Fraude immobilière: Bartlett, bénévole ou solliciteur de fonds?

Alors que l’opposition le questionnait sur ses liens avec William Bartlett, M. Couillard a assuré qu’il n’avait jamais amassé de contributions pour le PLQ.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Alors que l’opposition le questionnait sur ses liens avec William Bartlett, M. Couillard a assuré qu’il n’avait jamais amassé de contributions pour le PLQ.

Le premier ministre, Philippe Couillard, a déclaré mardi qu’un militant libéral associé à des allégations de fraude immobilière n’avait jamais récolté de fonds pour sa formation politique, malgré des informations montrant qu’il a vendu des billets pour des cocktails de financement.

Alors que l’opposition le questionnait sur ses liens avec William Bartlett, M. Couillard a assuré qu’il n’avait jamais amassé de contributions pour le Parti libéral du Québec (PLQ).

« C’est un bénévole qui venait le jour des élections, comme font les bénévoles de tous les partis politiques ici représentés, a-t-il dit en chambre. Il n’était pas un solliciteur de fonds, n’a jamais eu de certificat de solliciteur pour le financement. »

M. Couillard a ajouté que les contributions financières de M. Bartlett, ainsi que son implication au PLQ, ont été exagérées après la diffusion d’un reportage qui l’a associé à des allégations de fraude concernant la vente d’édifices gouvernementaux.

« Il a fait lui-même d’assez faibles contributions au Parti libéral du Québec, a-t-il dit. Alors, il y a eu énormément d’exagérations, les faits sont ceux que j’ai mentionnés. »

Selon Radio-Canada, M. Bartlett a vendu, en 2007 et 2008, des billets de cocktails de financement au profit du PLQ, en plus d’avoir agi à titre de coordonnateur le jour de l’élection en 2007, dans la circonscription de Jean-Talon, à Québec, où M. Couillard a été élu.

Au cabinet du premier ministre, il n’a pas été possible d’obtenir plus de précisions de la part du porte-parole, Harold Fortin, malgré un appel de La Presse canadienne.

Le chef péquiste, Jean-François Lisée, a rappelé que M. Couillard, dans une déclaration au Salon bleu, avait remercié M. Bartlett pour son travail dans la circonscription de Jean-Talon, lorsqu’il était ministre de la Santé. « On ne remercie pas des bénévoles qui sont très peu importants », a-t-il dit.

Dans un reportage diffusé jeudi, Radio-Canada a indiqué que le président-directeur général de la Société immobilière du Québec (SIQ) ainsi que trois organisateurs de fonds libéraux se seraient partagé près de deux millions de dollars, dans le cadre de prolongations de baux.

Le chef caquiste, François Legault, a rappelé mardi que deux solliciteurs de fonds libéraux, Franco Fava et Charles Rondeau, étaient également associés aux allégations de fraude à la SIQ.

4 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 9 novembre 2016 06 h 14

    M. Couillard met sa crédibilité en jeu

    Selon M. Couilard, M. Bartlett est un petit bénévole sans importance comme il y en a des centaines dans toutes les formations politiques. Si c'est le cas, pourquoi une fois élu, M. Couillard a-t-il senti le besoin de remercier spécifiquement ce pion politique sans importance plutôt que n'importe quel d'autre ?

    De 1981 à 1985, sous Jean Charest, M. Bartlett a été président et membre de la commission politique du PLQ. Il a agi comme conseiller spécial auprès du ministre des Relations internationales du gouvernement Charest durant le Sommet de la Francophonie de 1987.

    Quels sont les motifs qui ont incité le gouvernement libéral de Jean Charest à nommer William Bartlett à la Société immobilière du Québec ? En d'autres mots, si cette nomination n'est pas politique, quels sont les raisons qui la justifient ?

    Si, comme le dit M. Couillard, M. Bartlett ne possède pas de certificat de solliciteur pour le financement de son parti, combien de personnes, comme M. Bartlett, sollicitent des fonds sans posséder de certificat ?

    Doit-on comprendre que le PLQ n'a pas vraiment changé depuis Jean Charest et qu'il a simplement trouvé des moyens plus subtils de contourner la loi ?

    Le déni de M. Couillard pose beaucoup plus de questions qu'il n'en répond.

    • Pierre Fortin - Abonné 9 novembre 2016 17 h 45

      D'autres questions désagréables se posent pourtant, Monsieur Martel.

      Les réponses laconiques et évasives du PLQ, chaque fois que sa probité est entachée, n'apportent jamais l'éclairage suffisant et leur accumulation ne fait que consolider les préjugés et les suspicions devenues légitimes. Un peu de vérité sur ces affaires ferait pourtant beaucoup moins mal au PLQ.

      Qu'est-il arrivé à ces fonds lors de leur séjour aux Bahamas ? Quel avantage précis procure au Canada l'existence légale d'un paradis fiscal et à qui cela profite-t-il ? Peut-on imaginer que ça puisse aussi servir de grande lessiveuse d'argent sale ?

      Le Québec a pourtant l'autorité souveraine de refuser les ententes fiscales entre le Canada et les Bahamas et d'imposer ses propres exigences quant au règlement des taxes et impôts.

      Le Fisc québécois ne se gêne pourtant pas quand vient le temps de recouvrer ses dûs. Le Ministère du Revenu devrait peut-être ouvrir son propre dossier d'enquête.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 9 novembre 2016 07 h 07

    Le premier

    Dans les discours politiques, il y a une résonnance d'importance des remerciements. Dans celui que j’ai entre-entendu, M. Bartlett fut le «premier» remercié. Que doit-on y lire ce matin où il n’est maintenant même plus un solliciteur de fonds ?
    Attention «amis du parti libéral», vous êtes jetables.

    PL

  • François Dugal - Inscrit 9 novembre 2016 21 h 17

    Quid?

    Simple bénévole ou collecteur de fonds?
    Un bon libéral, tout simplement, qui met son temps et son énergie au service de la vie démocratique : n'est-pas "marvelous".