Couillard esquive les questions

Le premier ministre Philippe Couillard
Photo: Jacques Boissinot La Presse Canadienne Le premier ministre Philippe Couillard

Le premier ministre Philippe Couillard a badiné sur les allégations de vol de documents confidentiels pesant sur son ex-directeur des enjeux spéciaux et des stratégies, Yan Plante.

M. Couillard a été interpellé sur l’« affaire Plante » dans les couloirs de l’Assemblée nationale, avant et après la période des questions. Il s’est refusé à deux reprises à répondre aux questions. Il a plutôt invité les courriéristes parlementaires à visionner en grand nombre le « formidable » long métrage 1:54, réalisé par Yan… England.

De son côté, l’ex-ministre Robert Poëti n’y est pas allé par quatre chemins. « Il n’y a personne qui peut accepter des vols de documents, c’est clair », a-t-il déclaré sans ambages.

Quelque 24 heures après avoir été frappé d’une mise en demeure de la CAQ, le transfuge Yan Plante a plié l’échine. Il a remis sa démission, a annoncé le cabinet du premier ministre jeudi avant-midi. Celle-ci est « effective immédiatement ». Dans une déclaration écrite, M. Plante dit vouloir « consacrer toutes [ses] énergies à défendre [sa] réputation et [son] intégrité », durement égratignées par, selon lui, « de fausses allégations et des propos mensongers » de la part de la CAQ. D’ailleurs, il a promis de donner suite « dans les meilleurs délais » à la mise en demeure de la CAQ.

Dans celle-ci, la CAQ allègue que l’ex-directeur adjoint de cabinet de M. Legault lui a dérobé une série de « documents de nature confidentielle et stratégique » avant et après sa démission, le 27 juillet dernier. L’équipe de François Legault redoute de voir l’équipe libérale lui « causer un préjudice considérable et irréparable » en tirant profit de l’ordre du jour du caucus présessionnel de la CAQ, des états financiers, ainsi que de la stratégie électorale caquiste en vue de l’élection partielle dans la circonscription de Saint-Jérôme, qui ont été en possession de son ex-employé.

La CAQ a désormais dans sa mire le directeur de cabinet de M. Couillard, Jean-Louis Dufresne. Elle le presse de préciser la distribution et l’utilisation faites des documents de la CAQ au sein du gouvernement libéral et du PLQ, par le biais d’une déclaration sous serment, et ce, d’ici à vendredi, 17 h. « La seule mesure qui s’impose pour le premier ministre, c’est de limoger son chef de cabinet », a également soutenu le député Simon Jolin-Barrette, jeudi.

Watergate

 

Ces soupçons d’« espionnage » politique au sommet de l’État québécois méritent une réflexion sur l’établissement d’une procédure de destitution du chef du gouvernement, est d’avis l’élu solidaire Amir Khadir. « Il faut qu’on considère toutes ces possibilités-là », a-t-il déclaré lors d’un point de presse.

Les mises à l’écart des transfuges caquistes Frédéric Schautaud et Yan Plante, qui sont tous deux accusés par la CAQ d’avoir mis la main sur des documents confidentiels après avoir été recrutés par le gouvernement libéral, ramènent à la mémoire le scandale du Watergate, a souligné M. Khadir. « L’une de ses abjections, c’est d’essayer d’espionner un autre parti. On sait qu’il y a des gouvernements, des présidents américains qui sont tombés déjà pour ça. »

Contrairement au Parti libéral du Québec, « le Parti républicain des États-Unis avait un minimum de respect pour les règles démocratiques élémentaires », a fait valoir M. Khadir, tout en décrivant la formation politique dirigée par Philippe Couillard comme une « organisation qui ne recule devant rien pour arriver au pouvoir ».

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