Nouvelle entente France-Québec sur la radicalisation

Le premier ministre français Manuel Valls (gauche) et son homologue québécois, Philippe Couillard.
Photo: Jacques Boissinot La Presse Canadienne Le premier ministre français Manuel Valls (gauche) et son homologue québécois, Philippe Couillard.

Le passage de Manuel Valls à Québec a mis en évidence les divergences entre lui et Philippe Couillard sur la laïcité, mais il a aussi permis un rapprochement entre les deux gouvernements dans la lutte contre la radicalisation.

Le Québec et la France se sont engagés, dans une déclaration, à « partager leurs expertises » et à « collaborer pour prévenir la radicalisation menant à la violence », a expliqué le premier ministre Couillard en conférence de presse, aux côtés du premier ministre français.

« Nous luttons […] ensemble contre le terrorisme », a déclaré Manuel Valls, ajoutant qu’il y avait au Québec « des expériences de prises en charge » qui « intéressaient » son gouvernement.

L’entente porte surtout sur la prévention. Le Québec pourrait s’inspirer du travail fait par la France en milieu carcéral, et la France, s’inspirer de ce qui se fait ici dans les collèges où il y a des foyers de radicalisation, a indiqué M. Couillard.

Le secrétaire d’État français, Matthias Fekl, sera par ailleurs présent dans la capitale à la fin du mois, pour la Conférence de l’UNESCO sur le rôle d’Internet dans la radicalisation des jeunes.

Différents, mais respectueux

Par ailleurs, les deux politiciens ont esquivé habilement les questions sur leurs divergences d’opinion en matière de défense de la laïcité. « La France a ses débats, le Québec a ses débats, les deux se déroulent dans des contextes historiques, sociaux et géopolitiques totalement différents, totalement différents », a plaidé Philippe Couillard, en réponse aux questions des journalistes sur les propos tenus par le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée.

La veille, M. Lisée avait souligné la parenté entre ses idées et celles de M. Valls et ajouté que, de façon indirecte, les critiques de M. Couillard à son endroit ciblaient aussi le politicien français. La semaine dernière, Philippe Couillard a déclaré que M. Lisée allait « se trouver dans une parenté familière » avec les chefs des partis politiques européens qui prônent la fermeture des frontières de leur pays aux immigrants.

Interrogé lui aussi là-dessus vendredi, M. Valls a d’abord insisté sur ses points communs avec le gouvernement du Québec. « Moi, je suis très respectueux de l’histoire, de l’identité, de la différence entre nos sociétés. Et moi, ce qui m’intéresse, c’est que nous puissions échanger sur le sujet, que nous puissions faire prévaloir nos expériences différentes. […] Je sais quelque chose, c’est que, entre la France et le Québec, il y a quelque chose de beaucoup plus fort que les différences. »

Puis, il a conclu en disant que « toutes comparaisons avec les positions populistes que je combats — et c’est le sens de ma vie — me sont tout à fait insupportables, donc respectez aussi la France ».

Cette déclaration n’a provoqué aucun froid avec M. Couillard — du moins, en apparence. Mais, plus tard, Jean-François Lisée a dit y avoir vu une réplique cinglante au chef libéral.

Philippe Couillard écorche l’Ordre des vétérinaires

La rencontre entre les premiers ministres Couillard et Valls n’a pas permis de résoudre le conflit opposant les vétérinaires français à l’Ordre des vétérinaires du Québec au sujet des arrangements de reconnaissance mutuelle (ARM). Questionné à ce sujet, Philippe Couillard n’a pas caché sa déception sur ce plan. « Je ne suis cependant vraiment pas heureux de la situation de la médecine vétérinaire. Je tiens à le dire en tout respect pour l’ordre professionnel, qui est indépendant. Là non plus, je ne comprends pas la situation, il faudra qu’on la clarifie et qu’on aille plus loin. […] J’appelle les médecins vétérinaires à beaucoup plus d’ouverture et de collaboration », a-t-il dit. À l’heure actuelle, de nombreux vétérinaires français forment les étudiants dans le domaine à Saint-Hyacinthe, mais ils n’ont pas le droit d’exercer. Par ailleurs, la France et le Québec ont conclu deux nouveaux ARM cette semaine, pour les orthophonistes et les technologues professionnels dans le domaine des orthèses et prothèses orthopédiques.
6 commentaires
  • Donald Bordeleau - Abonné 15 octobre 2016 00 h 28

    M. Valls serait de l'extrême droit selon les récentes déclarations de Couillard.

    On sait que 70% des Québécois sont contre le port du voile et de la Burka dans l'espace publique.

    M. Couillard dit que nos collèges serait des foyers de radicalisation à Montréal.

    Tous les musulmans fuient les mosquées, mais un faible pourcentage de 5 % les fréquentes. La radicalisation est le fait des prêches comme Charkaoui au collège Maisonneuve.

    Monsieur Couillard fait encore preuve d'angélisme face à la radicalisation.

    Mais la majorité des musulmans d'ici, vont comprendre que Couillard ne fait que d'enraciner de plus en plus le mal et perpétuer cette radicalisation.

    La processus de la radicalisation se fait surtout sur internet et dans les mosquée.

  • Michel Lebel - Abonné 15 octobre 2016 03 h 03

    Walls a bien compris!

    Walls n'est pas un imbécile. Il n'est pas tombé dans le piège gros comme un piège à ours de Lisée! On voit bien ainsi que le député de Rosement fera flèche de tout bois pour arriver à ses fins. ''More to come''!

    M.L.

    • Richard Génois Chalifoux - Inscrit 15 octobre 2016 13 h 25

      Avez-vous bien lu monsieur Lebel?

      « toutes comparaisons avec les positions populistes que je combats — et c’est le sens de ma vie — me sont tout à fait insupportables, donc respectez aussi la France ». Quand il dit ça, c’est à Philippe Couillard que Manuel Valls s’adresse.

      Il arrive que quelque fois, on ne comprenne que ce que l’on veut bien comprendre.

    • Richard Génois Chalifoux - Inscrit 15 octobre 2016 18 h 04

      On comprend que le bilinguisme à outrance peut vous conduire à confondre le V avec le W, mais il s’agit ici de Manuel Valls et non pas Manuel Les murs.

      Quoiqu’il en soit, continuez à écrire des commentaires monsieur Lebel; votre « More to comme » nous promet bien des réjouissances à venir.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 15 octobre 2016 05 h 45

    … une certaine ressemblance !

    « La France a ses débats, le Québec a ses débats, les deux se déroulent dans des contextes historiques, sociaux et géopolitiques totalement différents, totalement différents » (Philippe Couillard, PM, PLQ)

    Possible, mais y a quelque chose qui étonne …

    … une certaine ressemblance ! - 15 oct 2016 -

  • Jean-Marc Simard - Abonné 15 octobre 2016 12 h 34

    Et pourtant l'idéologie islamique n'est-elle pas la même ?

    « La France a ses débats, le Québec a ses débats, les deux se déroulent dans des contextes historiques, sociaux et géopolitiques totalement différents, totalement différents », a plaidé Philippe Couillard

    Et pourtant c'est la même idéologie islamique de négation de l'égalité homme/femme et anti féminisme qui s'applique dans les deux pays...Couillard est-il aveugle ? Fait-il semblant de ne rien voir ? Ou essaie-t-il de politiser un débat en le pensant à son avantage ? Ou encore essaie-t-il d'imposer un point de vue défendu par ses anciens patrons saoudiens ? Allez donc savoir...Chose sûre Couillard démontre un entêtement qui s'apparente à de l'obstination qui devient presque maladif...Au nom de quoi ? Du multiculturalisme ? Un peu plus d'intelligence de sa part serait bienvenue...