Les adversaires de Cloutier crient au favoritisme

Alexandre Cloutier, à gauche sur la photo, s’est lavé de tous les reproches formulés par ses adversaires, y compris Martine Ouellet (à droite).
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Alexandre Cloutier, à gauche sur la photo, s’est lavé de tous les reproches formulés par ses adversaires, y compris Martine Ouellet (à droite).

La tension a monté d’un cran entre les quatre candidats à la direction du Parti québécois (PQ) mercredi à Gatineau. Paul St-Pierre Plamondon, Jean-François Lisée et Martine Ouellet ont tour à tour accusé l’« establishment » de la formation politique — acquis au favori de la course, Alexandre Cloutier — de pratiques déloyales.

Tous trois ont dit trouver « plus difficile d’avoir accès aux militants » dans les régions où les sympathisants du député de Lac-Saint-Jean contrôlent les instances du PQ.

Ils reprochent aussi à M. Cloutier d’avoir torpillé un projet de débat des candidats au Saguenay–Lac-Saint-Jean. « Seul Alexandre refuse d’organiser un débat au Saguenay. […] Les militants du Saguenay aiment beaucoup Alexandre, ils ont raison. Mais il n’est pas propriétaire des militants du Saguenay », a laissé tomber M. Lisée avant le coup d’envoi du caucus. « Ce n’est pas la bonne façon de faire la démocratie. […] Moi, j’aime une façon de faire de la politique qui est ouverte, qui est loyale, qui est transparente », a-t-il ajouté.

M. Cloutier s’est par la suite présenté devant les caméras suivi d’un bataillon d’élus. Il s’est lavé de tous les reproches formulés par ses adversaires. Il a répété qu’il doit affronter les mêmes obstacles qu’eux sur le terrain et qu’il participera à tous les débats organisés par l’état-major du PQ. « Je n’ai pas d’avantage [indu], a-t-il martelé. Ce que je dis à M. Lisée, c’est “ bienvenue dans la course !” »

Le président du PQ, Raymond Archambault, a refusé mercredi d’enjoindre aux associations de circonscriptions et de régions de relayer à leurs membres les invitations de tous les candidats à la chefferie. « Les règles s’appliquent. Il n’y a pas de règles à ce sujet-là », a-t-il fait valoir. « Je demande à chacune de nos organisations, même des organisations qui militent en faveur d’un candidat, de faire preuve de courtoisie avec tout le monde », a-t-il toutefois ajouté.

Le président de l’association péquiste du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Sabin Gaudreault, a rappelé que les exécutifs régionaux « ne mobilisent pas à [la] place » des différentes équipes de campagne. Dans un entretien téléphonique avec Le Devoir, il confie avoir été « piqué » par M. Lisée. L’élu montréalais s’était désolé auprès de lui de la faible participation des militants à l’un de ses événements de campagne plus tôt cet été à Alma. Sept personnes s’étaient présentées. « J’avais pourtant envoyé l’invitation à nos membres sur Internet, [soit] entre 3500 et 4000 personnes. Je lui ai montré le message sur mon iPhone. »

D’autre part, M. Gaudreault a précisé qu’il avait été forcé d’annuler le débat régional puisque Martine Ouellet et Véronique Hivon « n’avaient pas donné signe de vie » avant la date butoir, soit le 18 août dernier. « M. Cloutier avait répondu qu’il avait un engagement à la Ville de Laval. […] On a tout annulé ça », a-t-il fait remarquer. Il s’est dit « un peu déçu » de la tournure des événements.

Candidats aux abois ?

Alexandre Cloutier a accusé ses adversaires de vouloir fixer de « nouvelles règles » afin de se redonner une chance de remporter la course à la direction du PQ. Le désespoir s’est emparé d’eux. « Ils sentent qu’ils sont en train de perdre la course et ils essaient d’inventer de nouvelles règles. »

La députée de Vachon, Martine Ouellet, a pouffé de rire. « J’ai clairement une avance, et je le sens, a-t-elle lancé en après-midi. Je pense qu’il [M. Cloutier] sent ma montée. »

Une petite guerre de chiffres s’est ensuivie. L’ex-député Bernard Drainville s’en est mêlé. Sur les ondes de Cogeco et de LCN, il a brandi les résultats d’un pointage effectué il y a un moment par l’équipe de Véronique Hivon qui, a-t-il soutenu, mettent Alexandre Cloutier et Jean-François Lisée sur un même pied d’égalité.

L’équipe Cloutier a rapidement dit n’accorder « aucune, aucune crédibilité » à ce coup de sonde mystérieux. M. Cloutier dispose d’une longueur d’avance importante sur les autres candidats, a-t-elle ajouté. L’entourage de Mme Hivon a dit, lui, n’avoir jamais eu en main de tels chiffres.

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8 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 1 septembre 2016 08 h 19

    Monsieur Cloutier ne dispose pas d'une longueur d'avance sur ses adversaire. Mossieur Cloutier stagne plutôt.

    Ses adversaires grugent l'avance indéniable que monsieur Cloutier avait lors du lancement de la campagne...

    J'appuyais madame Hivon. Je ne vais pas voter pour monsieur Cloutier, mais plutôt pour monsieur Lisée.

    Celui qui va battre l'horrible Philippe Couillard qu'il faut défaire de toute urgence...

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 1 septembre 2016 10 h 58

      Encore une fois, le PQ étale publiquement ses chicanes intestines.

      Ma réaction à ça : ahlalalala! Patencore!?!

      Et vous tous et toutes qui lisez cet article ?

  • Jean Lapointe - Abonné 1 septembre 2016 08 h 35

    Je suis inquiet

    Il faut battre le Parti libéral lors des prochaines élections. C'est absolument nécessaire, vital même pour nous Québécois.

    Il est donc essentiel que tous les souverainistes et surtout les membres du Parti québécois serrent les coudes et évitent de s'affronter. Il faut montrer que nous voulons être unis malgré les divergences d'opinions inévitables sur certains sujets

    Comme chef nous devrons choisir la personne qui nous apparaît comme celui ou celle qui a le plus de chances de bien diriger le parti vers l'indépendance et de bien diriger le Québec même si nous ne partageons pas toutes ses idées.

    Les chicanes sont nuisibles. Il faut à tout prix les éviter s'il-vous-plaît.

    Il faut éviter aussi je pense les excès de partisanerie. Elles sont inutiles et nuient à l'image que nous devons présenter.

    Je suis membre du parti et j'entends le rester mais je suis inquiet.

    J'espère que nous allons tous garder la tête froide.

  • Nicole Delisle - Abonné 1 septembre 2016 09 h 06

    Attitude très révélatrice!

    M. Cloutier se croit au-dessus de la mêlée et fait la leçon aux autres. Si j'étais membre et que j'avais droit de vote, ce serait suffisant pour moi pour ne pas voter pour lui. C'est le genre d'attitude chez un politicien qui me fait peur et qui ferait en sorte de ne pas lui donner mon vote. Avec les membres de l'établishment derrière lui,
    il lui semble facile de réagir de la sorte, mais pour l'ensemble de la population c'est
    un signe révélateur qu'il n'est pas le candidat qui serait un favori lors d'une élection
    générale. Personne finalement tres décevante! Je souhaite la meilleure des chances
    aux autres candidats qui jouent franc jeu et qui sont en fait à contre-courant des
    grands manitous du parti. On devrait rappeler à tout ce beau monde que pour les citoyens électeurs, plus que jamais, l'honneteté, la franchise et la transparence sont des qualités maîtresses pour espérer gagner une élection. Nous en avons assez des
    fourberies et mensonges du parti présentement au pouvoir!

  • Hélèyne D'Aigle - Abonnée 1 septembre 2016 09 h 17

    " Je me souviens "


    ... que Chloé Ste Marie a dit et écrit :

    " Pour moi, l'avenir du Québec passe par les Premières Nations . "

    Pour moi, aussi !

  • Jean Breton - Abonné 1 septembre 2016 10 h 20

    Attention au mirage

    Les cadres du PQ se sont rangés majoritairement derrière la canditature de Cloutier. Un politicien jeune, élégant, s'exprimant avec prudence. C'est sûrement dans le but de se donner l'équivalent de Justin Trudeau et ainsi séduire l'électorat.

    A mon avis, c'est là une illusion. Alors qu'il était ministre des Affaires intergouvernementales, il n'a pas fait avancer ses dossiers. Par rapport à la question de l'indépendance, c'est le brouillard. Un sujet tabou. A quoi sert-il d'être compétent, bardé de diplômes, si on on souffre de mollesse et de procrastination...

    Si Cloutier est élu, on assistera à un « remake » (une reprise) de ce qui s'est produit avec le prédécesseur de Pauline Marois. On aura adoubé un BOISCLAIR II avec la déroute électorale qui s'ensuivra..

    Jean Breton