Lisée récolte des appuis du camp Hivon

Jean-François Lisée a rencontré les médias mercredi après-midi avec les quatre députés qui l'appuient.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Jean-François Lisée a rencontré les médias mercredi après-midi avec les quatre députés qui l'appuient.

La campagne à la chefferie de Jean-François Lisée a obtenu l’appui de quatre députés péquistes, dont trois issus du camp de Véronique Hivon, qui estiment que leur collègue est le mieux placé pour « transformer le Parti québécois ».

L’aspirant-chef du PQ s’est présenté mercredi dans son fief de Rosemont avec les élus Carole Poirier, Mathieu Traversy, André Villeneuve et Alain Therrien. Ils ont vanté son expérience, ses qualités de rassembleur et sa campagne à la chefferie menée avec aplomb.

Il s’agit des quatre premiers appuis de députés pour Jean-François Lisée, qui obtient 23 % des intentions de vote des sympathisants péquistes, selon un sondage Léger publié samedi dans Le Devoir. Douze députés péquistes appuient Alexandre Cloutier, qui est en tête avec 39 % des voix. Martine Ouellet (18 % des intentions de vote) et Paul Saint-Pierre Plamondon (1 %) n’ont à ce jour aucun appui au sein des élus du PQ.

« Je veux que le Parti québécois change, je veux qu’il se transforme. Véronique Hivon parlait de faire de la politique autrement », a dit mercredi Mathieu Traversy, député de Terrebonne âgé de 32 ans.

« Clairement [Jean-François Lisée] est le candidat en qui j’ai le moins de doute qu’il sera capable d’y parvenir. Il y a d’autres candidats à qui j’ai posé des questions, avec qui j’ai eu de bonnes discussions, mais j’ai encore des doutes sur certains, sur leur capacité à aller jusqu’au bout de leurs ambitions. Je sens que M. Lisée a toute cette liberté, qu’il est capable d’aller jusqu’au bout de ses ambitions », a-t-il ajouté.

Opération de séduction

Les quatre députés pro-Lisée avaient appuyé la candidature de Bernard Drainville lors de la course à la direction du PQ qui avait couronné Pierre Karl Péladeau l’an dernier. Cette fois, trois d’entre eux appuyaient Véronique Hivon — Alain Therrien était resté neutre jusqu’à maintenant. Ils se rallient désormais à Jean-François Lisée. Ils ont nié appartenir à un mouvement « n’importe qui sauf Alexandre Cloutier ».

Les députés Sylvain Pagé et Claude Cousineau, qui appuyaient Véronique Hivon, ont besoin de temps pour réfléchir avant de se joindre à un autre candidat. Ils sont courtisés par tous les aspirants-chefs, pour qui l’appui d’un élu a une valeur considérable : un député arrive avec sa machine de circonscription pour faire du porte-à-porte et amasser des fonds, notamment.

La chasse aux nouveaux membres est toutefois mise en veilleuse, parce que les membres recrutés à partir de maintenant n’auront pas le droit de vote au scrutin du 7 octobre, selon les règles du parti.

Jean-François Lisée estime mener une « campagne ascendante ». Il compte annoncer au cours des prochains jours une série d’appuis au sein des militants des régions. « La porte est ouverte jusqu’au dernier jour » pour les sympathisants péquistes, y compris les élus Sylvain Pagé et Claude Cousineau, a dit M. Lisée.

Stratégie référendaire

Les quatre élus qui se sont ralliés mercredi ont dit du bien de la stratégie indépendantiste de Jean-François Lisée, qui s’engage à ne pas tenir de référendum avant l’année 2022, dans un deuxième mandat péquiste. Alain Therrien fait partie d’un groupe de députés qui a proposé en mai la tenue d’un référendum à deux choix : l’indépendance ou le renouvellement du fédéralisme. « À l’époque, j’avais salué l’effort intellectuel de mes collègues, mais j’avais jugé que leur proposition n’était pas praticable. Je suis content qu’Alain se rallie », dit M. Lisée.

5 commentaires
  • Patrick Daganaud - Abonné 7 septembre 2016 16 h 43

    Le moins pire des trois hommes

    À quatre de plus sur le même vélo stationnaire, ça n'avancera pas plus vite...

    Mais le moins pire des trois hommes mous ne fera pas une femme résolue de lui!

  • Colette Pagé - Inscrite 7 septembre 2016 18 h 01

    Ralliement qui pourrait avoir un effet d'entraînement !

    Manifestement ce ralliement des 4 députés pourrait faire très mal au candidat en avance dans les sondages. Et s'il fallait que Véronique Hivon se joindre à ce quartet il est raisonnable de penser que la course serait des plus serrés.

  • Jean Lapointe - Abonné 8 septembre 2016 07 h 10

    C'est Lisée qui à mon avis sait le mieux ce qu'il ferait.

    «La campagne à la chefferie de Jean-François Lisée a obtenu l’appui de quatre députés péquistes» (Marco Fortier)

    Après avoir lu ce que chaque candidat compte faire au cours de l'année qui suivrait s'il était élu (dans un autre journal), on ne peut qu'en conclure que c'est Jean-François Lisée qui sait le plus clairement ce qu'il ferait.

    Alexandre Cloutier a de bonnes intentions mais on ne voit pas très bien je trouve comment il procéderait concrètement pour les mettre en oeuvre. Ça reste très vague. Ce n'est pas suffisant d'avoir de bonnes intentions mais encore faut-il avoir des plans précis, ce qu'il n'a pas semble-t-il. Je ne le pense pas prêt à être chef.

    Martine Ouellet sait aussi ce qu'elle ferait mais moi je suis de ceux qui trouvent que Martine risquerait de mener le parti à l'abattoir, si elle était élue. Ce n'est pas que je sois contre ce qu'elle souhaite faire mais je ne pense pas que ce soit le moment de le faire malheureusement.

    L'autre candidat je ne le trouve pas très sérieux. Sait-il vraiment ce qu'il veut? J'en doute.

    Je peux changer d' idée mais je pense que je vais voter pour Jean-François Lisée.

    Il m'apparaît comme étant celui des candidats qui est le plus compétent et le mieux préparé pour occuper le poste de chef du Parti québécois.

    Et il a l'expérience du pouvoir même si c'était en tant que conseiller de premiers ministres. Cela ne peut que lui être très utile.

    • Claude Richard - Abonné 8 septembre 2016 10 h 21

      Il sait peut-être ce qu'il ferait, mais si ce qu'il ferait est à l'image de son comportement quand il a sommé les employés de la STM de répondre en anglais aux badauds qui s'adressaient à eux dans cette langue, on peut craindre le retour en force de l'esprit du Centaure et des accommodements sans fin vis-à-vis de notre "minorité" opprimée.

      Cette magnanimité peut sembler opportune, mais si on la met dans un contexte pan-canadien où aucun empolyé de société de transport au Canada-Canada (à Toronto, Calgary ou même Ottawa, la supposée capitale bilingue) n'est obligé de répondre en français à quelqu'un qui s'adresse à lui en cette langue, cela apparaît comme de la pusillanimité, sinon de la servilité.

      Jean-François Lisée, je le crains, c'est le retour du bouchardisme au PQ. Et le bouchardisme, ce sont les conditions gagnantes qui ne se présenteront jamais si on ne les provoque pas. Et, dans le bouchardisme, on ne provoque pas les conditions gagnantes, on les attend placidement.

  • Chantale Desjardins - Abonnée 8 septembre 2016 09 h 05

    Lisée pour battre Couillard de Lespinay

    L'expérience de Lisée fait qu'il est le candidat idéal pour battre Couillard de Lespinay plutôt que Cloutier qui a encore des croutes à manger. Il ne faut pas manquer notre train si on veut arriver à la gare à l'heure fixe. Avec ce qui se passe au PLQ, ce parti semble sur une pente qui mêne à la défaite.