Trois autres jours de grève dans les garderies

Le tiers des centres québécois de la petite enfance seront une nouvelle fois paralysés par une grève de trois jours, à la fin de mars. En effet, les 6500 travailleuses de 350 centres de la petite enfance, syndiquées à la CSN, se mettront en grève les 26, 29 et 30 mars. Dans 120 centres, il s'agira d'une grève illégale.

Pour une troisième occasion en quelques mois, des milliers d'enfants seront ainsi privés de services ces jours-là, forçant leurs parents à prendre congé ou encore à trouver une solution de rechange.

Les mêmes travailleuses ont eu recours à la grève pendant une journée en septembre et une seconde fois le 16 janvier.

Ces travailleuses syndiquées à la CSN constituent la presque totalité, soit 92 %, des travailleuses syndiquées de ce secteur.

Le président de la Fédération de la santé et des services sociaux (CSN), Pierre Lamy, a fait valoir hier, en interview téléphonique, que les travailleuses n'ont pas le choix, le gouvernement étant demeuré muet à la suite des deux premiers débrayages.

«Nous avons les mêmes revendications. Le gouvernement n'a pas d'oreille, nous n'avons eu aucun écho. La ligne est morte», a-t-il dit.

Le syndicat poursuit un objectif: la négociation centralisée des salaires.

Les échelles salariales viennent à échéance à la fin de mars et le syndicat veut s'assurer que la négociation se fera à l'échelle nationale, pour l'ensemble du réseau, comme en 1999, et non «établissement par établissement, comme précédemment».

«Il s'agit d'un réseau et on croit que pour l'ensemble du réseau, il faut négocier provincialement les ententes salariales des gens», a indiqué M. Lamy.

«On ne veut pas revenir à la situation d'avant 1999», a-t-il ajouté.

Comme le gouvernement demeure muet, M. Lamy se demande s'il n'y a pas anguille sous roche.

«Le gouvernement ne l'a pas dit clairement, mais on pense que son obstination à ne pas répondre à notre revendication peut cacher pareil objectif», a-t-il avancé.

Quant aux désagréments que de telles grèves causent aux parents, M. Lamy estime pouvoir compter sur l'appui des parents en cause.

«On comprend qu'il y a des inconvénients pour les parents, mais on pense qu'ils appuient majoritairement les travailleuses de garderie. On les avise un mois à l'avance. On va leur distribuer un communiqué la semaine prochaine», a-t-il dit.