Initiations à l’université : Québec brandit la menace d’une interdiction

La ministre de la Condition féminine, Lise Thériault, a indiqué que Québec arrivera avec des mesures pour empêcher la tenue d’activités à caractère sexuel dégradantes pour les étudiantes.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La ministre de la Condition féminine, Lise Thériault, a indiqué que Québec arrivera avec des mesures pour empêcher la tenue d’activités à caractère sexuel dégradantes pour les étudiantes.

Jocelyne Richer


à Québec


L’idée de faire pression sur les universités pour qu’elles envisagent d’interdire les initiations organisées chaque année par des étudiants lors de la rentrée fait son chemin au gouvernement Couillard, qui cherche à empêcher la tenue d’activités à caractère sexuel dégradantes pour les étudiantes.


D’une façon ou d’une autre, Québec arrivera au cours des prochains mois avec des mesures pour contrer ce phénomène jugé inacceptable, a commenté la ministre de la Condition féminine, Lise Thériault, lors d’une brève mêlée de presse mardi.


La question de l’interdiction est pertinente et « les universités devraient se la poser », a dit la ministre.


Elle s’est montrée préoccupée par le sort subi par des étudiantes de la Faculté de droit de l’Université de Montréal, qui ont dit s’être senties pratiquement obligées de se dévêtir et de participer à des activités à caractère sexuel tenues lors de la rentrée de septembre.


Dans ce contexte, le gouvernement pourrait faire appel aux directions des universités afin qu’elles examinent la pertinence d’interdire les initiations étudiantes, a estimé la ministre Thériault, qui se dit déterminée à ne pas tolérer ce phénomène et à éliminer ce genre d’activités à l’université.


« Je pense que la culture de viol dans les universités, ça n’a pas sa place, surtout pas des étudiants en droit qui sont les futurs juristes, qui pourraient éventuellement être des juges », a-t-elle commenté, en disant miser sur l’éducation des étudiants pour changer les mentalités.


« C’est sûr qu’il va y avoir des actions. On ne peut pas laisser aller ça comme ça », selon elle.


Il reste à savoir dans quelle mesure le gouvernement peut réellement intervenir pour forcer la main aux universités tout en respectant leur autonomie.


Ses propos faisaient écho à ceux tenus il y a quelques jours par la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, qui disait estimer que les universités devaient intervenir dans ce dossier, délimiter des balises claires et fournir un meilleur encadrement à ce type d’activités.


La Presse canadienne


 
6 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 27 septembre 2016 15 h 23

    Aux administrateurs d'agir!


    Que les administrateurs universitaires fassent leur job! L'intervention gouvernementale est à éviter. Il y a une limite à l'interventionisme étatique!!

    M.L.

    • François Dugal - Inscrit 27 septembre 2016 18 h 15

      Au salaire qu'ils gagnent, un peu d'initiative serait de mise; entièrement d'accord avec, monsieur Lebel.

  • Lucien Cimon - Abonné 27 septembre 2016 16 h 06

    On remplacera cet exercice dégradant par la «croisade du chapelet» ou par une procession célébrant les diverses confessions religieuses.
    Ben du fun en perspective!

  • Pierre Fortin - Abonné 27 septembre 2016 18 h 24

    Le Bûcher des vanités


    C'est lorsqu'on entend ce genre de réflexion qu'on peut découvrir un peu de la profondeur de pensée du cabinet de Philippe Couillard dans la gouverne de l'État. Ça ne vole guère plus haut qu'une technique de dressage pour chien; ce n'est pas fondé sur une philosophie de l'État, ce n'est que de la mécanique élémentaire : un problème, une loi.

    La ministre Lise Thériault confond et omet beaucoup de chose, et sans nous informer de sa réflexion, elle brandit la férule et justifie sa décision par la défense du viol. Mais encore?

    Les initiations débordent somme toute rarement et Mme Thériault a tout à fait raison de dénoncer ce cas odieux — même si c'est un peu tard — mais ces événements séculaires sont aussi et avant tout les exercices d'intégration aux milieux universitaires; il ne faudrait pas l'oublier. Les premiers contacts avec la vie universitaire s'ouvrent là.

    Il eut été plus simple et plus sage de s'adresser aux recteurs et doyens de nos universités pour leur rappeler leur responsabilité et exiger, au besoin, qu'ils agissent afin qu'on respecte les règles élémentaires de civilité lors de ces initiations; même pas besoin de caméra pour ça! Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué! Ce gouvernement a pourtant bien d'autres dossiers autrement plus importants et plus urgents à traiter, il me semble. Faut-il croire qu'ils sont étudiés avec la même profondeur de réflexion?

    Si le gouvernement ne croit pas qu'on puisse s'adresser à l'intelligence de nos universitaires, c'est qu'on a un tout autre problème et autrement plus important.

    • Alain Massicotte - Abonné 28 septembre 2016 21 h 17

      De la sagesse dans vos propos félicitation .Un écart de conduite une loi ce n'est pas une façcon seine de gouverner

  • Bernard Terreault - Abonné 28 septembre 2016 08 h 30

    Pas plutôt une affaire de police?

    Qu'on porte plainte à la police s'il se fait des choses illégales.