Allégations contre Gerry Sklavounos: les libéraux disent n’avoir aucun souvenir

Après la mise au jour d’allégations d’agression sexuelle visant le leader parlementaire adjoint du gouvernement, Gerry Sklavounos, le gouvernement libéral a pris soin de vider son bureau à l’Assemblée nationale ainsi que de le catapulter dans le fond du Salon bleu.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Après la mise au jour d’allégations d’agression sexuelle visant le leader parlementaire adjoint du gouvernement, Gerry Sklavounos, le gouvernement libéral a pris soin de vider son bureau à l’Assemblée nationale ainsi que de le catapulter dans le fond du Salon bleu.

Les libéraux ne gardent aucun souvenir de paroles ou de gestes inappropriés à l’égard de femmes posés dans le passé par le député de Laurier-Dorion, Gerry Sklavounos, qui était membre du caucus du Parti libéral du Québec jusqu’à jeudi dernier.

Le ministre Laurent Lessard a dit mardi n’avoir aucun souvenir d’une plainte pour harcèlement sexuel formulée il y a trois ans — au moment où il était whip en chef de l’opposition officielle — par une attachée de presse du gouvernement Marois envers M. Sklavounos. « J’ai pas souvenance [sic] que Marjolain Dufour, qui était le whip du gouvernement, m’en ait parlé », a-t-il affirmé, s’engouffrant dans un trou de mémoire.

M. Lessard se souvenait toutefois de ne pas avoir dérogé à la règle suivante lorsqu’il agissait à titre de préfet de discipline du PLQ : « Si quelqu’un porte à notre attention ce genre de choses-là, ce genre de propos-là, il faut que ça cesse immédiatement. […] Il n’y a pas de place dans ce Parlement-là pour des propos inappropriés », a-t-il insisté.

De son côté, la ministre Rita de Santis a dit avoir été témoin de « certaines remarques qui ne sont pas appropriées » depuis son arrivée à l’Assemblée nationale, en septembre 2012. L’élue libérale a invité toute personne « se sent[ant] harcelée » à « prendre les démarches pour que ça cesse », comme celles prévues dans la Politique relative à la prévention et à la gestion des situations de harcèlement au travail, qui a été adoptée en juin 2015.

D’ailleurs, la vice-première ministre Lise Thériault a annoncé mardi — cinq jours après la mise au jour d’allégations d’agression sexuelle visant M. Sklavounos — que les députés libéraux ainsi que leur personnel se « rafraîchir[ont] la mémoire » sur la politique de 20 pages. « Il faut vraiment maintenant que tout le monde se l’approprie », a-t-elle fait valoir dans un impromptu de presse. La ministre responsable de la Condition féminine a aussi appelé ses confrères et ses consoeurs à « faire attention au langage qu’[ils] utilisent » dans l’Hôtel du Parlement. « On devrait être plus respectueux. »

« Culture de l’hypocrisie et de l’ignorance »

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, n’arrivait toujours pas à croire mardi que les libéraux ignoraient que M. Sklavounos, qui avait une « réputation sulfureuse », était dans la mire du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) après le dépôt d’une plainte pour agression sexuelle. « Il y a peut-être des gens qui croient ça », a-t-il dit, tout en dénonçant la « culture de l’hypocrisie et de l’ignorance » régnant au PLQ.

M. Lisée a réitéré que la police devrait aviser les partis politiques notamment lorsqu’elle fait enquête sur un élu — et que cette personne en a été avisée —, ce qui lui a valu les reproches de Jean-Marc Fournier et de Martin Coiteux. Les deux ministres libéraux se sont affairés mardi à écorner sa crédibilité. « La semaine passée il a annoncé qu’il y avait un “cover up” policier dans une affaire. Ensuite, il a annoncé qu’il y avait une police politique du temps du Parti québécois », a lancé M. Fournier.

Par ailleurs, la porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a exhorté mardi au chef du gouvernement, Philippe Couillard, de mettre sur pied « le plus vite possible » un « véritable cours d’éducation à la sexualité ». « Visiblement, le message de tolérance zéro à l’égard des violences sexuelles ne se rend pas à tous les jeunes. Plusieurs ignorent le sens du mot “consentement », a-t-elle déclaré en Chambre. M. Couillard s’est dit « tout à fait favorable » à sa proposition.

Après la mise au jour d’allégations d’agression sexuelle visant le leader parlementaire adjoint du gouvernement, Gerry Sklavounos, le gouvernement libéral a pris soin de vider son bureau à l’Assemblée nationale ainsi que de le catapulter dans le fond du Salon bleu — au cas où il reprendrait ses activités de parlementaire prochainement.

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