300 000 $ pour le 150e anniversaire du PLQ

Le point culminant des célébrations, qui s’échelonneront de l’hiver à l’automne, sera la tenue du congrès des membres à Québec en novembre 2017.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le point culminant des célébrations, qui s’échelonneront de l’hiver à l’automne, sera la tenue du congrès des membres à Québec en novembre 2017.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) a mis de côté au moins 300 000 $ pour célébrer en grand son 150e anniversaire en 2017, en espérant que l’esprit de fête ainsi créé favorisera sa réélection en 2018.

Rien ne sera négligé pour fouetter la fierté des militants d’appartenir au plus ancien parti politique du Québec, dont la naissance coïncide avec celle du Canada.

Pratiquement toute l’année, à travers diverses activités, on insistera sur les réalisations marquantes associées aux gouvernements libéraux passés, tout en passant sous silence les épisodes moins glorieux. La nostalgie du passé a ses limites : pas d’examen de conscience en vue au PLQ.

« C’est un vieux parti, mais c’est probablement un parti qui est très, très jeune, car on regarde toujours en avant, on regarde pas trop en arrière », résume le président du PLQ, Gilbert Grimard, quant à l’approche retenue, au cours d’une entrevue à La Presse canadienne.

« Les autres vont peut-être sortir les mauvais coups qu’on a faits, mais nous, on va axer sur les bons coups qu’on a faits », promet M. Grimard, qui se dit soucieux de convaincre les gens que la politique n’est pas « quelque chose de mauvais et de pourri en soi ».

Redorer son image
Durant l’année précédant la prochaine campagne électorale, cet esprit de fête sera donc l’occasion pour le parti de redorer son image, fouetter l’ardeur des troupes, recruter de nouveaux membres, être présent partout sur le terrain, définir le programme, bref de mettre en place les éléments permettant à Philippe Couillard d’espérer garder le pouvoir en 2018.

Au programme : rédaction d’un livre, nouveau site Web, colloques régionaux, activités de recrutement, rassemblements et célébrations axées sur la mémoire du parti. En prime, une campagne publicitaire pourrait voir le jour, si le budget le permet.

Le président du PLQ reconnaît que l’étiquette « libérale » a été « beaucoup entachée » par des années d’allégations de financement illégal et de corruption, particulièrement en lien avec l’industrie de la construction. L’heure est venue de modifier cette perception, aux yeux des libéraux.

« On va fêter le Parti libéral du Québec, il le mérite bien », dit l’ancien président de l’Association de la construction du Québec, aujourd’hui retraité.

Les autorités du PLQ auraient d’ailleurs souhaité consacrer beaucoup plus d’argent que le « petit budget » de 300 000 $ actuellement réservé pour organiser le 150e. Mais les finances du parti — qui vient de rembourser plus de 550 000 $ au Directeur général des élections pour des contributions reçues illégalement — ne sont plus ce qu’elles étaient.

« Les années se suivent en politique mais ne se ressemblent pas », philosophe à ce propos M. Grimard.

Congrès à Québec
Le point culminant des célébrations, qui s’échelonneront de l’hiver à l’automne, sera la tenue du congrès des membres à Québec en novembre 2017, un événement marqué par diverses activités festives dont un grand rassemblement en présence notamment des ex-premiers ministres Daniel Johnson et Jean Charest.

Un livre relatant les faits marquants de la longue histoire du parti autrefois dirigé par les Adélard Godbout, Jean Lesage et Robert Bourassa est en préparation et devrait être publié en septembre. La préface sera signée par Philippe Couillard.

D’ici là, le site Web du parti sera complètement remanié et mis au goût du jour, en faisant une large place à l’histoire de cette formation politique. Le nouveau visage Web du PLQ devrait être présenté aux membres lors du prochain conseil général du parti, les 12 et 13 novembre, à Laval, un événement dont le thème principal sera la justice sociale.

À l’approche des élections générales, le recrutement sera une des priorités des libéraux, qui ont vu leurs troupes décliner au fil des ans : on veut pratiquement doubler le nombre de membres en 2017 et le faire grimper à au moins 70 000.

« Avec tout ce qui s’est dit [sur le parti] c’est très dur de faire adhérer les gens », reconnaît le président du PLQ, qui s’empresse d’ajouter que la difficulté est la même ces temps-ci pour toutes les formations politiques.

Le comité organisateur des célébrations, formé d’une douzaine de membres, est coprésidé par le député de Lafontaine et leader adjoint du gouvernement, Marc Tanguay, et l’ex-ministre de la Famille Carole Théberge.

Pour bien marquer son territoire dans tous les coins du Québec, le parti planifie la tenue de sept colloques régionaux, de février à mai. Ces colloques, auxquels assistera le chef du parti, serviront à la fois à définir la prochaine plateforme électorale, et à mousser l’intérêt pour l’histoire du PLQ.

La cagnotte de 300 000 $ s’ajoutera en fait aux budgets déjà prévus pour le conseil général, le congrès des jeunes en août et le congrès des membres en 2017. Le 150e anniversaire du parti sera l’axe autour duquel graviteront tous ces événements.

16 commentaires
  • Jean-Marc Simard - Abonné 7 novembre 2016 04 h 43

    Quels bons coups ???

    « Les autres vont peut-être sortir les mauvais coups qu’on a faits, mais nous, on va axer sur les bons coups qu’on a faits »


    Malheureusement les nombreux mauvais coups qui ont marqués les diverses gouvernes de ce parti politique au cours de ces 150 ans viennent complètement entachés et enténébrés les quelques bons coups qu'ils ont pu réalisés...En fait leurs quelques bons coups disparaissent sous l'importance des mauvais coups, de telle sorte qu'ils n'existent plus...

    • Patrick Boulanger - Abonné 7 novembre 2016 14 h 28

      Quels bons coups? Il y en a pourtant plusieurs qui ne peuvent pas s'effacer (même si on le voudrait bien, M. Simard) : nationalisation de l'industrie hydro-électrique à travers l'expansion de Hydro-Québec;
      création de la régie des rentes du Québec; , création d'un ministère de l'Éducation; etc.

    • Jean-Marc Simard - Abonné 7 novembre 2016 14 h 50

      Je pense que ces quelques bons coups sont davantage dûs à ceux qui ont fondés par la suite le PQ...René Lévesque pour la nationalisation de l'électricité et Jacques Parizeau pour les rentes du Québec...Je vous concède la création du Ministère de l'éducation sous Jean Lesage avec Paul Gérin Lajoie et la création des Cégeps, consolidés par la suite sous la gouvernance du PQ en 1976...

    • Michèle Cossette - Abonnée 7 novembre 2016 16 h 10

      M. Boulanger, bien sûr, le Parti libéral a été à l'origine de la Révolution tranquille; on peut citer aussi l'assurance-maladie et la Baie James (alors que le PQ, naissant à l'époque, prônait plutôt le nucléaire) et la réforme du Code civil. Mais ça fait longtemps... Ce sont les péquistes qui ont pris la relève à partir de 1976.
      Et depuis 15 ans, malheureusement, non seulement il ne me vient à l'esprit aucun bon coup provenant des libéraux, mais au contraire, il est évident que le PLQ s'acharne à détruire ce que Lesage, Bourassa et les péquistes ont mis 40 ans à bâtir.

  • Michel Bernier - Inscrit 7 novembre 2016 07 h 33

    300,000$

    300,000$, là on parle de l'argent visible?

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 7 novembre 2016 21 h 36

      Comme l'Opération Commandites".

  • Nicole Delisle - Abonné 7 novembre 2016 07 h 58

    Nouvelle risible ce matin! Que fêteront-ils au juste?

    Alors que l'on demande aux gens de vivre encore sous une ère d'austérité et que plusieurs ont de la difficulté à joindre les deux bouts, le parti libéral lui va fêter son
    150e en dépensant 300,000$! C'est ce que l'on appelle être complètement déconnecté de la réalité. Le grand déploiement pour eux et le serrage de ceinture pour nous, cela met en évidence toute l'ignorance et la distance tellement éloignée qui existent entre les citoyens et ceux qui le gouvernent. Ce parti vit dans sa bulle de
    privilèges et ne voit plus et ne prend nullement conscience de ce que vivent les gens au quotidien! Alors que des millions ont été volés aux québécois suite à des actes de
    collusion, corruption dans plusieurs domaines, les dirigeants trouvent le moyen de fêter "leur grand parti"! C'est une claque de plus au visage du peuple. Ils se croient
    un parti de grands bâtisseurs, mais ils ne sont qu'un parti de démolisseurs et de
    gens ayant un profond manque de respect pour ceux qu'ils sont supposés servir! Vraiment pitoyable!

  • Jean-Charles Morin - Abonné 7 novembre 2016 09 h 35

    Les trente deniers.

    À trois cent mille dollars pour les trente deniers de la corruption et de la trahison, ça fait dix mille dollars le denier.

  • Christiane Gervais - Inscrite 7 novembre 2016 09 h 53

    Le gros party du PLQ

    Les grands argentiers ont passé le chapeau! Rien de trop beau pour la classe ouvrière!