Une «bonne écoute», mais des désaccords, dit Couillard

Philippe Couillard a qualifié mercredi la «relation de travail» entre Ottawa et Québec de «positive» depuis la victoire du PLC.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Philippe Couillard a qualifié mercredi la «relation de travail» entre Ottawa et Québec de «positive» depuis la victoire du PLC.

La « bromance » entre le Québec et Justin Trudeau ne sera pas altérée dans la foulée du bras de fer sur l’augmentation des transferts canadiens en santé, est d’avis le premier ministre québécois Philippe Couillard.

Le chef du gouvernement québécois a qualifié mercredi la « relation de travail » entre Ottawa et Québec de « positive » depuis la victoire électorale du Parti libéral du Canada, il y a un an. « Il y a une bonne écoute », a-t-il souligné dans un impromptu de presse mercredi. « [Mais] il y a clairement des objets de discussion où on n’est pas d’accord », a-t-il ajouté, montrant du doigt l’épineux dossier des transferts canadiens en santé. « On est à la danse initiale », a précisé M. Couillard.

Les provinces réclament à grands cris le maintien de la hausse annuelle du transfert à 6 %, tandis que le gouvernement Trudeau répète vouloir la limiter à 3 %. « Ce n’est pas la fin. Ce n’est même pas le commencement de la fin » de la bataille rangée entre le gouvernement Trudeau et les gouvernements provinciaux et territoriaux, a fait valoir M. Couillard, empruntant au « Vieux Lion » Winston Churchill la formule avec laquelle il avait décrit la victoire des Alliés à la bataille d’El Alamein en novembre 1942.

Selon M. Couillard, les discussions en cours constituent un test pour les défenseurs du principe du fédéralisme asymétrique au Canada, consacré en 2004. « Nous déterminons nous-mêmes les orientations qui sont les meilleures pour le Québec, et la santé. Nous allons continuer à le dire. Et, honnêtement, je ne sens aucune résistance de la part de M. Trudeau », a-t-il expliqué.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a quant à lui qualifié de « positive » la « vision », mais de « neutre » l’« action » du gouvernement Trudeau en matière de santé. Il avait dans sa mire mercredi le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, qui, selon lui, refuse d’investir en santé mentale en raison de l’absence de « gains de politique » à réaliser pour le PLC. « C’est quand même extraordinaire », a-t-il laissé tomber.

Le chef caquiste, François Legault, a félicité M. Barrette, qui « a été à la bonne école de la CAQ pendant un an ». « Il se bat pour le Québec, mais je ne vois pas Philippe Couillard se battre contre Ottawa », a-t-il lancé.

Retour au fédéralisme dominateur

Le chef de l’opposition officielle, Jean-François Lisée, reproche au « beau Justin Trudeau » d’être mû par la « volonté libérale de Pierre Trudeau, de Jean Chrétien de décider de ce qui se passe dans les provinces ». Le péquiste prédit un effritement du « fort appui d’image » dont bénéficie le chef libéral au Québec. « Il a l’image parfaite du renouveau : “ On est en 2016 ”, etc. Mais, à l’écouter parler, on est en 1973. »

Aux yeux de la solidaire Françoise David, « les vrais tests commencent pour M. Trudeau », notamment en matière de santé (transferts fédéraux), de réformes démocratiques (mode de scrutin), d’environnement (pipeline Énergie Est) et d’affaires étrangères (attitude quant à l’Arabie saoudite).

1 commentaire
  • Michel Lebel - Abonné 20 octobre 2016 06 h 44

    Le fédéralisme

    Qu'il y ait des désaccords entre les parties dans une fédération, rien de plus normal: c'est l'essence même de tout système fédératif! Et après négociation, il y a généralement une entente.

    M.L.