La transfusion a été refusée «de façon éclairée», dit Barrette

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre de la Santé Gaétan Barrette

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a donné l’assurance jeudi que la témoin de Jéhovah Éloïse Dupuis, morte à la suite de son accouchement, a refusé à plusieurs reprises de recevoir une transfusion sanguine.

Selon les renseignements obtenus par le ministre auprès, notamment, du directeur général de l’Hôtel-Dieu de Lévis, où le décès est survenu la semaine dernière, la patiente a été informée, avant l’accouchement, de la possibilité qu’une transfusion sanguine soit nécessaire et elle l’a refusée. Puis, pendant et après son accouchement, elle a refusé plusieurs fois son consentement « de façon éclairée et indépendante, et sans pression extérieure », a affirmé Gaétan Barrette. Éloïse Dupuis a même signé au préalable des documents confirmant son refus.

Il n’y a pas eu de « blocus » de la chambre par des membres de cette communauté religieuse, comme il fut rapporté, a-t-il dit. « Il s’agit ici de gens qui ont des croyances qui, théoriquement, on est tous censés respecter. »

Le porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière de justice, Simon Jolin-Barrette, a réclamé que le ministre émette des directives aux hôpitaux pour empêcher que des visiteurs fassent pression sur les patients pour qu’ils refusent des transmissions sanguines. Mardi, Gaétan Barrette avait indiqué avoir constaté, quand il était médecin, l’influence de groupes religieux auprès de certains patients.

La députée péquiste Agnès Maltais a demandé au ministre de faire appel à un expert externe afin qu’il examine les mécanismes et les règles qui prévalent en pareils cas.

Gaétan Barrette a rejeté ces requêtes, affirmant que les règles actuelles sont suffisantes pour assurer que les patients consentent ou non, de façon éclairée, à recevoir un traitement et que les médecins puissent avoir « une conversation ouverte et franche avec le patient ».

1 commentaire
  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 21 octobre 2016 10 h 01

    Une personne vulnérable ou du caractère volontaire du refus

    Parfois, il y a trop de monde dans une chambre d'hôpital et le ministre devrait également s'interroger sur le caractère volontaire du refus de traitement. A-t-on offert au patient la possibilité de restreindre l'accès à sa chambre? A-t-on fermé les yeux? S'est-on aussi assuré du caractère volontaire du refus? N'importe qui sait que cette religion s'opposera fortement à toute transfusion sanguine et qu'elle envisagera des poursuites civiles en cas d'insatisfaction. Le C.H. a-t-il essentiellement agi défensivement, c'est-à-dire par peur de ces poursuites?