Immigration: Lisée dérange mais ne pliera pas

M. Lisée dit favoriser l’«immigration parfaite», c’est-à-dire le jumelage instantané, ou presque, d’un employeur et d’un néo-Québécois, et ce, peu importe son origine. 
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne M. Lisée dit favoriser l’«immigration parfaite», c’est-à-dire le jumelage instantané, ou presque, d’un employeur et d’un néo-Québécois, et ce, peu importe son origine. 

Jean-François Lisée se moque de la « rectitude politique ». Il défendra ses propositions en matière d’immigration, y compris celle d’abaisser le nombre d’immigrants admis chaque année au Québec, jusqu’à la fin de la course à la chefferie.

« Oui, oser, dire les vraies choses, confronter les vrais sujets, ça suscite des réactions, parfois de l’incompréhension », a-t-il affirmé à son retour à l’Assemblée nationale mardi.

Le candidat à la direction du Parti québécois a cherché à dissiper l’impression qu’il favoriserait des demandeurs de certificat de sélection du Québec de « Paris, Bruxelles et Barcelone » s’il se voit confier les rênes du gouvernement du Québec le 1er octobre 2018. « Je veux des travailleurs qualifiés francophones des quatre coins du monde : […] Bamako, Shanghai, Haïti en particulier », a-t-il expliqué. À la recherche du « bien commun », M. Lisée dit favoriser l’« immigration parfaite », c’est-à-dire le jumelage instantané, ou presque, d’un employeur et d’un néo-Québécois, et ce, peu importe son origine. « Ma vision, elle est globale [elle est centrée sur] la qualité de l’immigrant, sa volonté de s’intégrer et d’apprendre le français et son adaptation à l’emploi », a-t-il résumé.

Martine Ouellet a qualifié l’« approche » de son adversaire en matière d’immigration, d’« étroite » et de « réductrice ». Au fil des derniers jours, le député de Rosemont a tenu des « déclarations très malhabiles », a-t-elle déploré.

« Talents stratégiques »

L’« approche » de M. Lisée aurait été « discriminatoire » si elle visait à « différencier les personnes en fonction de leur origine », a soutenu la ministre de l’Immigration, Kathleen Weil. « Il n’y a pas un profil national qui est meilleur pour l’immigration », a-t-elle souligné en marge du caucus des élus libéraux.

Le député de Bourget, Maka Kotto, ne digérait toujours pas mardi le concept d’« immigration parfaite » fabriqué par M. Lisée. « C’est une chose sur laquelle on peut débattre, mais pas dans le contexte d’une course comme celle-ci », a-t-il signalé. L’ex-ministre a reproché à M. Lisée d’avoir été « imprudent » en alimentant le débat sur différents enjeux liés à l’immigration durant la course à la chefferie. « À partir du moment où on aborde la question des seuils d’immigration, sur le plan de l’inconscient collectif, il faut voir l’impact que ça peut avoir du côté des Québécois issus de l’immigration comme moi », a souligné M. Kotto, appelant ses collègues à reprendre et à « dépolitiser » le débat au lendemain de la désignation du 9e chef du PQ, le 7 octobre prochain.

De son côté, Alexandre Cloutier s’est défendu de vouloir bâillonner ses adversaires sur des enjeux liés à l’immigration après la prise de « raccourcis » par M. Lisée. « Une fois qu’on a dit ça, il faut se concentrer sur les enjeux qui sont prioritaires », a-t-il soutenu, avant d’en énumérer quelques-uns : « éducation, santé, justice sociale… »

 

1 commentaire
  • Pierre Bernier - Abonné 28 septembre 2016 09 h 03

    Pertinence et transparence.

    « Oser, dire les vraies choses, confronter les vrais sujets, ça suscite des réactions, parfois de l’incompréhension ».

    Mais faire de la politique autrement c’est d’abord ça.

    D’autant que « mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde » dans la durée.