La CAQ réclame un mécanisme en cas de soins refusés pour motif religieux

<p>La CAQ s'oppose au droit de refuser de recevoir des soins de santé pour des motifs religieux.</p>
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne

La CAQ s'oppose au droit de refuser de recevoir des soins de santé pour des motifs religieux.

Le chef de la CAQ, François Legault, veut déboulonner le droit de refuser de recevoir des soins de santé pour des motifs religieux.

Il a appelé à « prendre les mesures nécessaires » afin que l’histoire d’une témoin de Jéhovah décédée la semaine dernière, à l’Hôtel-Dieu de Lévis, des suites de complications liées à son accouchement et de son refus de recevoir une transfusion sanguine, ne se répète pas.

« Je ne peux pas croire ça, qu’au Québec, on laisse mourir une personne à cause de ses croyances religieuses, a déclaré M. Legault lors d’une conférence de presse tenue mardi. Il faut voir comment on peut régler ça, mais c’est inacceptable, c’est triste, c’est catastrophique. »

De son côté, le député Simon Jolin-Barrette a réclamé l’instauration d’une procédure formelle de validation du consentement des patients qui refusent des soins de santé pour des motifs religieux.

Après avoir qualifié d’« épouvantable » le sort d’Éloïse Dupuis, la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, s’est dite pieds et poings liés par la législation canadienne. « Il y a des règles au Québec qui font en sorte que, si on décide de refuser des soins, il est permis de le faire. Est-ce que c’est triste ? Oui, c’est triste, ce qui est arrivé », a-t-elle affirmé à l’Assemblée nationale, tout en rappelant qu’une enquête du coroner est en cours pour déterminer si Mme Dupuis, 26 ans, avait exprimé clairement son refus d’un traitement.

La vice-présidente du groupe Pour les droits des femmes du Québec, Diane Guilbault, soupçonne les témoins de Jéhovah d’avoir « lavé le cerveau » de Mme Dupuis. « On a donné à l’expression de la liberté religieuse un espace qui dépasse, et de loin, toutes les autres libertés », a-t-elle ajouté, reprochant au gouvernement libéral de renforcer l’idée selon laquelle la liberté de religion est « inattaquable » au Canada, au moyen du projet de loi 62.