Couillard ne juge pas nécessaire de s’excuser

Le premier ministre Philippe Couillard
Photo: Elise Amendola Associated Press Le premier ministre Philippe Couillard

Le premier ministre Philippe Couillard a refusé, jeudi, de faire son mea culpa relativement à l’affaire de cet ex-recherchiste de la Coalition avenir Québec, Frédéric Schautaud, que la ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, Dominique Anglade, projetait d’embaucher même s’il avait subtilisé des documents à son ancien employeur.

« Je n’ai pas défendu M. Schautaud. J’ai répété l’information que j’avais et qui n’a pas changé, d’ailleurs », a soutenu Philippe Couillard lors de la conférence de presse qui a suivi le caucus présessionnel des députés libéraux.

Ce n’est qu’après avoir eu un entretien téléphonique avec le transfuge caquiste, mercredi après-midi, que Dominique Anglade annonçait qu’elle renonçait à l’embaucher, prétextant une « sous-estimation » par Frédéric Schautaud de la gravité des gestes qu’il avait posés.

« Mme Anglade a piloté le dossier dès le début et elle a constaté des zones d’ombre, des zones d’incertitude », a avancé Philippe Couillard.

Après le départ de Frédéric Schautaud, la CAQ s’est aperçue que son ex-recherchiste avait copié des documents confidentiels appartenant à la formation politique. La CAQ envisage de déposer une plainte pour vol à la Sûreté du Québec.

Cette controverse, qui a marqué le caucus libéral de la rentrée, n’a pas dérangé Philippe Couillard, selon ses dires. « Non, je suis assez flegmatique, a-t-il dit. Ce n’est pas que j’aime ça. Mais ça fait partie du paysage politique. Ça arrive toujours des événements imprévisibles ou moins contrôlables qu’on pense en politique. »

Subvention louche

 

Jeudi, Philippe Couillard a eu à défendre son ministre des Transports, Laurent Lessard. L’entreprise Pyrobiom Énergies, à laquelle est associé un de ses conseillers politiques, Yvon Nadeau, a reçu une subvention de 3 millions de dollars. Alors qu’il était ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs, Laurent Lessard, a demandé à M. Nadeau, qui avait travaillé à son bureau de circonscription, de revenir occuper la même fonction, ce qu’il fait de mai 2014 à mai 2015. Or, son entreprise avait déposé en 2013 une demande de subvention ; elle fut accordée en 2016.

Laurent Lessard a expliqué qu’il avait demandé un avis au Commissaire à l’éthique et à la déontologie de l’Assemblée nationale, qui avait formulé des directives. La subvention provenait d’un programme « normé », administré par les fonctionnaires du ministère des Ressources naturelles. Laurent Lessard a affirmé qu’il s’était conformé aux directives du Commissaire et qu’il n’était aucunement intervenu dans le processus d’octroi de l’aide financière.

L’opposition officielle a réclamé, jeudi, deux enquêtes : l’une du Commissaire à l’éthique et à la déontologie et l’autre du Commissaire au lobbyisme. La députée péquiste Agnès Maltais, qui a accusé le ministre de favoritisme, a dit trouver curieux que le montant de l’aide financière représente le maximum permis par le programme. Elle a également dénoncé les dons de plus de 100 000 $ que les administrateurs de l’entreprise et des personnes qui leur sont liées ont consentis depuis 2000 au Parti libéral du Québec.

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