Québec solidaire rabroue de nouveau Lisée

Iil est «hors de question» que sa candidate cède sa place lors de l’élection partielle dont le déclenchement paraît imminent.
Photo: Annik MH de Carufel Archives Le Devoir

Iil est «hors de question» que sa candidate cède sa place lors de l’élection partielle dont le déclenchement paraît imminent.

La tentative d’alliance des forces progressistes contre le gouvernement Couillard, lancée par le chef péquiste Jean-François Lisée, se heurte une fois de plus à Québec solidaire.

Le parti de Françoise David a rejeté deux fois en 24 heures la proposition jugée « cavalière », « peu sérieuse » et bien peu progressiste de Jean-François Lisée. Cette proposition du chef péquiste, c’est celle d’une candidature commune du Parti québécois (PQ), de Québec solidaire (QS) et du Parti vert (PV) à l’élection partielle imminente dans la forteresse libérale de Verdun.

M. Lisée soutient qu’une union des partis progressistes est « la seule façon » de vaincre les libéraux dans cette circonscription montréalaise qui a toujours voté rouge depuis un demi-siècle. Le libéral Jacques Daoust l’avait emporté par 8901 voix, en avril 2014, avant de démissionner de son poste de député et ministre, au mois d’août dernier.

Jean-François Lisée soutient qu’il faut envoyer un « coup de semonce » au gouvernement Couillard. « On a des élections partielles qui peuvent servir à envoyer un signal au gouvernement : il y a un prix à payer pour des décisions aussi néfastes [que l’austérité] », a dit le chef du PQ lundi lors d’un point de presse.

Le candidat péquiste dans Verdun, l’homme d’affaires Richard Langlais, a confirmé qu’il est prêt à céder sa place à un candidat indépendant qui serait désigné durant une assemblée d’investiture commune aux trois partis. « C’est le prix à payer et ça ne me dérange pas de le payer, a-t-il dit. Ça nous prend un candidat commun, c’est obligatoire [pour espérer battre les libéraux]. »

Divergences

M. Lisée affirme avoir discuté de cette éventuelle candidature commune avec la députée Françoise David, porte-parole de QS, le 27 septembre. Le président de l’exécutif péquiste dans Verdun, André Julien, a indiqué qu’il n’a jamais eu de réponse officielle à une offre de partenariat faite à l’exécutif local de QS (ce que nie le parti de Françoise David).

Chez Québec solidaire, on se montre sidéré par la stratégie du chef péquiste. M. Lisée (alors candidat à la direction du PQ) a lancé sa proposition d’alliance dans Verdun au mois d’août, avant même d’en parler officiellement à Québec solidaire, indique-t-on. Le 27 septembre, Françoise David dit avoir informé M. Lisée que QS doit d’abord discuter de convergence en conseil national en novembre 2016 et au congrès, prévu en mai 2017.

Québec solidaire a aussi critiqué sévèrement le court passage au pouvoir du Parti québécois, entre septembre 2012 et avril 2014 : en disant oui à l’exploitation du pétrole sur Anticosti, en investissant dans la cimenterie McInnis en Gaspésie, en omettant d’augmenter le salaire minimum, en coupant à l’aide sociale et en proposant une « charte des valeurs québécoises électoraliste », le gouvernement Marois a raté une belle occasion de mettre en place des politiques progressistes, selon QS.

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