La course de Cloutier plafonne

Alexandre Cloutier
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Alexandre Cloutier

La campagne du meneur dans la course à la chefferie du Parti québécois (PQ), Alexandre Cloutier, semble plafonner. L’abandon de Véronique Hivon pour des raisons de santé profite à Martine Ouellet et à Jean-François Lisée, qui ont fait le plein d’appuis durant l’été.

Le député de Lac-Saint-Jean a gardé son avance auprès des sympathisants péquistes, avec 39 % d’appuis, tandis que M. Lisée suit désormais avec 23 % et Martine Ouellet, avec 18 %, révèle un sondage Léger mené pour Le Devoir et Le Journal de Montréal. L’avocat et auteur Paul St-Pierre Plamondon, seul aspirant-chef issu de l’extérieur des rangs du PQ, reste très loin derrière, avec 1 % des intentions de vote des partisans péquistes.

La députée Martine Ouellet a gagné 11 points depuis le dernier coup de sonde de Léger, en juin. Son collègue Jean-François Lisée a gagné 8 points. Alexandre Cloutier, lui, a monté de 2 points.

« Le départ de Mme Hivon n’a pas avantagé Alexandre Cloutier, mais a plutôt rebrassé les cartes. La course est serrée. Le départ de Mme Hivon vient relancer cette course-là », analyse Christian Bourque, vice-président et associé chez Léger.

Le sondage a été effectué par Internet auprès de 1006 répondants, entre le 29 août et le 1er septembre. Un sondage probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de 3,1 %, 19 fois sur 20.

Une véritable chasse aux indécis s’amorce d’ici à l’élection du chef péquiste dans près d’un mois, le 7 octobre, explique Christian Bourque. Près d’un sympathisant du parti sur cinq (19 %) n’appuie aucun candidat ou ne sait pas pour qui voter. Ces indécis détiennent sans doute la clé qui permettra au prochain chef d’accéder aux plus hautes fonctions au PQ.

Le nombre d’indécis a baissé de 7 points depuis le mois de juin, mais les appuis à Alexandre Cloutier ont grimpé de 2 points, ce qui fait dire à la firme Léger que la campagne du meneur « ne progresse pas ».

Sprint d’un mois

La course à la chefferie est passée en deuxième vitesse cette semaine avec la rentrée scolaire. Les candidats avaient parfois l’impression de prêcher dans le désert en sillonnant le Québec durant les vacances d’été.

Les candidats s’opposeront dans un premier débat, le 6 septembre à l’Université de Montréal, à l’invitation du comité national des jeunes du PQ. D’autres débats auront lieu les 11 et 25 septembre (à Sherbrooke et à Montréal).

Dans l’éventualité d’un second ou d’un troisième tour lors du scrutin du mois prochain, Alexandre Cloutier garderait son avance avec 39 % et 48 % des voix, selon le sondage. M. Cloutier est le deuxième choix de 52 % des partisans de Jean-François Lisée et de 49 % des partisans de Martine Ouellet.

Un référendum ? Bof !

Mme Ouellet est la seule candidate à promettre un référendum durant le premier mandat d’un gouvernement du Parti québécois. Son empressement est un pari risqué, parce que les souverainistes ne sont pas emballés par l’idée de tenir un référendum rapide.

Quelque 36 % des gens voteraient Oui à un référendum sur la souveraineté, selon le sondage. Parmi ces 36 % d’électeurs, 45 % souhaitent que le PQ s’engage à tenir rapidement un référendum sur la souveraineté. « Moins de la moitié des souverainistes veulent un référendum rapide », résume Christian Bourque.

L’appétit référendaire des souverainistes est plutôt faible, et ils feraient face à un adversaire redoutable dans une campagne sur l’indépendance du Québec : Justin Trudeau reste au zénith, le politicien le plus populaire du Canada, y compris au Québec. Le Parti libéral du Canada demeure largement en tête au pays avec 53 % des intentions de vote, devant le Parti conservateur (25 %), le Nouveau Parti démocratique (12 %) et le Parti vert (5 %).

Couillard au neutre

Le sondage sur les intentions de vote au fédéral a été mené sur Internet à partir d’un échantillon de 1535 Canadiens. Un tel échantillon, s’il était probabiliste, comporterait une marge d’erreur de 2,5 %, 19 fois sur 20.

Six Canadiens sur 10 sont satisfaits du gouvernement Trudeau. Même les sympathisants des partis adverses sont contents : 53 % des électeurs néodémocrates sont satisfaits du gouvernement libéral. Au Québec, 49 % des partisans bloquistes aiment le gouvernement Trudeau.

Le gouvernement Couillard doit se contenter d’une popularité moins flamboyante. Les intentions de vote ont peu bougé depuis le début de l’année au Québec. Le Parti libéral du Québec (PLQ) reste en avance avec 34 % des voix, devant le Parti québécois (29 %), la Coalition avenir Québec (23 %) et Québec solidaire (10 %).

La démission récente du ministre Jacques Daoust, empêtré dans des contradictions autour de l’achat de Rona par l’américaine Lowe’s, a eu peu d’impact sur l’humeur des électeurs. Philippe Couillard a sans doute sauvé les meubles en refusant de réitérer sa confiance en M. Daoust, ce qui a mené au départ du ministre, estime le sondeur Christian Bourque.

Fait à noter, la CAQ est en tête à Québec (40 %), le PLQ à Montréal (41 %) et le PQ dans le reste du Québec (35 %). Chez l’ensemble des électeurs francophones — une donnée cruciale parce que la majorité des 125 circonscriptions sont fortement francophones —, le PQ domine avec 36 %, suivi par la CAQ à 28 % et le PLQ à 21 %.

Division sur les pitbulls

Les Québécois sont divisés sur la pertinence de bannir les pitbulls : 47 % des répondants s’opposent à une éventuelle interdiction, tandis que 44 % affirment que le bannissement serait souhaitable. Plus les gens sont âgés, plus ils appuient le contrôle des chiens : 19 % des 18-24 ans favorisent l’interdiction des pitbulls. Cette proportion grimpe à 63 % chez les 65 ans et plus.

Réintégrer d'ex-ministres?

Les électeurs sont quasi indifférents au possible retour de Robert Poëti au Conseil des ministres, mais sont contre la nomination de Sam Hamad. Quelque 28 % des répondants sont favorables au retour de M. Poëti, qui voulait faire le ménage au ministère des Transports ; 30 % des électeurs sont contre et 42 % ne savent pas ou préfèrent ne pas répondre. Quant à Sam Hamad, déchu en raison de ses liens avec le lobbyiste et ex-ministre Marc-Yvan Côté, une majorité claire de 57 % des répondants s’oppose à son retour.
13 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 3 septembre 2016 08 h 11

    Le candidat perdant

    Imaginé par la nomenklatura péquiste comme un candidat "à la Trudeau", jeune, lisse et vide, le candidat Clourier, s'il est élu, entraînera le PQ vers une défaite historique.
    La manque de discernement des dirigeants du PQ est sidérant, énorme, catastrophique.

    • Johanne Fontaine - Abonnée 3 septembre 2016 11 h 05

      Le fait qu'on lui donne une telle visibilité médiatique
      est aussi troublant.

  • Bernard Terreault - Abonné 3 septembre 2016 08 h 43

    Étrange?

    On peut être étonné que, avec seulement 21% du vote des francophones, le PLQ puisse arriver globalement en tête avec 34% du vote. Mathématiqement, cela indiquerait que si TOUS les non francophones sans exception votent PLQ, il y aurait 16% de non francophones dans l'électorat. Comme un certain nombre de non francophones votent tout de même pour le PQ ou la CAQ, les vrais chiffres sont vraisemblablement un peu différents, mais pas beaucoup. Étonnant comme une minorité peut déterminer l'issue d'une élection quand la majorité se divise entre deux partis, l'un souverainiste et au centre-gauche et l'autre vaguement nationaliste mais nettement à droite.

  • Colette Pagé - Inscrite 3 septembre 2016 10 h 12

    Aggiornamento et Faire de la Politique autrement !

    Toujours à la recherche d'un sauveur sans avoir fait son aggirnamento des causes de la défaite le PQ qui, au lieu de Faire de la Politique Autrement ressemble de plus en plus à un parti comme les autres, doit profiter de la campagne à la chefferie pour stimuler les débats et faire avancer les idées.

    À ce jour, ni Alexandre Cloutier ni Jean-François Lisée ne souhaitent agir précipitamment en tenant un référendum dans le premier mandat.

    Ces derniers ont raison car depuis 20 ans le PQ a mis le projet d'indépendance sous le boisseau préférant choisir l'option du bon gouvernement comme si mission était impossible de réaliser ce double objectif.

    En somme, comme la pédagogie reste à faire et que tant de questions restent sans réponses il faut laisser du temps au temps.

    Au risque d'être la risée de la planète, les électeurs québécois ne doivent pas pour une troisième fois refuser de prendre leurs affaires en mains.

    • Claude Richard - Abonné 3 septembre 2016 10 h 34

      Ce que je comprends de la position de Martine Ouellet, c'est que le référendum à tenir dans le premier mandat serait précédé d'une mobilisation importante. Un peu du genre de celle que Jacques Parizeau avait enclenchée avec ses commissions sur l'avenir du Québec après son élection en 1994.

      Les points de départ seraient un peu semblables (plus ou moins 40% de partisans du Oui). Si la mobilisation a du succès (et bien faite, elle a beaucoup de chances d'en avoir), le résultat pourrait bien être une montée rapide des intentions de vote pour le Oui, rendant le référendum attrayant pour les indépendantistes.

      Se situer pour bien des années dans la déprime ne fait pas avancer une cause.

    • Serge Bouchard - Abonné 3 septembre 2016 10 h 36

      Refuser deux fois ne suffirait-il donc pas pour être la risée de la planète.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 3 septembre 2016 12 h 37

      Est -ce que l'Ecosse et la Catalogne sont la risée de la planete ?

    • François Dugal - Inscrit 3 septembre 2016 16 h 14

      @Serge Bouchard
      On ne vit pas pour "le reste de la planète", ce qui amène à la longue à renier notre identité. Non, on vit pour nous.
      Avons-nous besoin de l'approbation de quidams pour faire ce nous jugeons bon de faire?

  • Claire DuSablon - Abonné 3 septembre 2016 11 h 48

    Un projet de société au plus vite

    Aucun candidat ne propose un projet de société emballant . Rien pour améliorer le sort des petits salariés, des familles; rien pour rendre la culture accessible partout; rien pour mettre l'éducation prioritaire dans les préoccupations des citoyenNEs; rien pour vivifier les régions. Discours vides.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 3 septembre 2016 12 h 43

      Alors comme le Gouv. Couilard s'occupe si bien de tout,votons en choeur pour ce cabinet hors-pair qui obtient 21% du vote francophone !!!!!

    • François Dugal - Inscrit 3 septembre 2016 16 h 16

      A l'opposé du "discours vide", quel est le politicien qui a un "discours plein", madame DuSanlon?

    • Gaston Bourdages - Abonné 4 septembre 2016 05 h 00

      Bonjour !
      Pourquoi un projet de société? Je doute qu'une majorité de gens, au Québec, aient quelque intérêt sur le sujet, trop occupés «ailleurs» qu'ils sont et à la vitesse qu'ils vivent leurs vies....pas de temps pour des choses sérieuses.
      Nous traversons une époque de choses faciles...un clic et je l'obtiens. Prendre un temps pour réfléchir....voyons donc!
      J'ironise.
      Pas de temps pour se poser des questions...les résultats et vite «ça» presse. Puis, il y a cette apathie ambiante. Ajoutons-y la perte de confiance envers des institutions, envers nombre de ceux dits en pouvoirs. Nous en sommes peut-être rendus à pouvoir élire n'importe qui qui dit n'importe quoi pourvu que «ça punche».
      Le votre «contre» est très florissant mais attention voter contre engendre la pauvreté d'idées, de visions, de clarté. Voter contre est en soi négatif. Rien de positif. c'est dangereux parce que cela ne règle rien de nos problèmes socio-économiques. Nous en sommes peut-être rendus à l'époque du vide, du discours vide. À une période de mots ne nécessitant aucune profonde réflexion. Ajoutons-y la déification voire même l'adoration du dieu argent, la vénération de l'image, du paraître....tout un cocktail. Parler de projet de société ? Exercice voué à la stérilité?
      Madame Odile Tremblay, dan son «papier» du jour parle d'abrutissement...c'est tout sinon beaucoup dire.
      Vivre en abruti, c'est aussi un choix. La liberté est accsessible et disponible pour «tout le monde». Si je dis «ne pas avoir le choix» c'est que je suis prisonnier. Mais de quoi ? De qui ?
      Super cadeau que celui de la liberté pour qui est convaincu qu'elle existe.
      Sans prétention,
      Gaston Bourdages.
      Auteur.

    • Normand Carrier - Inscrit 4 septembre 2016 07 h 11

      Quel serait votre projet de société madame DuSablon ? Vous devriez prendre le temps de lire les programme de chaque candidat a la chefferie du PQ pour découvrir que ces programmes contiennent beaucoup de la matière et sont des projets de société dont le ciment est la socoal-démocratie et l'indépendance ......
      Ensuite prener une minute pour comparer avec les autres chefs de parti et vous verrez le vide sidéral de leur programme ......