Vaincre la peur par la raison

Martine Ouellet était de passage dans les bureaux du «Devoir» jeudi.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Martine Ouellet était de passage dans les bureaux du «Devoir» jeudi.

Jusqu'à la fin septembre, nous publions une série de rendez-vous avec les candidats à la chefferie du Parti québécois. Les tables éditoriales, dont l’ordre a été déterminé au sort, se succéderont ainsi chaque samedi jusqu’au 24 septembre. Aujourd'hui: Martine Ouellet.

Alexandre Cloutier et Jean-François Lisée instillent les peurs, alimentées par des fédéralistes quant au référendum et à l’indépendance au sein même du Parti québécois, accuse la candidate à la direction du Parti québécois, Martine Ouellet.

S’opposant à « l’attentisme, le défaitisme » de ses deux adversaires, Martine Ouellet estime qu’ils ont intériorisé l’argumentaire fédéraliste. « Le discours de peur, qui est réalisé indirectement par Alexandre Cloutier et directement par Jean-François Lisée, à l’intérieur des propres rangs du Parti québécois » la sidère, a-t-elle livré dans une entrevue éditoriale accordée au Devoir. « Ils ramènent les arguments fédéralistes à l’intérieur du PQ, c’est incroyable. »

La jeunesse d’Alexandre [Cloutier] a vieilli bien vite.

 

Martine Ouellet a pris l’engagement, si elle est élue chef du PQ et si elle remporte les élections de 2018, de tenir un référendum dans un premier mandat. Si le PQ obtient une majorité de sièges, « peu importe le niveau de votes, on va avoir le mandat de réaliser l’indépendance », a-t-elle avancé.

Jean-François Lisée promet au contraire de ne pas tenir de référendum dans un premier mandat, ni d’amorcer une démarche gouvernementale vers l’indépendance, ni d’engager des fonds publics pour la promouvoir. Avec « une stratégie où on tasse l’indépendance, vous ne convainquez pas les fédéralistes et vous perdez votre monde. Moi, j’appelle ça perdant-perdant », juge la candidate. Et puis, le Parti libéral de Philippe Couillard va de toute façon faire porter l’élection sur le référendum et l’indépendance. « La peur, ils vont continuer à l’agiter », a-t-elle prédit.

Le caucus et l’establishment sont déconnectés du terrain [...] Le Parti québécois a deux bases solides : l’indépendance et la social-démocratie. Le caucus et l’establishment se sont éloignés de ces deux bases dans les dernières années.

 

Rassembler les indépendantistes

Alexandre Cloutier révélera s’il tiendra ou non un référendum dans un premier mandat de son gouvernement que six mois avant les prochaines élections. « C’est le candidat de l’ambiguïté », estime Martine Ouellet. Il a dit ne pas vouloir demander un « chèque en blanc » à la population du Québec, mais il en demande un aux membres du PQ. « C’est assez surprenant », a-t-elle fait remarquer.

« Si on tasse l’indépendance, c’est la stratégie d’échec de 2014 qu’on va répéter en 2018 en pire, estime-t-elle. On a déjà perdu d’aplomb en 2014, et si on veut rassembler l’ensemble des indépendantistes — il y a 40 % d’indépendantistes au Québec —, il faut que l’indépendance soit à l’ordre du jour. »

Alexandre Cloutier jouit de l’appui d’une majorité de députés au caucus et de celui de l’establishment. Selon Martine Ouellet, les membres du PQ sont « tannés » de la mainmise de l’establishment sur le parti. « Le caucus et l’establishment sont déconnectés du terrain, estime-t-elle. Le Parti québécois adeux bases solides : l’indépendance et la social-démocratie. Le caucus et l’establishment se sont éloignés de ces deux bases dans les dernières années. »

De son côté, Martine Ouellet n’a aucun appui parmi ses collègues députés. « Je trouve ça triste, a-t-elle dit. Le pouvoir qu’ils ne veulent pas perdre, bien, ils l’ont perdu en 2014. »

Si on tasse l’indépendance, c’est la stratégie d’échec de 2014 qu’on va répéter en 2018 en pire.

 

Ce que veulent les péquistes, c’est l’indépendance, a-t-elle résumé. « Je vous le dis, sur le terrain, j’ai une avance. C’est très clair », a-t-elle affirmé. Les sondages qui ne la favorisent guère ne semblent pas entamer son assurance.

« Nous, ce qu’on sent sur le terrain, c’est que la course d’Alexandre, elle ne lève pas », a soutenu Martine Ouellet. L’establishment a un effet d’« éteignoir » sur le candidat. « L’establishment éteint l’audace, a-t-elle fait observer. La jeunesse d’Alexandre a vieilli bien vite. »

« S’il pensait que la campagne commençait juste maintenant et qu’il s’est permis de ne rien faire pendant tout l’été en pensant que la couronne allait arriver toute seule, bien, je pense que ce n’est pas ça, le Parti québécois », a-t-elle dit.

Convergence

Et à ceux qui voient dans Alexandre Cloutier, avec sa jeunesse et sa belle gueule, une réplique québécoise de Justin Trudeau, Martine Ouellet répond que les stratégies d’image et les effets de mode, propres aux partis qui se proposent « de gérer le statu quo », ne marchent pas au PQ. « Les stratégies d’image, c’est une chose. Mais le Parti québécois, ce n’est pas ça. On ne s’en va pas là pour gérer juste une province et faire de la gouvernanceprovincialiste. »

Maintenant que Véronique Hivon a abandonné la course, Martine Ouellet se dit la seule capable de faire progresser la convergence des partis souverainistes. « Je suis la seule à pouvoir prendre le legs de Véronique sur la convergence. Québec solidaire et Option nationale l’ont dit : la seule façon que la convergence peut se réaliser pour 2018, c’est que l’indépendance soit un engagement dans le prochain mandat. »Sinon, ON va se considérer le seul parti véritablement indépendantiste et QS va continuer à tenter d’attirer l’électorat péquiste, son terrain de prédilection, craint-elle. Avec une stratégie où l’indépendance n’est pas à l’avant-plan, « ça va être la fragmentation du PQ qui va se poursuivre ».

Nous, ce qu’on sent sur le terrain, c’est que la course d’Alexandre, elle ne lève pas.

 

Des réponses

Comme pour témoigner de cette convergence, Louis-Philippe Dubois, le directeur des communications de la candidate, un ancien directeur général d’ON, a reçu pendant l’entrevue un appel de Sol Zanetti, l’actuel président de cette formation politique, pendant l’entrevue. Il n’a pas poussé le rapprochement jusqu’à répondre sur-le-champ à l’appel.

Pour conjurer les peurs — les peurs fabriquées par les fédéralistes —, Martine Ouellet compte sur les réponses que le parti fournira à la population au sujet de l’indépendance. Se défaire des peurs « par de la connaissance », grâce un livre blanc, à une Constitution initiale qui clarifie l’après-référendum. Bref, elle croit pouvoir vaincre ces peurs par la raison.

Même si elle mord la poussière le 7 octobre, Martine Ouellet a donné l’assurance qu’elle se représentera dans la circonscription de Vachon malgré la pusillanimité de ses adversaires. Mais pour l’heure, elle est là pour gagner.


Notes biographiques

Âge 47 ans

Formation Baccalauréat en génie mécanique, Université McGill ; maîtrise en administration des affaires (M.B.A.), École des hautes études commerciales ; membre de l’Ordre des ingénieurs du Québec.

Expérience politique Députée de Vachon depuis juillet 2010 ; ministre des Ressources naturelles de septembre 2012 à avril 2014 ; aujourd’hui porte-parole de l’opposition officielle en matière de transports, de stratégie maritime et d’électrification des transports.

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33 commentaires
  • Cécile Comeau - Abonnée 3 septembre 2016 04 h 23

    Ouellet franche comme PKP et Parizeau

    Si Pierre-Karl Péladeau n'avait pas été un fervent souverainiste défendant l'action immédiate vers l’indépendance, il n'aurait pas obtenu la chefferie du PQ. En effet, ce ne sont pas ses positions sociales démocrates tant décriées par la gauche qui l'avaient fait élire chef du PQ, mais bien sa détermination à enclencher le processus référendaire. En cette matière, Cloutier et Lisée sont des coquilles vides ou ils cachent bien leur intention, pour mieux l’ajuster plus tard à des fins électoralistes. Noui : voici leur réponse à la question. Comme J. Parizeau et P.-K. Péladeau l’on fait, Martine Ouellet démontre cette franchise de ne pas prendre les Québécois pour des valises en refusant de leur mentir sur ses véritables intentions qui sont celles de faire un pays et de ne pas vouloir s’installer dans le fauteuil de premier ministre seulement pour sa gloriole personnelle. Si tous les politiciens étaient comme elle, les électeurs sauraient pour qui ils votent et pour qui ils ne votent pas.
    Passons maintenant à l’establishement du parti, ses belles-mères comme Landry et la partie de la députation du PQ qui se sont rués pour appuyer Cloutier, ce nouveau Justin provincial qui remporterait les prochaines élections… Tout un calcul de dupes qui ne trompera personne, à part ceux et celles qui espèrent avoir les services d’une limousine avec chauffeur, au cas où Cloutier serait élu chef puis premier ministre. En effet, quel député aime rester sur les arrières-bancs de l’Assemblée nationale, quand son parti prend le pouvoir? Tous tiennent à avoir leurs bombons le moment venu. Dangereux, car cet establishement et ces belles-mères peuvent plutôt vider le parti de ses forces vives, soit de ses membres souverainistes et progressistes. On l’a vu avec Bouchard et sa politique du déficit zéro approuvée par son ministre Landry de l’époque. Au départ de Bouchard, Landry s’est poussé sur le fauteuil de premier ministre. Cela a-t-il aidé à la réélection du PQ? Non.

    • Normand Carrier - Abonné 4 septembre 2016 07 h 20

      L'argument de l'establisment est puéril et sans valeur car ce sont les 70,000 membres et plus qui auront a voter contre cette supposé establisment qui représente très peu de votes .... J'ai confiance que ces membres dans leur milieu sauront choisir le meilleur candidat qui saura nous débarrasser des libéraux de Couillard .... Evitons des critiques non valides dans cette campagne et concentrons-nous sur l'essentiel .....

    • Louis Germain - Abonné 4 septembre 2016 08 h 58

      AC et JFL sont tout aussi fervents souverainistes que l'est PKP. Et certainement autant que MO. Il n'y a aucun doute là-dessus.
      1. Vous remarquerez que PKP, ce déterminé, s'était toujours refusé à s'engager à tenir un référendum hâtif. Il n'a jamais indiqué le moment où il le tiendrait. Pour autant, personne ne doutait de sa volonté.
      2. AC est effectivement dans le flou, n'ayant pas actuellement de stratégie précise à ce sujet car n'ayant pas de vision politique claire de la mise en oeuvre de l'indépendance. Son entourage non plus.
      3. JFL a cette vision politique claire et a annoncé son échéancier : un référendum lors du second mandat. Il ne repousse pas l'échéance, il la mesure, il la planifie.
      4. Martine est sincère et volontaire. Mais elle fait une mauvaise lecture de la situation politique du Québec en général et de celle à l'intérieur du PQ en particulier. Sa démarche est inadéquate. Elle satisfait, parmi les pressés, ceux qui ne mesurent pas l'ampleur du travail à accomplir avant de procéder au référendum.
      Conclusion: le chemin du succès, élire Jean-François Lisée.

    • Luc Bertrand - Abonné 5 septembre 2016 20 h 15

      Vous avez tout compris, madame Comeau. Vous venez d'expliquer clairement le pourquoi qu'AUCUN(E) député(e) de l'actuel caucus péquiste n'a eu le courage et la cohérence avec ses convictions indépendantistes d'appuyer publiquement Martine Ouellet. Et celle-ci a très bien répondu à cette question que lui martèlent constamment les journalistes: le pouvoir qu'ils/elles craignent de perdre, ils/elles l'ont déjà perdu quand ils/elles ont choisi de demeurer fidèles à Pauline Marois, qui avait contredit PKP sur le sens de l'élection du 7 avril 2014. Et ces mêmes collègues du caucus subiront le même sort, le 1er octobre 2018, si Martine Ouellet ne devient pas la prochaine cheffe du PQ. Pire: les électeurs de leurs propres comtés seront peut-être même tentés de leur envoyer un message pour montrer leur déception envers leur manque de courage et de cohérence envers la raison d'être de leur engagement politique en préférant un chef plus évasif envers la réalisation de l'indépendance.

      Monsieur Carrier, les stratèges et conseillers du parti qu'on désigne communément comme "l'establishment" sont peut-être numériquement négligeables par rapport à l'ensemble des membres, mais leur influence sur les membres du caucus, surtout en l'absence de chef, reste considérable. Or, malheureusement, trop de membres se laissent influencer par les apparences siuvent trompeuses et l'opinion des médias. Qu'on pense aux choix passés de Pierre-Marc Johnson et d'André Boisclair qui se sont avérés des flops monumentaux qui ont mené le PQ à la dérive et à des corrections électorales!

      À monsieur Germain, je vous invite à réfléchir sur cette maxime qui guidait Jean-Claude St-André, ex-candidat à la chefferie du PQ en 2005 et à celle d'ON en 2013:

      "Jamais le pouvoir ne sera réel sans l'indépendance. Et jamais l'indépendance du Québec ne sera possible sans la prise du pouvoir."

      Luc Bertrand, Pointe-aux-Trembles

  • Pierre Deschênes - Abonné 3 septembre 2016 08 h 13

    Question

    Quelqu'un pourrait-il m'expliquer de qui est composé au juste ce fameux "establishment" du Parti Québécois auquel il est souvent, et mystérieusement, fait référence, comme si entre initiés/es?

    • Cécile Comeau - Abonnée 3 septembre 2016 10 h 36

      Ce fameux "establishment" du Parti Québécois, comme vous dites. À votre avis, Landry n'en fait pas partie? Il se comporte comme si le PQ était toujours sous sa direction et personne de l'exécutif national ne lui a jamais demandé de cesser de faire les belles-mères. Qui ne dit mot... Landry ne s'est-il pas mêlé de la campagne dès le début, en disant qu'il préférait un couronnement, celui de Cloutier, son dauphin?

    • Sylvain Auclair - Abonné 5 septembre 2016 09 h 16

      Quel est le pouvoir de M. Landry au sein du PQ? Il n'en a aucun. Il peut simplement exprimer son opinion. Si les gens l'écoutent, c'est qu'ils ont confiance en lui, c'est tout.

    • Cécile Comeau - Abonnée 5 septembre 2016 21 h 49

      Monsieur Auclair, Bernard Landry n'est pas un simple membre du PQ comme tous les autres. Il a été de tous les gouvernements et le chef du PQ. Ce ne sont pas seulement les gens ordinaires qui l'écoutent, parce qu'ils ont confiance en lui. Il y a aussi l’influence de son CV qui ajoute du poids à ses opinions. Par les liens tissés pendant toutes ses années avec le parti, B. Landry dispose d’une influence d’opinion auprès des gens et instances (exécutifs de comtés, cocus, etc.). Rien de plus normal. Mais ces gens non ordinaires font partie du réseau de personnes qui prennent des décisions. Toutes connaissent le prestige du poste de chef (en fonctions ou à la retraite), et elles prêtent toujours une oreille très attentive à ce chef.

      Pourquoi madame Marois garde-t-elle le silence, depuis le début de la campagne à la chefferie? Elle a déjà été élue première ministre pourtant. La raison est que cette dame respecte son devoir de réserve, et les membres, en ne se prononçant pas sur la personne qu’elle aimerait bien voir à la tête du parti auquel elle a consacré sa vie politique. Elle est très consciente du fait qu’une personne appartenant à ce réseau ne lui ferait jamais l’affront de raccrocher au nez, si jamais elle lui téléphonait.

      Ce qui me navre dans l’attitude de B. Landry, c’est qu’il n’a pas gardé sa réserve comme madame Marois le fait actuellement et qu’il se soit rué au début de la campagne pour me dire, comme membre du PQ, que Cloutier devait être couronné chef et qu’il était préférable de ne pas avoir de course à la chefferie. Cette cabale précipitée est fort déplacée de la part d’un ancien premier ministre jamais élu; et elle est méprisante pour les membres et les autres candidats qui, contrairement à son dauphin Cloutier, ne reçoivent pas la bénédiction urbi et orbi.

  • Jean Lapointe - Abonné 3 septembre 2016 08 h 31

    Un reproche que je trouve non justifié.

    «Martine Ouellet accuse Cloutier et Lisée de ramener les arguments fédéralistes à l’intérieur du PQ.» (LeDevoir)

    A ce que je sache ramener les arguments fédéralistes à l'intérieur du PQ, comme le prétend, à tort à mon avis, Martine Ouellet n'est pas un crime.

    Affirme qu' elle les accuse m'apparaît donc un peu exagéré, c'est le moindre qu' on puisse dire. C'est plutôt un reproche qu'elle leur fait
    et, bien sûr, elle en a le droit. Ça ne peut qu'alimenter les débats.

    Il me semble pourtant que la peur est bien réelle chez bien des Québécois, et non sans raison, et ce n'est pas ramener les arguments des fédéralistes que de reconnaître l'existence de cette peur et de tenter d'en tenir compte.

    Ce n'est pas nier la peur de l'indépendance, qui est sans doute de degrés différents selon les individus, qu'il faut faire il me semble mais il faut plutôt trouver des moyens pour nous aider à la surmonter cette peur.

    Je doute fort malheureusement que Martine Ouellet réussisse, dans l'état actuel des choses, à créer un mouvement fort en faveur de l'indépendance d'ici les prochaines élections, malgré les efforts bien louables qu'elle fait.

    Il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir. Il faut aussi tenir compte de la réalité.

    Ce qui distingue donc Martine Ouellet des autres candidats à mon avis c'est l'analyse qu'ils font les uns et les autres de la situation politique actuelle au Québec.

    J'admire le courage dont fait preuve Martine Ouellet mais je pense qu'elle se fait beaucoup d'illusions.

    Je tiens à préciser que je suis membre du Parti québécois. Je ne parle donc pas en tant qu'observateur de l'extérieur mais en tant que souverainiste convaincu de la nécessité de faire du Québec un pays indépendant politiquement.

    Ça va sûrement prendre plus de temps qu'on pensait pour y arriver mais il faudra prendre le temps qu'il faudra.

    • Nicole-Patricia Roy - Abonnée 3 septembre 2016 13 h 10

      Bien d'accord avec votre point de vue. Je suis aussi membre du Parti québécois et j'aimerais bien que le Québec devienne indépendant un jour. Martine Ouellet affirme « Si on tasse l’indépendance, c’est la stratégie d’échec de 2014 qu’on va répéter en 2018 en pire, estime-t-elle. On a déjà perdu d’aplomb en 2014, et si on veut rassembler l’ensemble des indépendantistes — il y a 40 % d’indépendantistes au Québec —,il faut que l’indépendance soit à l’ordre du jour. »

      Cependant, la vraie stratégie d'échec serait de perdre un 3e référendum après ceux de 1980 et de 1995. Le Québec serait affaibli pour longtemps, il faut surtout éviter de se lancer dans cette démarche toutes voiles dehors comme le fait la candidate Martine Ouellet, celle-ci fait de la politique-fiction.

    • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 3 septembre 2016 20 h 43

      Nicole-Patricia Roy
      ce n'est pas de la politique-fiction que d'élaborer son programme en fonction du but ultime du parti québécois qui est de faire l'indépendance.

      Si on perd ce 3e référendum, ce sera le 2e qu'on aura perdu car celui de 1995 nous a été volé et Jean Chrétien l'a admis quand il a dit que ce n'était pas grave car on était en guerre.

      Comme si c'était la guerre de participer à un acte aussi démocratique que l'est un référendum.

      Pour ma part, j'appuie sans réserve Martine Ouellet, sinon c'est certain que l'indépendance est remise aux calendes grecques.

    • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 4 septembre 2016 08 h 00

      Mme Nicole-Patricia Roy,

      ce n'est pas de la politique-fiction que de vouloir faire prévaloir le but du PQ, c.à.d. faire l'indépendance du Québec.

      De plus on ne perdrait pas un 3e référendum puisqu'on s'est fait voler le 2e. Même Jean Chrétien l'a admis en avouant qu'on était en guerre et tous les moyens étaient bons pour faire perdre ce référendum.

    • Luc Bertrand - Abonné 5 septembre 2016 21 h 40

      Monsieur Lapointe, j'endosse totalement les remarques de Mme Jacinthe Lafrenaye. Et j'ajouterais également ceci: un parti politique est la création de ses membres. On ne crée pas un parti politique pour le plaisir d'en créer un, mais pour faire avancer des idées ou réaliser un objectif spécifique. Tant que ces idées et cet objectif restent pertinents et réalisables, le parti conservera son utilité et sa légitimité. Dans le cas contraire, ses appuis s'étiolent et il finit par disparaître.

      Luc Bertrand, Pointe-aux-Trembles

    • Luc Bertrand - Abonné 5 septembre 2016 21 h 41

      Fin de mon commentaire précédent:

      Les meilleurs exemples qui me viennent à l'esprit pour illustrer la nature ponctuelle et temporaire des partis politiques sont ceux de l'Union nationale (1935-1970) et le Bloc québécois (1990-?). Le premier a été créé pour opposer le nationalisme canadien-français au pouvoir centralisateur d'Ottawa, face à un Parti libéral du Québec resté inféodé au Parti libéral du Canada. L'UN a perdu sa pertinence après l'élection de Pierre Elliott Trudeau et du PLC, qui avaient signifié la fin de non-recevoir du Canada aux revendications constitutionnelles du Québec. À partir de 1970, c'était désormais le Parti québécois qui devenait la contrepartie au PLQ en signifiant la nécessité, pour le Québec, de devenir un pays pour assurer l'émancipation politique et économique des Québécois(e)s. Le second exemple, le Bloc québécois, est né de la nécessité, pour les Québécois(e)s, de se donner une voix, à Ottawa, pour défendre strictement les intérêts du Québec et faciliter la transition des pouvoirs fédéraux à l'Assemblée nationale du Québec lorsqu'un gouvernement indépendantiste amorcerait le processus d'accession à l'indépendance. Tant que le PQ formait le pouvoir, à Québec, ou s'engageait clairement à réaliser l'indépendance du Québec, le BQ pouvait facilement justifier son existence. Mais quand, depuis 1996, le PQ s'est délesté de son engagement envers l'indépendance, la question du rôle et de l'utilité du BQ n'a cessé de revenir à chaque élection, et les choses ont empiré depuis l'élection de gouvernements inconditionnellement fédéralistes du PLQ. Sans Martine Ouellet à la tête du PQ, la survie du BQ est sérieusement menacée en 2019, faute d'espoir réaliste de réalisation de l'indépendance dans un avenir prévisible.

      Luc Bertrand, Pointe-aux-Trembles

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 3 septembre 2016 08 h 34

    Bravo Martine Ouellet

    Parler avec intelligence, coeur et sentiment d'appartenance (les tripes)...c'est ça !

    Avancer des idées...Innover et Informer sur des projets d'Avenir pour Tous... Promouvoir Nos compétences...Amener Nos concitoyens à converger vers Un
    but, un Pays... Aller de l'avant, foncer et croire en Soi...c'est encore ça !

    Martine Ouellet rallie toutes ces qualités nécessaires à un Chef d'Équipe !

    Les débats s'annoncent fort intéressants...

  • Normand Pleau - Inscrit 3 septembre 2016 12 h 34

    Le choix des militants est simple: gouvernance ou indépendance

    Martine Ouellet semble jouer quitte ou double dans son approche pour un projet d’indépendance rapide. Mais n’est-ce pas la seule avenue qui reste disponible pour un parti indépendantiste, s’il l’est toujours? Voilà des années qu’un grand nombre de militants réclament de leur chef de parler constamment d’indépendance et de ses avantages, plutôt que de donner raison aux fédéralistes en cachant l’option et en priorisant le fait d’être au pouvoir, plutôt que le projet de pays.

    M. Cloutier reste flou pour l’instant et M. Lisée reprend l’étapisme de Claude Morin, dont la preuve est faite, ça ne fonctionne pas. Un gouvernement est toujours élu au sommet de sa popularité et comme les erreurs de parcours s’accumulent, la confiance de la population ne fait que diminuer graduellement. Comment espérer gagner un référendum dans un deuxième mandat dans ces conditions? Les Libéraux seront de retour au pourvoir avant que M. Lisée ait eu le temps d’organiser son référendum. La preuve est faite aussi, que lorsqu’il n’y a pas de débat référendaire, les ministres péquistes ne parlent pas d’indépendance, car ils n’ont pas le temps.

    Les militants ont enfin l’occasion de recentrer le parti sur l’indépendance du Québec. S’ils ne choisissent pas la bonne personne maintenant, ce sera bien difficile par la suite de reprocher au chef de favoriser son élection plutôt que le projet de pays, surtout si ce dernier n’a pas promis de référendum.

    • Sylvain Auclair - Abonné 5 septembre 2016 09 h 19

      Je vous ferais remarquer qu'autant de gens ont voté oui en 80 que pour le PQ trois ans et demi plus tôt. Et, qu'on le veuille ou non, personne au monde n'acceptera d'endosser une indépendance qui n'aurait pas été confirmé par référendum.