Pas d’excuses pour Cloutier, mais un appel à l’unité

Alexandre Cloutier a rappelé que l’objectif ultime du PQ, c’est l’indépendance du Québec et que «la seule force pour y arriver, c’est l’unité, c’est le rassemblement».
 
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Alexandre Cloutier a rappelé que l’objectif ultime du PQ, c’est l’indépendance du Québec et que «la seule force pour y arriver, c’est l’unité, c’est le rassemblement».  

Même s’il n’a pas reçu les excuses qu’il réclamait, Alexandre Cloutier passe l’éponge sur la sortie de Jean-François Lisée qui, vendredi, affichait sur les réseaux sociaux l’appui que manifestait à son adversaire le Collectif québécois contre l’islamophobie dirigé par le controversé imam Adil Charkaoui.

Les quatre candidats à la direction du Parti québécois — Alexandre Cloutier, Jean-François Lisée, Martine Ouellet et Paul St-Pierre Plamondon — participaient au quatrième débat de la course à la chefferie, au Cégep de Jonquière. Le débat était organisé par Oui Québec qui avait choisi les thèmes : la démarche d’accession à l’indépendance, la convergence des forces souverainistes et le dialogue avec les Nations autochtones.

Vers la fin du débat, une des trois questions écrites en provenance du public portait justement sur l’importance de surmonter les différends au sein du parti au terme de la course. « Je vais d’abord payer un souper à Jean-François. On s’entend-tu pour une ou deux bouteilles », a-t-il lancé. « Deux bouteilles ! », a réclamé Jean-François Lisée.

Au cours du point de presse qui a suivi le débat, Jean-François Lisée a mentionné qu’il avait retiré sa mention sur les réseaux sociaux « par amitié pour Alexandre ». Mais d’excuses, il n’y aura point. « Je ne demande pas d’excuses, je n’en offre pas, je tourne la page », a-t-il dit. « Tous les faits existent. Les textes de cet imam détestable existent. »

Jean-François Lisée avait été piqué au vif, vendredi, par une attaque du camp Cloutier, signée par Agnès Maltais, qui tournait en ridicule sa volonté de lancer une « discussion » sur l’interdiction du port de la burqa dans l’espace public pour des raisons de sécurité. Qu’un terroriste puisse se cacher sous une burqa au Québec, « c’est de la bande dessinée », avait raillé la députée de Taschereau.

Des menaces à l’endroit d’Alexandre Cloutier ont fusé sur les réseaux sociaux à la suite du message de Jean-François Lisée, et le candidat en a informé la Sûreté du Québec.

« J’aurais préféré des excuses » de sa part, a dit le député de Lac-Saint-Jean dans le point de presse. « C’est vrai qu’on a été sous le choc. »

Au cours du débat, Alexandre Cloutier a rappelé que l’objectif ultime du PQ, c’est l’indépendance du Québec et que « la seule force pour y arriver, c’est l’unité, c’est le rassemblement ».

Lisée fait preuve d’humilité

Premier à prendre la parole au débat, Jean-François Lisée avait mis la table à une réconciliation en jouant la carte de l’humilité : il a cité l’analyste de sondages Bryan Breguet, du site Too Close to Call, qui accordait à Alexandre Cloutier 95 % de chances de remporter la victoire le 7 octobre prochain et 5 % pour lui.

Sur la question de l’accession à l’indépendance, Jean-François Lisée a présenté la démarche préconisée par Alexandre Cloutier comme étant complexe et risquée : lancement de huit chantiers composés de trois personnes chacun, pédagogie par la suite pour laquelle il va manquer de temps, lui qui veut dévoiler son orientation sur la tenue ou non d’un référendum dans les six à huit premiers mois avant les élections de 2018, orientation sur laquelle un conseil national devra se prononcer.

Que va-t-il faire si les militants rejettent sa proposition ? « La différence entre toi et moi, Jean-François, c’est que moi, je [tiens] pour acquis que le suis capable de convaincre, que je suis capable d’expliquer, que je suis capable de gagner », a sèchement répliqué Alexandre Cloutier. Son adversaire y est allé d’une formule, « l’appel de Jonquière », pour un engagement de tous les candidats défaits à se présenter aux prochaines élections et à défendre la démarche d’accession à l’indépendance du candidat victorieux.

Martine Ouellet voit dans cette controverse identitaire une diversion pour ne pas parler d’indépendance. « Sans indépendance, on crée des abstentionnistes », a-t-elle avancé. « Va-t-on décider tout le monde ensemble de se débarrasser du Canada une bonne fois pour toutes ? »

Paul St-Pierre Plamondon s’est présenté comme le candidat qui incarne « un véritable changement » au PQ. « Ce n’est pas juste la nouveauté, la fraîcheur que j’apporte. Il y a les idées que j’apporte », a-t-il fait valoir.

« Une des idées qui est radicale, c’est que le socle du Parti québécois, ce n’est pas de faire un pays », a-t-il poursuivi en se réclamant de René Lévesque. « Le socle du PQ, ce sont des valeurs humanistes, universelles, dont le service public, le service de la vérité et la croyance que les gens sont intelligents. »




À voir en vidéo

2 commentaires
  • Jean Lapointe - Abonné 19 septembre 2016 07 h 03

    Ce n'est pas un bon point en faveur de Cloutier

    «Même s’il n’a pas reçu les excuses qu’il réclamait, Alexandre Cloutier passe l’éponge sur la sortie de Jean-François Lisée.»( Robert Dutrisac)

    Il semble qu' Alexandre Cloutier n'ait pas suffisamment confiance en lui-même.

    Il s'est senti tout de suite attaqué après ce qu' a dit Jean-François Lisée.

    Une personne qui a confiance en elle-même réfléchit avant de protester comme il l'a fait pour essayer de comprendre pourquoi une telle chose lui est dite.

    En tant que membre du Parti québécois je trouve que ce n'est pas un bon point en sa faveur. Je doute qu'il ait l'assurance requise pour prétendre diriger le parti.

    Ce ne sera pas facile pour le prochain chef du Parti Québécois. il devra s'attendre à se faire attaquer de toutes parts. Il faut quelqu'un qui ait la couenne dure.

    D'après ce que je peux en juger, c'est Jean-François Lisée qui est le plus susceptible d' avoir ce qu'il faut pour faire face à de telles situations.

    En tout cas je l'espère.

    De toute façon je les trouve bien courageux tous les deux.

    • Gilles Théberge - Abonné 19 septembre 2016 10 h 54

      J'incline à penser comme vois monsieur Lapointe.

      Et je pense que JF Lisée, est le seul qui ait la "couenne" assez dure, pour foutre une dégelée a Couillard, ce qui est une priorité selon moi.

      Avant que ce dernier ait réussi à démanteler tout le Québec!