La «réingénierie» a changé de nom

Le gouvernement de Jean Charest a payé 9000 $ pour sonder la population sur sa compréhension de l'expression «réingénierie de l'État» et ainsi ajuster le vocabulaire à utiliser. Du coup, la «réingénierie» a cédé la place à la modernisation dans les communications officielles du gouvernement.

Le sondage a été mené par la firme SOM au cours des derniers mois, a confirmé hier le Conseil du trésor. On refuse toutefois d'en dévoiler les résultats et la méthode employée compte tenu qu'il s'agit de renseignements faisant partie du processus décisionnel en cours.

Ce contrat est l'un des vingt nouveaux octroyés depuis janvier dans le cadre du plan de «réingénierie». L'ensemble des contrats totalise 465 280 $.

Dix contrats ont été octroyés sans appel d'offres à des entreprises et des centres de recherche à l'extérieur des balises de la banque de consultants. L'École nationale d'administration publique (ENAP) a raflé quatre de ces contrats. Le Conseil du trésor lui a demandé une analyse comparative des agences dans les pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (16 800 $), l'élaboration d'une politique et d'un modèle d'agence adapté à la situation du Québec (24 000 $), une réflexion stratégique (23 000 $), un cahier d'information destiné à l'ensemble des ministères pour recenser les meilleures pratiques utilisées par les états en processus de modernisation (46 800 $).

Aussi, l'économiste de l'ENAP Denis Bédard, connu pour ses rapports sur la fiscalité municipale, le financement des hôpitaux et plus récemment sur sa proposition de l'abolition des cégeps, a reçu le mandat de concevoir une démarche et un plan de rationalisation du nombre d'organismes gouvernementaux (32 000 $).

Cirano doit fournir une réflexion stratégique pour une somme de 460 $. Trois entreprises, Agraf, Amalgame cargo et Vox, doivent effectuer des travaux informatiques et graphiques pour une somme totale de 23 220 $.

Dix autres contrats ont été accordés aux firmes faisant partie de la banque de consultants constituée l'automne dernier afin de conseiller la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, dans l'orientation à donner à l'opération de reconfiguration de l'État. Le ministère de Mme Jérôme-Forget a demandé à six firmes (Raymond Chabot Grant Thornton, P3 experts-conseils, Samson Bélair Deloitte & Touche, Ernst & Young, KPMG et PriceWaterhouse Coopers) de faire rapport sur les meilleures pratiques dans le monde en matière de partenariat public-privé. Chaque contrat est de 20 000 $.

La firme de comptables Samson Bélair Deloitte & Touche a également décroché un contrat de 45 000 $ pour préparer un plan de gestion et de mise en oeuvre du partenariat public-privé. Cap Gemini Ernst & Young doit, pour

65 000 $, préparer une structure afin de mettre en oeuvre la «réingénierie». C'est cette entreprise qui a réalisé la rationalisation chez Desjardins et qui a conduit à l'élimination de plusieurs caisses, dans les petites localités du Québec, et ce, contre le désir des membres.

Aussi, le ministère du Revenu a fait appel à Raymond Chabot Grant Thorton (40 000 $) pour analyser un projet précis. Bien que le Conseil du trésor refuse de préciser la nature de ce projet, il est vraisemblable qu'il s'agisse de la transformation du ministère du Revenu en agence. De son côté, PriceWaterhouse Coopers doit faire, pour 20 000 $, l'évaluation d'un projet d'impartition du Conseil du trésor.