Nadeau dirigeait une entreprise tout en travaillant pour le ministre

Laurent Lessard a fait appel à son ami Yvon Nadeau en mai 2014 à titre de conseiller politique dans sa circonscription, fonction qu’il a assumée jusqu’en mai 2015.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Laurent Lessard a fait appel à son ami Yvon Nadeau en mai 2014 à titre de conseiller politique dans sa circonscription, fonction qu’il a assumée jusqu’en mai 2015.

Contrairement au curriculum vitae qu’il a fait circuler, Yvon Nadeau était toujours directeur général de la firme Innoltek au moment de sa réembauche par Laurent Lessard, alors ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs.

Laurent Lessard a fait appel à son ami Yvon Nadeau en mai 2014 à titre de conseiller politique dans sa circonscription, fonction qu’il a assumée jusqu’en mai 2015. Or, selon un communiqué de presse diffusé lundi par Innoltek, Yvon Nadeau a occupé le poste de directeur général de la firme de novembre 2013 à novembre 2014. Pendant six mois, il a donc dirigé Innoltek tout en travaillant pour le ministre.

La porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éthique, Agnès Maltais, a brandi le communiqué d’Innoltek à l’Assemblée nationale en demandant au ministre des Transports, Laurent Lessard, s’il avait obtenu un avis du commissaire à l’éthique et à la déontologie, Jacques Saint-Laurent, « sur cet autre emploi secret » de son conseiller politique.

Sans mentionner Innoltek, Laurent Lessard a fait référence à une autre entreprise, Pyrobiom Énergies, dans laquelle Yvon Nadeau avait des intérêts, une situation au sujet de laquelle il avait obtenu un avis du commissaire, a-t-il répété, avis assorti de directives qu’il a dit avoir suivies. Pyrobiom avait déposé une demande de subvention au ministère des Ressources avant qu’Yvon Nadeau ne reprenne du service pour le ministre, subvention de 3 millions de dollars que l’entreprise a reçue après son départ.

« C’est troublant », estime Agnès Maltais. Selon elle, le silence du ministre sur Innoltek signifie qu’il connaissait la situation de son employé et qu’il ne s’est pas adressé au commissaire à l’éthique au sujet d’Innoltek. « C’est ce que j’ai dit au commissaire à l’éthique la semaine dernière : il [Laurent Lessard] a favorisé de manière abusive, à notre avis, un employé de son bureau de circonscription. »

À ses yeux, il est inconcevable qu’un employé d’un bureau de circonscription d’un ministre ou d’un député ait le temps de cumuler trois occupations comme Yvon Nadeau. « Un tel employé ne mettrait jamais les pieds dans mon bureau », a soutenu la députée péquiste.

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