Jacques Daoust était au courant

Jacques Daoust
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Jacques Daoust

En commission parlementaire, Pierre Ouellet, le chef de cabinet de Jacques Daoust alors qu’il était ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations, a fait passer son ancien patron pour un fieffé menteur, affirmant qu’il a discuté avec lui de la vente des actions de Rona par Investissement Québec le jour même où le conseil d’administration prenait la décision de céder ce bloc d’actions.

Mais Pierre Ouellet, qui souhaitait donner sa version des faits — il a été assermenté — et qui était aussi en service commandé pour le cabinet du premier ministre, a révélé que Jacques Daoust n’était pas d’accord avec la transaction. Cela n’a pas empêché le chef de cabinet d’envoyer par courriel un simple OK à Investissement Québec, qui le talonnait depuis une semaine pour obtenir l’avis du ministre.

« J’ai eu deux échanges avec le ministre, qui [n’ont] pas été très élaborés. Lui, il connaissait bien le dossier, contrairement à moi », a-t-il relaté devant la Commission de l’économie et du travail (CET). La première fois, c’est le 17 novembre 2014, le jour même où le conseil d’administration d’IQ adopte une résolution de vendre ses actions de Rona, d’une valeur de 156 millions, « sous réserve d’une consultation avec le ministre ». Ce même jour, après la réunion du C. A., le ministre a rencontré les administrateurs pour leur exposer son plan stratégique pour la société d’État. Jacques Daoust a demandé à son chef de cabinet de vérifier si une autorisation du ministre ou du Conseil des ministres était nécessaire pour qu’IQ puisse procéder à cette vente. La réponse du vice-président des affaires juridiques d’IQ est venue le 21 novembre : la société d’État peut disposer de ses actions sans autorisation gouvernementale parce qu’elles avaient été achetées à même ses fonds propres plutôt que par le gouvernement par l’entremise du Fonds de développement économique (FDE).

La deuxième fois, c’est le 26 novembre, tout juste avant que Pierre Ouellet donne le OK du ministre aux dirigeants d’IQ. L’ex-directeur de cabinet a affirmé que le ministre lui a dit : « C’était leur responsabilité, ils vivront avec les conséquences. » Et Pierre Ouellet a ajouté : « Parce qu’il n’était pas favorable à cette décision-là. »

Depuis le mois de juin dernier, à la suite d’un rapport sur IQ de la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, qui a comparu aussi, Jacques Daoust soutient qu’il n’avait pas été informé de l’intention de la société d’État de vendre ses actions Rona et qu’il n’avait pas donné son autorisation à ce sujet parce qu’il n’avait pas à le faire. C’est ce qu’il a réitéré dans sa déclaration lors de sa démission vendredi de la semaine dernière.

Pierre Ouellet a indiqué que jamais, au moment où IQ cherchait à obtenir l’avis du ministre, il n’avait informé le chef de cabinet du premier ministre, Jean-Louis Dufresne, ou son personnel des intentions de la société d’État. Il ne lui a parlé de ce sujet que le 3 juin 2016 pour lui expliquer que Jacques Daoust était au courant des intentions du conseil d’IQ.

IQ voulait l’aval du ministre

Chez IQ, bien que, légalement, son conseil n’en avait aucune obligation légale, on jugeait important d’obtenir l’avis du ministre. « Vendre la totalité des actions, c’est un changement de cap », a indiqué Yves Lafrance, p.-d.g. par intérim d’IQ au moment de la décision. Quand la direction de la société d’État reçoit le courriel de Pierre Ouellet, « nous, on considère qu’on a eu une réponse » du ministre, a dit Yves Lafrance.

Deux anciens dirigeants d’IQ, Mario Albert et Jean-Claude Scraire, respectivement p.-d.g. et président du conseil d’IQ de juillet 2013 au printemps 2014, ont fait valoir que, pour une transaction de cette importance, il était souhaitable d’obtenir l’opinion du gouvernement. En vertu de l’article 4 de la Loi sur IQ, la société d’État doit se conformer à la politique économique du gouvernement. Rappelons que l’achat d’un bloc d’actions de Rona était une commande du gouvernement Charest, confirmée par un décret du Conseil des ministres à l’été 2012, pour contrer une offre publique d’achat (OPA) lancée par l’américaine Lowe’s. En acquérant un peu moins de 10 % des actions de Rona, IQ formait avec la Caisse de dépôt et placement du Québec, le Fonds de solidarité (FTQ) du Québec et les détaillants une minorité de blocage.

Deux ans plus tard, le conseil d’IQ considérait que le danger était passé et que l’investissement, sujet à des fluctuations boursières, était un risque qu’elle ne voulait plus assumer. En 2013, la seule baisse du titre avait retranché 40 % du bénéfice d’IQ, soit 20 millions.

L’opposition outrée

Les libéraux membres de la Commission sont sortis satisfaits de l’audition, jugeant qu’il était inutile d’entendre Jacques Daoust ou Jean-Louis Dufresne, comme le réclament les partis d’opposition. « On constate qu’il y a deux versions, a dit Saul Polo. M. Daoust a eu l’occasion à onze reprises de s’exprimer sur le sujet. » Le vice-président de la Commission, Robert Poëti, est du même avis. « On a son chef de cabinet qui vient nous dire le contraire. […] C’est décevant. […] Mais la vérité va toujours gagner. »

Les partis d’opposition étaient outrés. Selon eux, ils ont obtenu la preuve que Jacques Daoust a menti pendant des mois. « Il a donné son accord en disant : je ne me mêle pas de ça », s’est indigné le député péquiste Alain Therrien. Il est aussi « inconcevable », à ses yeux, que le chef de cabinet du premier ministre n’ait pas été au courant d’une si importante transaction.

François Bonnardel, de la Coalition avenir Québec, a réclamé la démission de Jean-Louis Dufresne, qui, bien qu’informé que Jacques Daoust mentait, l’a protégé pendant des mois.

Amir Khadir, de Québec solidaire, ne croit pas du tout que le cabinet du premier ministre n’était pas au courant. « On nous demande d’accepter des explications abracadabrantes […] parce que M. Couillard refuse de prendre la responsabilité, quelque chose qui est clair, qui est compatible avec son orientation : c’est un gouvernement du laisser-faire. »

46 commentaires
  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 26 août 2016 04 h 48

    Chez les liberaux du Québec

    il y a-il un trophée pour le plus menteur ou encore pour le protéger ? Je crois connaitre le récipiendaire de ce trophée.Et vous?

  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 26 août 2016 05 h 01

    Des fieffés menteurs

    Les libéraux sont une organisation de corrupteurs. Ils sont de cette génération pour laquelle uniquement l'argent compte.
    Des corrompus des collusionneurs et des menteurs, les spécificités intrinsèques libérales et preuve faite avec la commission Charbonneau. Même Mme Charbonneau nommé juge par les libéraux via le subterfuge démontré avec la commission Bastarache, n'a pu camouflé leurs élections antidémocratiques, clé en main.
    Il nous fallait faire la preuve et voilà, depuis Alexandre Taschereau et sa famille, démonstration faite par la commission Duplessis, Robert Bob Bourassa et sa belle famille de Sorel et leurs bateaux, Charette, son ami Bibeau et leurs menteries, Couillard et son ami Porter et tous les anciens politiciens sur les conseils d'administration de grosses compagnies (Daniel Johnson et la cie Bombardier) maintenant le ministre Daoust, menteur, la nouvelle transparence de Couillard, quelle famille.
    Souvenons nous de Mme Normandeau vice-première ministre ( accusée par l'UPAC, il n'y a pas de fumée sans feu) qui disait j'ai tout appris de M. Charette en politique. Dans quelle merde il l'a foutu?

    Et dire que l'on a voté pour ça! Et la jeunesse libérale qui suit ces traces, où allons-nous comme société ?

    • Michel Thériault - Abonné 26 août 2016 08 h 30

      Loin de moi l'idée de vous démoraliser encore plus mais j'affirme que le Liberal Party of Qwebec sera réélu haut la main aux prochaines élections, s'auto-proclamant (encore une fois) les spécialistes de l'économie.

      Et si on voyait ça sous un autre angle : et si la faute revenait plutôt "entièrement" aux gens qui les réélisent ?

      Le jour où nous deviendrons un peuple (ce que je doute de plus en plus), nous les chasseront du pouvoir. D'ici là, on dort au gazzzzzzz...

  • Christian Montmarquette - Abonné 26 août 2016 05 h 55

    Jacques Daoust est un menteur

    Jacques Daoust est un menteur.

    J'espère que les péquistes seront contents de me l'entendre dire.

    Aussi menteur que Pauline Marois par exemple, qui s'était engagée à abolir la taxe-santé et la hausse des frais de scolarité et qui ne l'a pas fait.

    Christian Montmarquette

    Référence :

    « Le PQ fait marche arrière sur la taxe santé » - Le Devoir :

    http://www.ledevoir.com/politique/quebec/361054/ma

    .

    • Jean-François Trottier - Abonné 26 août 2016 08 h 20

      . Monmarquette,

      Dans votre souci de rectitude si parfaite, si intransigeante, utopiste et partisane, vous oubliez quelque détails à peine plus gros qu'une baleine au milieu de la baignoire, dont la duplicité plus que tordue des derniers gouvernements libéraux.

      Au passage, et puisque vous aimez bien couper les cheveux dans le sens de la longueur, lorsque vous écrivez ben... personne n'entend. Gardons notre belle rigueur, hé!
      Nous savions tous déjà que Daoust est un menteur, bin quin! Moins que Couillard mais plus que, disons, n'importe quel vendeur de "char usagé".
      En 2012, le gouvernement du PQ était minoritaire et se retrouvait devant deux partis très à droite devant lui : une gêne importante qui n'explique pas tout.

      Au cours des 18 mois qui ont précédé l'élection de 2012, il était absolument évident que le PLQ allait perdre le pouvoir. La grogne sourdait de partout. Croyez-vous que Charest l'ignorait ?

      On a vu comment le travail de Marceau ressemblait à un casse-tête irrésoluble. Chaque semaine apportait une nouvelle surprise sous forme de chausse-trappe et provoquait des rires particulièrement épais de la part des Libéraux. On aurait dit un enfant tourmenté par les gros bras d'une école primaire.

      En même temps, et sans le moindre doute suite à une commande venant du patron (faut pas être naïf, M. Montmarquette), des dossiers sur l'application de la loi 101 tombaient. Des enquêtes menées au cours de l'été, juste avant la campagne, ont ressorti comment cette loi honnie pouvait brimer les gens sur des sujets "si imbéciles"... Le Pastagate, quoi, tout comme les budgets sectoriels "spaghettisés".

      Soyons clairs, je n'ai que rarement approuvé Mme Marois, pour de multiples raisons dont ses actions économiques il y a longtemps, et je n'ai jamais voulu d'elle comme chef du PQ.
      Mais voilà, le tour de manège auquel nous avons assisté il y a 4 ans est un contre-exemple total, un immense piège où l'on voit la signature libérale partout. Du poison.

    • Jean-François Trottier - Abonné 26 août 2016 08 h 27

      D'autre part, M. Montmarquette,

      Cette petite vacherie auprès des péquistes, c'est le nom, atteint tout le monde et pas seulement eux, parce que semble-t-il vous prenez les lecteurs pour des imbéciles.

      C'est au point que je me sens obligé de vous répondre sur un sujet qui ressemble à... comment dire ? Une adolescente qui reproche à sa voisine d'avoir des épinards entre les dents. Bataille de popularité ?

      Vous ne réussissez qu'à prouver comment vous êtes obnubilé par vos propres idées.

    • André Bellemare - Abonné 26 août 2016 08 h 49

      J'aimerais savoir, M. Montmarquette, d'où vous vient cette haine viscérale envers le Parti québécois, en particulier Mme Marois. Presque à chaque fois que vous vilipendez le gouvernement Couillard, vous ne pouvez vous empêcher de décocher une flèche acérée à l'endroit du PQ. Vous avez le droit de ne pas aimer un parti politique, le PQ ou tout autre, bien sûr, mais pourquoi le PQ à ce point ?

    • Serge Morin - Inscrit 26 août 2016 08 h 55

      On se lève tôt pour pratiquer son sport favori.
      Il serait intéressant de voir notre sportif atteindre les sommets du pouvoir.
      Bonne journée

    • Bernard Dupuis - Abonné 26 août 2016 10 h 18

      Voici un bel exemple de fausse comparaison. En deux ans de carrière politique, combien de fois M. Daoust a-t-il menti ? Combien d'engagements politiques Mme Marois n'a-t-elle pas respectés en 30 ans de carrière?

      Quand vous aurez réalisé le dixième du travail que Mme Marois a accompli pour les Québécois et les Québécoises, vous mériterez alors autant de crédibilité et d'admiration que l'on peut donner à Mme Marois.

      Quant à M. Daoust, vous pourriez bien être le seul à le comparer naïvement à Mme Marois.

    • Christian Montmarquette - Abonné 26 août 2016 11 h 21

      À Bernard Dupuis,

      1) On est menteur ou on ne l'est pas, comme on est honnête ou on ne l'est pas.

      Et à ce titre je vous rappellerai que non seulement l'attaché de presse de Pauline Marois, Ernest Murray, qui l'a éclaboussées dans son témoignage pour des dizaines de milliers de dollars illégaux venant de la firme Roche, fait lui-même face à des accusations de complot et d'abus de confiance s'est fait embarqué par l'UPAC. Mais que le Directeur général des élections du Québec a coincé le PQ pour plus de 2 millions de fraudes électorales.

      2 ) Je ne suis pas chef de parti politique, ni ministre, ni député, et encore moins premier ministre, et je n'ai pas à y être comparé; c'est un argument complètement déconnecté.

      3 ) Marois n'a pas menti que sur la taxe santé et les frais de scolarité; deux éléments pourtant majeurs de son programme. Elle a aussi menti sur sa prétendue lutte à la pauvreté, alors qu'elle coupé plus de 4000 chèques à l'aide sociale et le retrait de la loi 78, alors qu'elle a laissé en place le règlement P-6 qui avait exactement les mêmes conséquences: une totale hypocrisie.

      Quant à ses réalisations...

      Ajoutons le retrait de 1500 médecins, 4000 infirmières et 1800 infirmières auxiliaires qui ont laissé notre système de santé en lambeaux en plus de dérouler le tapis rouge à sa privatisation.

      - Doit-on ajouter à ce triste bilan ses coupures odieuses dans le transport adapté pour les personnes handicapées; ses hausses records d'Hydro-Québec; le contrat d'exploitation des gaz de schistes à Anticosti; les 50 millions pour la construction d'une centrale électrique à Val-Jabert sur un patrimoine naturel historique et touristique et son 800 millions aux multinationales minières étrangères pour financer le Plan Nord de Jean Charest?

      J'arrête ici et je ne mets qu'une seule référence, car la liste est trop longue.

      Christian Montmarquette

      Référence :

      "Val-Jalbert - Un projet absurde "- Le Devoir 20/02/ 2013

    • Christian Montmarquette - Abonné 26 août 2016 12 h 43

      À André Bellemare,

      " J'aimerais savoir, M. Montmarquette, d'où vous vient cette haine viscérale envers le Parti québécois (...) Vous avez le droit de ne pas aimer un parti politique, le PQ ou tout autre, bien sûr, mais pourquoi le PQ à ce point ? " - André Bellemare

      - Haine..?

      - Voilà le mot parfait pour me traiter indirectement de "haineux" et tenter de me stigmatiser.

      - Et d'abord? - Qui êtes-vous donc pour savoir ce qui se passe dans mes propres viscères? Psychanaliste? - Donnez donc votre opinion et pas la mienne.

      Je ne "hais" pas..

      Je "critique" : Une sacrée différence!

      Et si je critique autant le PQ, je répèterai une fois de plus pour ceux et celles qui n'ont pas encore compris depuis les années que je le répète à ceux et celles qui me reproche de me répéter..

      Qu'il y doit bien y avoir 90% des abonnés.es du Devoir qui s'en charge alors que non seulement le Parti québécois est aussi néolibéral et de droite que le Parti québécois, mais que cette critique du PQ est essentielle pour y voir clair dans la politique au Québec, puisqu'il ne nous avancera à rien de remplacer éternellement les néolibéraux rouges du Parti libéral par les néolibéraux bleus du Parti québécois.

      - CQFD

    • Christian Montmarquette - Abonné 26 août 2016 13 h 46

      À André Bellemare,

      "J'aimerais savoir, M. Montmarquette, d'où vous vient cette haine viscérale envers le Parti québécois.."- André Bellemare

      À mon tour de vous retourner la question M. Bellemare...

      D'où vient la haine que les péquistes entretiennent à l'égard de Québec Solidaire qu'il traitent depuis plus de 10 ans de:

      "Gogauche; de goulag; de bolchéviques; de radicaux; d'extrémistes; d'irréalistes; de rêveurs; de groupuscule; de Mère Theresa David; de Québec SoliTaire; de communistes; de stalinistes; de soviets; d'islamo-gauchistes; d'anarchistes; de Black Bloc; d'alliés des libéraux" ?

      Et comble des inepties : de fédéralistes.

      Alors que la gauche est souverainiste non seulement depuis sa fondation en 2006, mais depuis ses aubes en 2000 avec la candidature de Paul Cliche dans Mercier, et même, depuis 1996 si l'on inclue la fondation du RAP.

      J'attends votre réponse avec impatience. Car jamais Québec Solidaire n'a entretenue une telle campagne d'insultes et de dénigrements à l'égard du Parti québécois.

      - Cm

    • Nicole Ste-Marie - Abonnée 26 août 2016 18 h 34

      à M. Bellemare,

      Il faut quelques activistes afin que ne s'atténue la division des votes. Et c'est bien comme ça, c'est la démocratie et elle est pleine d'hypocrisie.
      De toute façon souvenons-nous des référendums et rappelons nous que les Québécois souhaitent être administré à l'intérieur de la fédération. Demandez leur pourquoi et il n'ont pas d'explications rationelles.
      Les rocheuses sont belles, le lac Louise est majestueux et le dollar canadien ne vaudra plus que 0.75 cents comme le disait PET et comme le répète Pit. Alors M. Montmarquette joue sa partie, sa game comme disent les Québécois.

    • Marc Tremblay - Abonné 26 août 2016 21 h 12

      M. Montmarquette se vante de dire qu'il reconnait que Daoust a menti.

      Mais il fallait qu'il rajoute son grain de sel anti-péquiste. Incapable de se retenir; peu importe le sujet abordé dans un article, il nous sort son couplet contre le PQ.
      Puis, ce "solitaire", pardon solidaire, triture les faits: le gouvernement a aboli la hausse des frais de scolarité tel que préconisée par le PLQ.

      Quant à la taxe santé, elle n'a pas été abolie mais diminuée en raison de l'état des finances publiques. Puis quel gouvernement, à part celui de René`Lévesque de 76 à 80, a rempli toutes ses promesses?

    • Christian Montmarquette - Abonné 27 août 2016 07 h 14

      À Marc Tremblay ,

      " Les faits: le gouvernement a aboli la hausse des frais de scolarité tel que préconisée par le PLQ. Quant à la taxe santé, elle n'a pas été abolie mais diminuée. " - Marc Tremblay

      Il est fort révélateur de constater à quel point les péquistes ont la conscience élastique et la mémoire courte quand il s'agit de leur parti.

      Pauline Marois s'était clairement engagée à "geler" les frais de scolarité durant sa campagne électorale.

      Or, une fois au pouvoir, elle a trafiqué sa déclaration pour finir par nous dire que "geler" signifiait "indexer".

      Un patinage d'une hypocrise digne de Philippe Couillard qui nous parle de "rigueur" pour ne pas dire austérité!

      Quant à la taxe santé, son engagement a été lui aussi rompu. Puisque contrairement aux éternelles excuses de manque d'argent, non seulement la taxe santé est restée en place, mais que le gouvernement avait parfaitement les moyens de la retirer mais choisi de gaver les banques et les multinationales à raison de 10 milliards par année avec des deniers publics qui devraient servir à financer les services publics et non l'entreprises privée. Le gouvernement disposait donc de tous les deniers nécessaire pour financer non seulement le manque à gagner en santé, mais en Éducation comme l'ensemble des services publics.

      En conclusion (et elle n'est absolument pas déconnectée de l'article principal), c'est qu'ici comme ailleurs, PQ ou PLQ, c'est bonnets blancs, blancs bonnets, et ce, autant dans l'administration publique que dans le mensonge ou la fraude électorale.

      Christian Montmarquette

      Référence :

      " Droits de scolarité - Pauline Marois ne voit pas de contradiction entre gel et indexation" - Le Devoir

      http://www.ledevoir.com/politique/quebec/370550/dr

      .

    • Christian Montmarquette - Abonné 27 août 2016 08 h 07

      Nicole Ste-Marie ,

      " Il faut quelques activistes afin que ne s'atténue la division des votes. Et c'est bien comme ça, c'est la démocratie et elle est pleine d'hypocrisie. " - Nicole Ste-Marie

      D'après ce que je comprends, au PQ ce sont "des militants", mais à gauche ce sont "des activistes" (un anglicisme en passant et sans doute parce que ça sonne plus méchant).

      Et en ce qui concerne ce que vous appelez "la division du vote" apprenez qu'il s'agit dans les faits, de la "distribution des votes" en fonction de tous les partis qui ont précisément démocratiquement parfaitement le droit d'exister autant que le vôtre, qui, non seulement "divise" autant les votes que tous les autres partis, mais encore davantage, puisque le PQ a justement évacué le scrutin proportionnel de son programme en 2011 qui aurait additionné les votes et les députés.es souverainistes avec le scrutin proportionnel revendiqué par QS plutôt que de les soustraire les uns des autres avec le mode de scrutin actuel..

      Alors question de division Mme Ste-Marie, essayer d'ajuster un peu vos lunettes. Car c'est le PQ qui divise depuis son rejet de la proportionnelle et non Québec Solidaire.


      Christian Montmarquette

    • Bernard Dupuis - Abonné 27 août 2016 10 h 16

      Le débat ci-dessus, illustre les dérapages que permettent les nouvelles technologies de l’internet. Nous assistons à un détournement complet de la question. En effet, il n’est plus question du mensonge de M. Daoust, mais d’un procès, sous le mode totalitaire, fait à Mme Marois. On occupe tout l’espace graphique par le procès fait à Mme Marois. On accumule un nombre incalculable d’accusations de telle sorte qu’il est souvent difficile d’en vérifier le fondement. Enfin, le procès est fait en l’absence de l’accusée elle-même dont il est évidemment impossible d’avoir l'indispensable version des faits.

      On pourrait objecter qu’il n’y a pas que sur internet où l’on peut procéder à ce genre de sophismes. C’est bien vrai, mais cela apparaît beaucoup plus facile et donc plus fréquent sur internet.

    • Christian Montmarquette - Abonné 27 août 2016 10 h 43

      À Bernard Dupuis,

      " Le procès est fait en l’absence de l’accusée elle-même dont il est évidemment impossible d’avoir l'indispensable version des faits." - Bernard Dupuis

      Un procès?

      - J'espère que vous rigolez!

      De plus toutes les informations que je donne, sont non seulement disponibles sur le Web dans les journaux et sur la place publique (quand ce n'est pas carrément sur votre propre déclaration d'impôt). Mais plus souvent qu'autrement ont déjà été publiées au Devoir!

      D'ailleurs, rien n'empêche Pauline Marois ou quiconque d'autre de venir rectifier les faits sur cette tribune si je dis faux.

      Mais comme le disent les proverbes, les faits ont la vie dure, et la vérité traverse le feu mais ne brûle pas.

      Pour le reste, je ne détourne ni ne monopolise rien du tout. Puisqu'il est question du mensonge en politique et que tous les abonnés.es du Devoir sont libre d'émettre les commentaires et réactions qu'ils veulent.

      Et merci de votre commentaire M. Dupuis.

      Car contrairement à certains autres, ça ne m'indigne pas que les gens partagent leurs idées et leur opinions.

      Ça me procure au contraire, de nouvelles occasions de m'exprimer.

      Christian Montmarquette

      .

  • Marc Lacroix - Abonné 26 août 2016 06 h 01

    Les squelettes dans le placard !

    Selon les membres libéraux de la commission parlementaire:

    "il était inutile d’entendre Jacques Daoust ou Jean-Louis Dufresne..."

    Il faut — avoir peur — pour faire une telle affirmation, car personne ne peut croire à l'inutilité de l'audition de ces témoins potentiels. Un ex-ministre vient de se faire prendre à mentir effrontément à la population et aux parlementaires, et savoir si le cabinet du PM était au courant de la transaction serait inutile !?! Personne de sensé ne peut croire en la véracité de cette prise de position. Ce refus représente plutôt un motif raisonnable de croire que le premier ministre et son bureau a été mis au courant de la transaction, mais on ne veut pas le faire savoir, par peur des conséquences.

    Encore une fois, le PLQ se montre sous un jour peu flatteur, mettant l'accent sur — son côté partisan et dissimulateur —, ce qui ouvre la porte à des suppositions de tous genres. De tels épisodes ne sont pas de nature à favoriser un retour de la confiance envers les politiciens; désolant!

    • Denis Marseille - Inscrit 26 août 2016 06 h 52

      J'aime bien votre commentaire. Surtout la partie où vous dîtes qu'ils se montrent sous un jour peu flatteur. Personneleement, j'aurais employé un autre terme encore moins flatteur... Ça ne fait qu'augmenter le cynisme envers une classe politique qui pleure la mort d'une députée qui s'est ruinée la santé pour la chose publique et qui, pendant ce temps, continue ses magouilles comme si cela faisait parti de la «game».

      Je vous souhaite une belle journée M. Lacroix. Il ne faut pas désespérer car un jour, peut-être, ces entorses à la démocratie feront en sorte qu'on montrera la porte à ce parti de mécréants comme aime si bien le dire certains gens.

  • Claude Bariteau - Abonné 26 août 2016 06 h 14

    Qu'a dit monsieur Ouellet ?

    Quatre choses selon monsieur Dutrisac :

    1) Daoust a eu deux échanges non élaborées (ce qui laisse entendre qu'elles furent courtes et verbales) avec le ministre;
    2) au cours du premier (17-11-14), le jour où le c.a. d'IQ adopte une résolution sous réserve de vente de ses actions dans RONA, Daoust, qui explique son plan pour la société d'État, lui demande de vérifier « si une autorisation du ministre ou du Conseil des ministres était nécessaire pour qu’IQ puisse procéder à cette vente »;
    3) Ouellet apprend, le 21-11-14, que la société d’État peut disposer de ses actions sans autorisation gouvernementale puisqu'elles furent achetées à même ses fonds propres;
    4) lors du deuxième (26-11-14), avant le OK de Ouellet, Daoust lui dit : a) ne pas être favorable à cette décision, b) qu'elle appartient à l'IQ et c) que ses dirigeants devront vivre avec;
    5) jamais Ouellet n’a informé « le chef de cabinet du premier ministre, Jean-Louis Dufresne, ou son personnel des intentions de la société d’État »

    Que retenir ?

    Que le chef de cabinet dit en avoir parlé au ministre Daoust, ce qui est impossible de vérifier et que Daoust n'était pas favorable à cette vente.

    Conséquemment, le point important n'est pas que Daoust ait menti, ce qu'aucun document atteste, mais que Ouellet a écrit OK sachant que Daoust n'est pas favorable à cette vente. Ce dernier point est important parce qu'un document et un contexte révèlent que Ouellet n'a pas transmis l'opinion du ministre à l'IQ.

    Alors, qu'est-ce qui l'incite à écrire OK plutôt que de transmettre à l'IQ les propos de Daoust ? Ce point doit être éclairci.

    Il y en a un autre, incontournable, qui est de savoir quels furent les acheteurs des actions vendues avant l'achat de la firme acheteuse, car les acheteurs ont pu réaliser des gains substantiels grâce à la vente après le OK de Ouellet. Étaient-ils des initiés ? Pour le savoir, une enquëte s'impose.

    • Josée Duplessis - Abonnée 26 août 2016 07 h 31

      C'est à peu près mon point de vue. Il y en a qui se sont empli les poches. Qui???
      À l'oeuvre journalistes S.V.P

    • Claude Bariteau - Abonné 26 août 2016 07 h 44

      Précision : au point 1) il faut lire Ouellet plutôt que Daoust.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 août 2016 08 h 08

      Très intéressantes questions.

    • Marc Lacroix - Abonné 26 août 2016 09 h 21

      Je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous, M. Bariteau, car à moins de prétendre que c'est Ouellet qui ment, nous ne pouvons affirmer que Daoust a dit la vérité.

      Par ailleurs, je souligne le fait que le "OK" est une réponse plutôt vague et susceptible d'interprétations multiples. En fait, le "OK" peut vouloir dire:

      "Comme le ministre n'a pas à vous donner la permission d'effectuer votre transaction, procédez comme vous le désirez, nous en sommes informés."

      Ce n'est que si l'ancien ministre s'explique que l'on pourra tirer des conclusions plus solides, et même encore là, il est probable que les explications de Daoust fassent surgir de très intéressantes questions qui pourraient mettre bien des gens dans l'eau chaude!

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 26 août 2016 09 h 52

      "Comme le ministre n'a pas à vous donner la permission d'effectuer votre transaction, procédez comme vous le désirez, nous en sommes informés."

      Nos vérifications confirment que nous n'avons aucun moyen légal d'empêcher la vente des actions.

      D'autres « vérifications » lui ayant « confirmé » que ses réserves ne trouvaient aucun écho auprès du premier ministre, le OK a bien plus les allures d'une amère reddition, comme en témoignerait le commentaire « ils vivront avec les conséquences ».

      Comme dans un autre commentaire, plus bas : Le PM était au courant dès le début des intentions d'IQ, qu'il approuvait. Il savait que Daoust n'était pas d'accord. Il aurait dû lui enjoindre de se solidariser et assumer ouvertement la défense du choix politique qui fut fait dès 2014 de ne pas intervenir.

      En laissant Daoust mentir tout ce temps sous prétexte que la vente de Rona, qui devait suivre, était parfaitement consensuelle et que les gens continuaient d'y magasiner, le PM n'a fait, bien inutilement, qu'ajouter un mensonge aux bouderies de Daoust.

      Inutilement, parce que quoi qu'on en pense d'un point de vue stratégique, rien dans le déroulement de cet épisode ne laisse supposer que des acteurs occultes aient manigancé en coulisses pour des motifs inavouables. Contrairement à la fâcheuse impression que la négligence du PM a créée.

      Et qui fait la joie non seulement des oppositions, mais d'un ex-ministre savourant sa vengeance.

    • Claude Bariteau - Abonné 26 août 2016 10 h 03

      Monsieur Lacroix,

      la réponse OK est en lien avec la question posée, à savoir si le ministre Daoust est d'accord avec la vente des actions d'IQ de Rona. Selon les informations transmises à date par monsiuer Ouellet, il n'y a pas eu une question du genre de celle qui aurait impliqué qu'un OK concernait autre chose, notamment ce que vous supposez.

      Sur celui qui ment (ou ne ment pas), je dis seulement qu'il n'y a pas de témoin ni de notes pour le prouver.

      Par ailleurs, j'avance que ce qui importe est le motif qui a incité monsieur Ouellet à écrire OK, qui est une position contraire à celle de monsieur Daoust aux dires de monsieur Ouellet.

    • Marc Lacroix - Abonné 26 août 2016 11 h 45

      Je suis d'accord avec vous, M. Maltais Desjardins, personne ne peut affirmer qu'il y a eu des malversations dans le dossier, toutefois — nous ne le savons pas — malgré la tournure douteuse que prend l'histoire avec un PLQ qui veut mettre le couvercle sur la marmite et se contenter d'une vérité très parcellaire.

      Le PLQ amène de l'eau au moulin de ceux qui prétendent que les politiciens sont des gens dont les seuls intérêts sont leur carrière, l'amour de l'argent ou du pouvoir..., bref, rien d'honorable.

    • David Cormier - Abonné 26 août 2016 12 h 39

      Je trouve que vous soulevez d'excellentes questions et je trouve que les journalistes ne creusent pas assez loin dans cette histoire...

    • Marc Lacroix - Abonné 26 août 2016 12 h 48

      M. Bariteau, il me semble que nous manquons d'éléments probants pour tirer quelque jugement que ce soit autre chose que de dire que les libéraux veulent enterrer le dossier. Quelles ont été les instructions au chef de cabinet Ouellet, et quelles furent les raisons évoquées pour les justifier, seul M. Daoust peut répondre dans le détail. Avait-il reçu des instructions du bureau du PM ? Le dossier est véritablement trop mince pour que nous sachions ce qui s'est véritablement passé et ça, c'est de prendre la population pour "des valises". Les libéraux se foutent de la vente des actifs québécois, ou avaient-ils des intentions encore plus douteuses..., nous ne savons rien!

    • Claude Bariteau - Abonné 26 août 2016 14 h 14

      Monsieur Lacoix, je vous fais remarquer a) que je ne fais aucun jugement, mon commentaire faisant seulement des constats (aucune preuve pour qualifier quelqu'un de menteur et le OK de monsieur Ouellet alors qu'il confirme que monsieur Daoust n'était pas favorable à la vente des actions de RONA détenues par IQ) et b) que je pose deux questions : 1) sur quel base monsieur Ouellet a écrit OK à la question posée par l'IQ et 2) les acheteurs étaient-ils été des initiés.

      Il revient à monsieur Ouellet de répondre à la première question, car il est le seul à connaître pourquoi il a écrit OK. Quant à la deuxième, si elle demeure sans réponse de la part des personnes impliquées dans cette vente, seule une analyse minutieuse de la vente pourra le faire.

      Pour moi, avant d'inventer des scénarios, il importe de revenir aux faits, qui sont les suivants : a) il y eut accord donné par monsieur Ouellet à l'IQ pour vendre alors que monsieur Daoust n'était pas d'accord et b) des acheteurs de ces actions, à date inconnus, ont pu tiré avantage de l'achat de RONA par Lowe's.

      Ces faits connus, comme citoyen je comprendrai mieux ce qui s'est passé. Ce sera aussi le cas des citoyens et des citoyennes du Québec. Actuellement, ces informations sont absentes de telle sorte que l'imaginaire bat la mesure alors que le texte de monsieur Dutrisac incite à pousser plus à fond l'analyse.