Racisme systémique envers les autochtones : un constat «très préoccupant», selon le ministre Kelley

Le ministre Kelley a invité une nouvelle fois les chefs autochtones à participer à un groupe de travail formé notamment de représentants du gouvernement du Québec, de corps de police, ainsi que de groupes de femmes autochtones
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre Kelley a invité une nouvelle fois les chefs autochtones à participer à un groupe de travail formé notamment de représentants du gouvernement du Québec, de corps de police, ainsi que de groupes de femmes autochtones

Le constat de l’observatrice civile indépendante Fannie Lafontaine selon lequel « un racisme systémique [existerait] au sein des forces de l’ordre à l’égard des Autochtones » est « très préoccupant », a souligné le ministre responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, jeudi avant-midi à l’Assemblée nationale.
 

À la question « Y a-t-il du racisme systémique envers les autochtones ? », M. Kelley a cependant rétorqué : « Moi, je pense que c’est une question qui est très importante, qu’il faut débattre ».
 

Le ministre a invité une nouvelle fois les chefs autochtones à participer à un groupe de travail qui réfléchirait à des mesures pour établir une relation de confiance entre les populations autochtones et les corps policiers. Celui-ci serait formé notamment de représentants du gouvernement du Québec, de corps de police, ainsi que de groupes de femmes autochtones. « Cette offre demeure sur la table », a indiqué M. Kelley lors d’un impromptu de presse en marge du caucus des élus libéraux jeudi avant-midi. « Moi, je demeure convaincu que c’est la meilleure approche », a-t-il ajouté.
 

Par ailleurs, M. Kelley s’est dit « encouragé » de constater que l’observatrice Fannie Lafontaine ait trouvé que les enquêtes menées par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) sur les allégations sexuelles visant des policiers de la Sûreté du Québec (SQ) ont été « menées de façon intègre et impartiale ».

 

En chambre, la députée péquiste Mireille Jean a pressé le gouvernement libéral à déclencher une enquête « plus large sur les relations entre les femmes autochtones et les corps policiers ». La décision de « laiss [er] la police enquêter sur la police » sur les cas de sévices sexuels, d’abus de pouvoir et d’intimidation à l’endroit de femmes autochtones rapportés en novembre 2015 par l’émission Enquête a fait en sorte que « 37 femmes voient [aujourd’hui] leur dossier fermé », selon elle. « Naturellement, la confiance a disparu. Pourtant, le rapport de l’observatrice indépendante est clair. En situation de crise, une enquête criminelle est nécessaire, mais elle est insuffisante. Si on ne prend pas au sérieux les racines de la crise de Val-d’Or, d’autres femmes risquent de ne plus briser le silence, faute de confiance », a déploré Mme Jean lors de la période des questions.
 

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a rappelé que les membres de la Commission d’enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées avaient reçu l’été dernier le feu vert du gouvernement du Québec pour analyser les allégations de violence contre des femmes autochtones de Val-d’Or. « [Les commissaires fédéraux Marion Buller, Michèle Audette, Qajaq Robinson, Marilyn Poitras et Brian Eyolfson] vont pouvoir regarder pas seulement les services fédéraux, ils vont pouvoir regarder les services du gouvernement du Québec, y compris les services policiers. Ils vont pouvoir interroger aussi les services municipaux. Alors, cette enquête va être beaucoup plus large qu’elle aurait pu être dans un autre contexte », a-t-il affirmé. « Il va falloir travailler sur des solutions de fond, et ça va prendre le temps qu’il faudra, mais on va rétablir cette confiance », a-t-il promis.

6 commentaires
  • Christiane Gervais - Inscrite 17 novembre 2016 12 h 41

    Le ministre Kelley

    Ce ministre est en poste, à différents niveaux, pour tout ce qui touche aux affaires autochtones depuis mars 1997. Presque 20 ans!

    Vous avez fait quoi pour la population autochtone Geoffrey Kelley en 20 ans?

    Comment ces communautés des premières Nations peuvent-elles vivre dans des conditions d'indigence telles qu'elles sont en mode de survie alors que des milliards de dollars sont investies auprès de leurs chefs?

    Et la population, vous avez fait quoi pour lui permettre de vivre dans la dignité?

    Ça prendra combien de temps encore, jusqu'à ce que la dernière d'entre elles soit disparue?

  • Raynald Rouette - Abonné 17 novembre 2016 13 h 21

    C'est tout ce que «les libéraux» trouvent à dire...


    Dans un déni de justice total!

    Ça fait 150 ans qu'ils jouent dans le même film.

    Ils se permettent de prétendre par surcroît, J.M. Fournier et cie, que nous vivons dans une société de droits... une farce monumentale!

    Pleutrerie et aveuglement volontaire «comme toujours».

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 17 novembre 2016 15 h 25

      J'aime votre commentaire M.Rouette,court ,vigoureux et vrai.Jusqu'ou iront-ils ces pleutres ?

  • Gilles Théberge - Abonné 17 novembre 2016 14 h 09

    Un ministre inepte!

    Il fait bien qu'il dise quelque chose.

    Alors il parle.

    Bla Bla Bla insignifiant.

    Des fois se taire et agir vaut mieux que de parler pour rien dire.

    Le pire c'est qu'il va être réélu avec 90% des suffrages exprimés.

    Misère!

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 17 novembre 2016 14 h 41

    Un autre exemple de discrimination systémique....

    Québec ne devrait pas confier à un autre gouvernement le mandat de s'occuper des conséquences criminelles imputables à un corps policier de la discrimination systémique vécue à Val-d'Or par des personnes y résidant et qui sont ses citoyens: il agirait autrement si les personnes violentées n'étaient pas autochtones. De plus, la commission fédérale a un mandat beaucoup plus large et ses préoccupations s'étendront d'un océan à l'autre. Ce sont nos policiers et nos concitoyens.

  • Pierre Valois - Abonné 18 novembre 2016 07 h 59

    Pas de commission provinciale sur ces incidents

    Le gouvernement Couillard, égal à lui-même en ces matières, préfère s'en remettre à la Commission nationale canadienne pour enquêter sur nos problèmes.

    Un total assujetissement à l'ordre fédéral. Dont le rapport final ne pourra que porter la signature de la vision fédérale sur ces questions.

    Je continue de répéter, et c'est ad nauseam que je le fais, que nous n'avons qu'un tout petit premier ministre qui se contente d'être le gérant d'une toute tite province.

    Il est totalement incapable de se faire grand quand les circonstances l'exigent. Et dire qu'il s'inspire, parait-il, en lisant des biographies des Churchill et Alexandre...

    Tout est là, il n'est qu'un lecteur plutôt qu' un homme d'action. Un Couill...ard quoi!