministre a reçu, mardi, la confirmation du Conseil du trésor qu’elle disposera de cette somme pour combler une partie des besoins des réseaux collégial et universitaire. « Il y a énormément de demandes en formation continue et en formation d’appoint », a fait valoir la ministre.

Tant l’université que le cégep offrent cette formation continue. Mais au cégep, l’enveloppe budgétaire, distribuée dans chacune des régions, est « fermée », comme le veut le jargon, et pour certaines formations, qui font l’objet d’attestations d’études collégiales (AEC), des droits de scolarité sont exigés.

Hélène David s’est fixé quatre champs prioritaires. D’abord, la formation d’appoint, à l’université ou au cégep, destinée aux nouveaux arrivants qui doivent parfaire leurs connaissances afin d’exercer leur profession ou leur métier. Elle a cité l’exemple du Collège John Abbott qui est forcé, faute de fonds, de refuser l’admission d’infirmières immigrantes qui doivent compléter leur formation.

Demande de formations courtes

La ministre veut aussi investir davantage dans les AEC. Elles offrent à des étudiants la possibilité d’obtenir une formation technique spécialisée sans passer par la filière du diplôme d’études collégiales (DEC) qui requiert trois années d’études. Les AEC peuvent aussi permettre à un adulte qui détient un DEC d’ajouter une corde à son arc. « C’est tout un monde, les AEC. C’est un monde important parce qu’on s’aperçoit qu’il y a de plus en plus de gens qui demandent des formations courtes », a-t-elle constaté.

Hélène David se dit partisane des cégeps et de la formation générale en français et en philosophie, même pour le cégep technique. « Je suis peut-être de la vieille garde [mais] j’y crois profondément, à la formation générale. » En cela, elle se démarque du Rapport du chantier sur l’offre de formation collégiale, signé par Guy Demers et rendu public en 2014. Ce rapport proposait notamment d’alléger les exigences en formation générale pour les étudiants qui ne se destinent pas à l’université. « Je n’achète pas tout le rapport Demers », a-t-elle affirmé. Mais elle se dit ouverte à certains assouplissements pour favoriser l’accès aux formations courtes.

Sa troisième priorité porte sur les « petites cohortes » dans les cégeps en région. Déclin démographique oblige, plusieurs cégeps pourraient abandonner certaines formations parce que le nombre minimal d’étudiants n’est pas atteint. La ministre entend abaisser les seuils des cohortes, ce qui implique des coûts, afin de permettre aux cégeps de garder des étudiants qui, autrement, quitteraient la région.

Enfin, Hélène David veut attirer des étudiants de l’étranger dans les cégeps en région et dans les universités. Au Sommet de la Francophonie à Madagascar, le premier ministre Philippe Couillard a d’ailleurs annoncé, vendredi, l’octroi de 3,5 millions en bourses d’excellence et en exemptions de droits de scolarité pour les étudiants du Sud.

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3 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 28 novembre 2016 07 h 32

    L'insigne générosité

    Notre gouvernement a coupé 100 millions, il vous en redonne 35; l'insigne générosité libérale n'est-elle pas admirable?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 28 novembre 2016 22 h 31

      Pourriez donner vos sources?

  • Monique Bisson - Inscrit 28 novembre 2016 11 h 43

    Enfin!

    Mme la ministre reconnaît enfin l'urgence de réinvestir dans l''enseignement collégial qui souffre de manière indéniable de sous-financement comparativement aux universités. Quand il en coûte 10 000 $ annuellement pour former un étudiant au niveau collégial et 30 000 $ au niveau universitaire, il est évident que les universités ont des choix inėvitables à faire et de manière urgente.

    L'avenir du réseau collégial semble assuré ainsi que la formation générale pour toutes et tous. De plus, les cégep en rėgion sont porteurs d'un dynamisme vital pour les régions. J'en suis ravi!


    Gatineau