Paul St-Pierre Plamondon lance ses consultations pour «repenser le parti»

Le nouveau conseiller spécial du chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le nouveau conseiller spécial du chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon

Le nouveau conseiller spécial du chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, vise à « repenser le parti » avec certains électeurs qui le boudent depuis quelques années notamment pour éviter la possibilité qu’un Donald Trump québécois soit éventuellement élu dans la province.

« Si on ne veut pas se retrouver dans des situations comme avec Donald Trump, il va falloir qu’on prenne en main notre démocratie », a-t-il laissé tomber, lors d’une conférence de presse à Montréal, dimanche midi.
 

M. St-Pierre-Plamondon a annoncé le lancement de consultations avec une quinzaine d’ambassadeurs qui viseront à rejoindre trois électorats précis : les gens d’affaires, les jeunes de moins de 40ans et les communautés culturelles.

 

Cette conversation avec les électeurs se fera sous plusieurs formes ; M. St-Pierre Plamondon animera des conférences en personne et en ligne et il y aura des assemblées de cuisine, par exemple.

« L’instruction aux ambassadeurs, c’est : s’il-vous-plaît, allez parler à ceux qui ont des réserves, qui ont déjà voté pour le Parti québécois et qui ne votent plus Parti québécois. C’est à eux qu’on veut parler », a-t-il expliqué.
 

Les consultations déboucheront sur un rapport et des recommandations qui seront déposées à la mi-avril, puis soumis au débat pour le congrès du Parti québécois, en 2017.

Les conclusions devront donc être approuvées — ou rejetées — par les instances du Parti québécois, mais « la réceptivité est au rendez-vous », a assuré M. St-Pierre-Plamondon.
 

Le conseiller spécial de Jean-François Lisée a expliqué que cet exercice était nécessaire « si on ne veut pas se retrouver dans des situations comme Donald Trump » aux États-Unis. Dans cette optique, le PQ choisit une stratégie « à l’opposé » pour éviter qu’une situation similaire se reproduise au Québec, selon lui.

« Le Parti québécois dans son ensemble donne carte blanche à la relève, à la diversité, et aux gens d’affaires pour repenser le Parti québécois. Donc il n’y a pas de déconnexion », a-t-il soutenu.

Le PQ met aussi les bouchées doubles pour encourager les gens à aller voter et éviter une désertion de l’électorat — un facteur qui a influencé la victoire du candidat républicain, a-t-il souligné.


Des ambassadeurs de différents milieux

Les ambassadeurs — un groupe composé d’autant d’hommes que de femmes — viennent de divers milieux et de plusieurs horizons politiques ; certains d’entre eux ont voté pour le Parti québécois, mais d’autres proviennent d’Option nationale ou de la Coalition avenir Québec. Ces intervenants viendront épauler M. St-Pierre Plamondon dans sa lourde tâche.

Marianne Girard, entrepreneure et propriétaire d’une boutique écologique, croit qu’il faut profiter de l’écoute de « l’establishment » du Parti québécois, « le parti le plus ouvert de tous », a-t-elle affirmé, ajoutant qu’elle n’avait pas nécessairement appuyé M. Lisée dans la course à la direction. « Je crois que le Parti québécois c’est le seul moteur pour prendre (les devants). Il faut revaloriser la politique », a-t-elle expliqué.
 

Plusieurs jeunes font partie des ambassadeurs et ils se montrent optimistes quant à cette initiative.

Julien Bédard, détenteur d’un baccalauréat en science politique et maintenant gérant dans un restaurant, a expliqué qu’il était possible de changer de discours pour attirer plus de jeunes comme l’a fait Bernie Sanders avec le Parti démocrate dans la course aux primaires.

« Le monsieur a 74 ans et tous les jeunes de 18 à 25 ans étaient férocement avec lui », a dit cet ancien partisan d’Option nationale, qui se dit séduit par le discours « intelligent » de Paul St-Pierre Plamondon.

Alexis Lauzier, étudiant au baccalauréat en économique à l’Université de Sherbrooke et ancien leader étudiant, s’est quant à lui impliqué pour « rapprocher la politique des gens ».

« Personnellement, je n’ai pas d’allégeance politique au niveau provincial, donc je ne suis pas membre, ni militant du PQ, mon intérêt dans cette démarche-ci, c’est de rapprocher la politique des gens, ce n’est pas vraiment pour promouvoir le Parti québécois, mais pour promouvoir un parti qui sera proche des gens », a-t-il indiqué.


 
1 commentaire
  • Patrick Daganaud - Abonné 14 novembre 2016 13 h 51

    UN AUTRE « FAUT QU'ON SE PARLE »?

    Paul St-Pierre Plamondon serait sans doute avisé de s’assoir avec les gens de la tournée de « Faut qu’on se parle ».

    À force de faire des assemblées de cuisine, les Québécois vont finir avec une indigestion…

    Par contre, sur son chemin de Damas, St-Pierre Plamondon ne devrait-il pas prévoir de rencontrer les gens de l'âge d'or...du (vrai) PQ, du temps où on y aimait la social-démocratie?

    Sinon, il risque fort un clivage intergénérationnel!