La CAQ dénonce l’oubli des libéraux

«Ça n’a pas de bon sens. C’est arrivé il y a quelques années», a affirmé mercredi le chef de la CAQ, François Legault. Les libéraux disent n'avoir aucun souvenir d’une plainte de harcèlement sexuel formulée contre M. Sklavounos par le PQ, en 2013.
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne «Ça n’a pas de bon sens. C’est arrivé il y a quelques années», a affirmé mercredi le chef de la CAQ, François Legault. Les libéraux disent n'avoir aucun souvenir d’une plainte de harcèlement sexuel formulée contre M. Sklavounos par le PQ, en 2013.

Le ministre libéral Laurent Lessard a opté dans l’affaire Sklavounos pour une stratégie habituellement utilisée par les individus cherchant à tout prix à « [ne] pas se retrouver en prison », a fait valoir le chef caquiste, François Legault.

M. Legault s’est refusé à croire que l’ex-whip en chef de l’opposition officielle, Laurent Lessard, ainsi que son ex-directeur de cabinet, Frédéric Lagacé, n’aient aucun souvenir d’une plainte de harcèlement sexuel formulée il y a trois ans par une attachée de presse du gouvernement Marois contre M. Sklavounos. « J’ai pas souvenance », a répété M. Lessard durant une mêlée de presse mardi. « J’ai parlé à mon [ancien] directeur de cabinet. Il n’a pas souvenance », avait-il ajouté.

« Ça, c’est une formule qui est suggérée par les avocats quand on ne veut pas se retrouver en prison », a laissé tomber M. Legault mercredi avant-midi, avant de souligner à gros traits le ridicule de la situation. « Ça n’a pas de bon sens. C’est arrivé il y a quelques années. […] Jean-Marc Fournier s’en souvient pas. Le chef [Philippe Couillard] s’en souvient pas. Laurent Lessard s’en souvient pas. On est rendu au pays de Gérald Tremblay ! » s’est-il exclamé.

M. Lessard et M. Lagacé — qui travaille actuellement pour l’Administration portuaire de Québec (APQ) — ont inventé un mensonge ou encore ont commis un oubli impardonnable, a renchéri l’élu solidaire Amir Khadir. « Dans les deux cas, c’est inacceptable. […] S’il faut les croire, c’est encore plus grave : une plainte pour harcèlement ne leur a pas paru assez grave pour que deux, trois ans plus tard ils s’en souviennent », a-t-il déclaré à la presse.

De son côté, l’ancien directeur de cabinet du whip en chef du gouvernement, Harold Lebel, se rappelle distinctement avoir alerté son homologue libéral, M. Lagacé, sur des paroles et des gestes inappropriés posés par M. Sklavounos. « C’est très clair. Je me souviens [que la discussion a eu lieu] sur le parquet du Salon bleu. [J’ai affirmé :] C’est pas drôle ce qui s’est dit. Dis-lui d’arrêter », a-t-il relaté dans un impromptu de presse mercredi après-midi.

M. Lebel a également dit avoir « glissé un mot » de la plainte de harcèlement visant le député de Laurier-Dorion au whip en chef péquiste Marjolain Dufour. « Dans [un] cas comme ça, je trouvais important d’en parler à mon patron. »

Lisée veut forcer la divulgation d’enquêtes aux autorités

Québec — Une loi devrait obliger les députés, ministres, membres du personnel politique et hauts fonctionnaires à informer le conseil exécutif s’ils font l’objet d’une enquête policière, selon le chef péquiste Jean-François Lisée. C’est une question de transparence, selon le chef péquiste, qui dit tenir à formaliser dans un cadre légal ce type de situations délicates. Depuis des jours, M. Lisée s’étonne du fait que les libéraux soutiennent qu’ils n’étaient pas au courant que l’ex-député libéral Gerry Sklavounos faisait l’objet d’allégations d’agression sexuelle depuis le printemps, et que personne dans l’équipe libérale ne se souvienne de plaintes formulées par les péquistes quant au comportement supposément déplacé de M. Sklavounos envers une attachée de presse en 2013.


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