Québec cherche des solutions pour les réfugiés

Récemment, à la suite de l’intervention de la députée péquiste Agnès Maltais, le bureau de la SAAQ de Québec a permis exceptionnellement à un groupe de réfugiés népalais de passer leur examen avec l’aide d’une interprète parlant leur langue maternelle, le népali.
Photo: Clement Allard La Presse canadienne Récemment, à la suite de l’intervention de la députée péquiste Agnès Maltais, le bureau de la SAAQ de Québec a permis exceptionnellement à un groupe de réfugiés népalais de passer leur examen avec l’aide d’une interprète parlant leur langue maternelle, le népali.

La ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, est en train d’élaborer un plan pour améliorer les chances des immigrants et réfugiés de réussir leur examen théorique de la Société de l’assurance automobile (SAAQ), a appris Le Devoir.

«La ministre travaille actuellement à trouver une solution dans les meilleurs délais avec les partenaires impliqués, notamment le ministère des Transports», a indiqué cette semaine son attachée de presse Gabrielle Tellier. Le plan pour améliorer les taux d’obtention du permis de conduire est attendu cet automne. 

Comme l’a révélé Le Devoir ces derniers mois, certains groupes de réfugiés échouent systématiquement aux examens théoriques de la SAAQ, ce qui réduit de beaucoup leurs chances de s’intégrer à la société, notamment en région.

Quand les réfugiés arrivent au Québec, le permis de conduire de leur pays d’origine est valide pendant six mois. S’ils ne parviennent pas à réussir l’examen de la SAAQ au cours de cette période, ils perdent leur droit de conduire. On leur permet aussi de passer l’examen théorique dans leur langue dans les trois années suivant leur arrivée. À Montréal, il est possible d’être assisté par un interprète, toujours pendant les trois premières années. Or une fois ce délai écoulé, ils doivent passer l’examen en français ou en anglais.

Récemment, à la suite de l’intervention de la députée péquiste Agnès Maltais, le bureau de la SAAQ de Québec a permis exceptionnellement à un groupe de réfugiés népalais de passer leur examen avec l’aide d’une interprète parlant leur langue maternelle, le népali.

Un total de 38 réfugiés ont passé ainsi l’examen le 29 août dernier. Il n’a pas été possible de savoir exactement combien l’avaient réussi. «Sur les 16 qui ont passé le test le matin, on m’a dit qu’au moins 4 personnes» avaient pris rendez-vous pour l’examen pratique, a signalé le professeur de francisation, Richard Lepage dont les démarches ont permis de faire venir l’interprète.

«J’ai jasé avec d’autres élèves. Ils m’ont dit qu’ils avaient seulement manqué un des trois modules, mais que ça les avait beaucoup encouragés à repasser l’examen.»

M. Lepage enseigne le français au Centre Monseigneur Marcoux de façon bénévole. Il a été ravi d’apprendre que la ministre cherchait à aider les réfugiés dans ce dossier. «Si on veut accueillir correctement les immigrants, un des éléments importants, c’est d’avoir un permis de conduire. En ce moment, c’est vraiment décourageant pour eux.»


Réfugiés syriens

En plus du cas des Népalais, Le Devoir a recensé le cas d’une famille syrienne établie à Lévis éprouvant le même problème. Les statistiques montrent par ailleurs que le taux d’échec pour les examens théoriques en langue arabe sont deux fois plus élevés que la norme.

Par contre, il semble que le problème ne touche pas tous les milieux. Les réfugiés syriens qui se sont établis en Outaouais par exemple (134 personnes) n’éprouvent pas de problèmes particuliers avec l’examen de la SAAQ, selon une intervenante de l’organisme Accueil-Parrainage Outaouais.

En entrevue, Mirna Abou Tanos explique que les réfugiés syriens de son secteur avaient mis la main sur une méthode d’apprentissage traduite en arabe. «Ils la photocopient tous, ça circule dans la communauté», précise-t-elle.


 
9 commentaires
  • Pierre Grandchamp - Abonné 12 septembre 2016 06 h 28

    Enfin!

    Je suis intervenu ici à plusieurs reprises. Il est grand temps que l'IMMIGRATION
    s'occupe de ce dossier.

  • Pierre Grandchamp - Abonné 12 septembre 2016 06 h 38

    Et l'examen pratique?

    Il serait intéressant de connaitre les statistiques de réussite à l'examen pratique, au premier essai, à Gatineau.

    Ce qui se fait à Gatineau devrait se faire dans chaque région: avoir des ressources pour aider dès l'arrivée. Établir un système d'aide.

  • Pierre Grandchamp - Abonné 12 septembre 2016 06 h 46

    Réfugiés parrainés par l'État où personne n'a un permis de conduire

    Il me semble que l'Immigration devrait y penser sérieusement avant d'envoyer en région une famille de réfugiés parrainés par l'État=aide sociale où personne n'a un permis de conduire.

    Récemment, est arivée à Joliette une famille syrienne parrainée par l'État: parents dans la trentaine avec scolarité de niveau élémentaire, 3 enfants( 5 ans, 3 ans, 7 mois). Parents musulmans, ne parlent que l'arable, personne n'a un permis de conduire.

    • Gilles Théberge - Abonné 12 septembre 2016 11 h 52

      On envoie tout le monde à montreal monsieur Grandchamps? Tout pourrait se passer en anglais ce serait plus facile...

    • Pierre Grandchamp - Abonné 12 septembre 2016 14 h 40

      @ M. Théberge

      On n'envoie pas tout le monde à Montréal. Mais si on envoie de ces gens-là, sans permis de conduire en région, il faut penser à des moyens de les aider convenablement pcq ils devont suivre 39 heures de cours dans une École, comme nos jeunes Québécois de 16 ans. Mais pendant cette année-là, avec le permis d'apprenti conducteur, ils ne pourront conduire seuls. COmme ils devront pratiquer avec quelqu'un ayant le vrai permi de conduire depuis au moins 2 ans......De plus, coment suivre 39 heures de cours en français ou en anglais, quand vous ne parlez pas une de ces langues et que vous venez d'arriver?

    • Pierre Grandchamp - Abonné 12 septembre 2016 16 h 59

      @ M. Théberge

      On peut se débrouiller à Longueuil, Laval sans permis de conduire. Possiblement à Québec.....

      Mais quand vient le temps pour le réfugié d'aller travailler, plus souvent qu'autrement il a besoin d'un véhicule.

  • Pierre Grandchamp - Abonné 12 septembre 2016 07 h 38

    Les réfugiés syriens qui se sont établis en Outaouais par exemple (134 personnes) n’éprouvent pas de problèmes particuliers

    D'abord s'agit-il de réfugiés parrainés par le privé ou par l'État? Parmi ceux qui se sont présentés à l'examen théorique, combien ont réussi à la première tentative?
    Et, parmi ceux qui se sont présentés à l'examen pratique, combien ont réussi à la première tentative?

  • René Pigeon - Abonné 12 septembre 2016 12 h 48

    Permis de conduire accordé aux jeunes mais pas aux réfugiés

    Est-ce que les assureurs trouvent que l’échec de l’examen théorique rend les réfugiés plus à risque que les jeunes qui réussissent l’examen théorique mais sont susceptibles d’utiliser illégalement leur téléphone portable ?