QS menace d’entraver la nomination de hauts fonctionnaires

M. Khadir a présenté mardi, dans le Salon bleu, une motion visant à charger la commission des institutions d’«examiner l’ensemble des nominations faites par le bureau des différents premiers ministres entre 1996 et 2012».
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne M. Khadir a présenté mardi, dans le Salon bleu, une motion visant à charger la commission des institutions d’«examiner l’ensemble des nominations faites par le bureau des différents premiers ministres entre 1996 et 2012».

Québec solidaire menace d’entraver le processus de désignation des hauts fonctionnaires de l’État québécois si le gouvernement libéral persiste dans son refus d’y apporter « des améliorations […] pour qu’il soit clair, transparent et juste ».

Le député de Mercier, Amir Khadir, a sollicité l’aide des deux autres partis d’opposition, à l’Assemblée nationale, afin de bloquer toute nouvelle nomination nécessitant l’appui d’au moins les deux tiers des membres de l’Assemblée nationale. « C’est un levier qu’on pourrait utiliser pour amener le gouvernement à plus de raison », a-t-il affirmé dans un entretien téléphonique avec Le Devoir, mercredi soir. « Il faut vraiment qu’il y ait un processus vraiment plus indépendant, plus neutre, plus exempt de possibilités de trafic d’influence », a-t-il ajouté, moins d’une semaine après la diffusion d’un reportage-choc d’Enquête dans lequel la Société immobilière du Québec (SIQ) était dépeinte comme un organisme public contrôlé par des collecteurs de fonds libéraux et miné par la fraude, le trafic d’influence et la perception de commissions secrètes.

QS revient à la charge

M. Khadir a présenté mardi, dans le Salon bleu, une motion visant à charger la commission des institutions d’« examiner l’ensemble des nominations faites par le bureau des différents premiers ministres entre 1996 et 2012 [Lucien Bouchard, Bernard Landry, Jean Charest et Pauline Marois], afin d’identifier des problèmes et de proposer des améliorations au processus de nomination pour qu’il soit clair, transparent et juste ». La Coalition avenir Québec et le Parti québécois l’ont appuyée, mais pas le PLQ.

À l’heure actuelle, le gouvernement libéral attend la bénédiction des autres formations politiques avant d’officialiser l’embauche de nouveaux commissaires à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, à la Commission de la fonction publique ainsi qu’à la Commission d’accès à l’information.

Les élus solidaires s’abstiendront de donner la leur tant et aussi longtemps que le gouvernement Couillard refusera de revoir le processus de sélection de dirigeants du secteur public, a répété M. Khadir, promettant du même souffle de déposer une nouvelle motion jeudi. « Il y a une règle non écrite qui veut que le gouvernement ne procède pas à des nominations s’il n’y a pas unanimité. Même à trois députés, à la limite, on pourrait les bloquer », a-t-il conclu.

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