La CSN lance des moyens de pression pour contrer Couillard

La CSN va donner aujourd'hui le coup d'envoi, dans plus de 500 établissements de santé, à une série de moyens de pression en cascade, qui s'échelonneront sur plusieurs mois, pour protester contre les réaménagements majeurs qu'entraînera la réforme entreprise par le ministre de la Santé, Philippe Couillard, dans le réseau de la santé.

Hier, la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, a indiqué que le ministre de la Santé, Philippe Couillard, sous-estimait pour l'instant «la force de la tempête qui se prépare».

Dès aujourd'hui, dans plus de 500 établissements de santé, les syndiqués iront déposer auprès de la partie patronale le projet national de convention collective remis l'automne dernier au gouvernement, pour signifier leur refus de se plier aux projets de décentralisation des négociations qu'instaure la loi 30. «Nous n'avons aucunement l'intention de négocier localement les 26 matières de notre convention collective prévues à la loi 30», a insisté Mme Carbonneau.

Ces moyens de pression, toutefois, ne devraient avoir aucun impact sur les services à la population.

La présidente de la CSN a affirmé que sa centrale se battra bec et ongles pour empêcher l'application de cette loi, qui impose la fusion des accréditations syndicales actuelles pour limiter à tout au plus cinq par établissement les catégories de syndiqués. «Cette loi contrevient aux libertés prévues par la Charte des droits et libertés de la personne, car elle porte atteinte à la liberté d'association», a affirmé Mme Carbonneau.

La CSN s'est d'ailleurs déjà adressée à la Cour supérieure pour faire invalider la Loi sur les unités de négociation et sur le régime de négociation. Compte tenu des délais requis pour qu'une telle cause soit entendue, la CSN n'exclut pas entre-temps de recourir à une injonction pour empêcher le ministre Couillard de déclencher, par décret, la tenue de votes dans les établissements. La centrale a d'ailleurs réclamé une rencontre urgente avec le ministre de la Santé.

La CSN s'oppose notamment au fait que la loi obligera les infirmières et les infirmières auxiliaires, dont 7000 sont déjà représentées par la centrale, à être regroupées sous la même unité syndicale. «Comment peut-on penser qu'avec des intérêts qui s'entrechoquent autant, on puisse créer une solidarité syndicale?», a dénoncé Mme Carbonneau, qui y voit une intention «malicieuse» de la part du gouvernement. Tout cela alors que l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) fait ouvertement campagne pour «faire disparaître» la fonction d'infirmière auxiliaire, a-t-elle rappelé.

Par ailleurs, le débat sur la tenue d'une grève générale se poursuit au sein de la CSN où, à ce jour, plus de 50 syndicats ont déjà accordé des mandats de grève à leurs exécutifs, a ajouté Pierre Lamy, président de la Fédération de la santé et des services sociaux du Québec. La question sera définitivement tranchée lors du conseil confédéral de la CSN qui se tiendra les 10, 11 et 12 mars prochains.