L’opposition veut obtenir des réponses

Le premier ministre Couillard et son nouveau ministre des Transports, Laurent Lessard
Photo: Clément Allard La Presse canadienne Le premier ministre Couillard et son nouveau ministre des Transports, Laurent Lessard

Les partis d’opposition à Québec n’en démordent pas : malgré la démission du ministre des Transports, Jacques Daoust, et son remplacement, samedi, par Laurent Lessard, une commission parlementaire demeure « essentielle » afin de faire toute la lumière sur la vente de Rona à des intérêts américains.

Contraint samedi de procéder à un quatrième remaniement ministériel depuis le début de l’année, le premier ministre Philippe Couillard a choisi Laurent Lessard pour succéder à Jacques Daoust à titre de ministre des Transports. C’est Luc Blanchette, le ministre délégué aux Mines, qui hérite des anciennes responsabilités de M. Lessard (Forêt, Faunes et Parcs), tandis que le ministre de l’Énergie, Pierre Arcand, reprend le dossier minier.

Vendredi, M. Daoust quittait la vie politique dans la foulée de révélations concernant la vente du quincaillier. L’ex-chef de cabinet du ministre Daoust, Pierre Ouellet, avait autorisé par un « OK » envoyé par courriel la vente de 11 millions d’actions de Rona au géant Lowe’s par Investissement Québec (IQ), ce qui contredit la version de M. Daoust, qui avait toujours prétendu ne pas avoir été mis au courant et ne pas avoir approuvé la transaction.

Trois « témoins-clés »

Pour comprendre ce qui s’est véritablement passé, le Parti québécois, la Coalition avenir Québec et Québec solidaire demandent maintenant que M. Daoust, M. Ouellet et l’ex-président de Rona, Robert Dutton, soient entendus en commission parlementaire. Le leader parlementaire de la CAQ, François Bonnardel, a acheminé dimanche au président de la Commission de l’économie et du travail une lettre demandant que ces « témoins-clés » répondent aux questions des membres de la commission, jeudi, alors qu’elle doit se pencher sur la vente controversée de Rona.

Il ajoute que les Québécois sont en droit de savoir qui a autorisé la liquidation de la participation d’IQ dans l’actionnariat du quincaillier. « Est-ce le cabinet du premier ministre ? Le secrétaire général du gouvernement ? Le cabinet du ministre des Finances ? Contrairement aux prétentions de Philippe Couillard, le dossier est loin d’être clos. Puisqu’il refuse de répondre aux questions, espérons que les libéraux, majoritaires sur la Commission, aient au moins la décence d’accepter qu’on entende », ces trois personnes, a martelé M. Bonnardel.

Les élus de Québec solidaire tiennent aussi à prendre connaissance des explications de M. Ouellet. La députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques, Manon Massé, a lancé que le premier ministre Philippe Couillard lui-même doit s’assurer que Pierre Ouellet sera entendu par la Commission. Ce serait la meilleure façon de connaître « la version finale » de cette saga, a-t-elle estimé en entrevue à La Presse canadienne.

Même son de cloche du côté du PQ, qui déjà vendredi réclamait la comparution de M. Ouellet. En mêlée de presse samedi, le chef intérimaire, Sylvain Gaudreault, a dit vouloir savoir ce qui s’est passé entre le moment où le vice-président principal d’IQ, Jean-Jacques Carrier, a envoyé un courriel à M. Ouellet pour demander l’aval du gouvernement pour la vente d’actions et l’autorisation octroyée par ce dernier. « Un chef de cabinet est redevable devant le bureau du premier ministre, alors forcément, il est allé chercher l’accord du premier ministre », soutient-il.

Philippe Couillard dit ne pas s’opposer à ce que l’ex-chef de cabinet de M. Daoust comparaisse. « Je n’ai pas de problème avec ça », a-t-il affirmé. Ce sont les libéraux, majoritaires à la commission, qui trancheront au cours des prochains jours.

8 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 22 août 2016 07 h 28

    OK

    Quelqu'un, quelque part, en position d'autorité, a dit "OK" : c'est qui?

  • Michel Lebel - Abonné 22 août 2016 09 h 36

    Un fleuron?


    Je ne crois pas que le gouvernement actuel a vu un quelconque ''fleuron'' dans Rona. La vente de celui-ci à quiconque était donc d'ordre secondaire. En suivant cette conclusion, le cabinet du premier ministre ne pouvait s'opposer aux ventes d'actions d'Investissement Québec. Mais le gouvernement oubliait alors une chose, bien importante: la classe médiatico-nationaliste voyait en Rona un ''fleuron''. Tel est le fond de la question. Vis, écrous et tarauds ont de l'importance en politique québécoise...

    Michel Lebel

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 22 août 2016 12 h 14

      Le PLQ est est surement le grand fleuron,mais la population est en droit de connaitre la vérité dans cette histoire.Le temps du mensonge a trop duré.Les vices,magouiles et passe-droit ont de l'importance en politique québecoise.

    • François Dugal - Inscrit 22 août 2016 15 h 33

      "Vis, écrous et tarauds ont de l'importance en politique" quand ce sont des PME québécoises qui les fabriquent et qui trouvent des débouchés pour leurs produits à travers un détaillant qui a des points de vente à travers tout le Canada, monsieur Lebel.

    • Donald Bordeleau - Abonné 22 août 2016 19 h 49

      Un fleuron qui lors de la vente des actions Investissement Québec a perdu près de 140 millions car l'action était à 13$ à l'automne 2014.

      Mais la vente des actions ont été de 23$ à Lowe's.

  • Nicole Delisle - Abonné 22 août 2016 13 h 07

    Nous voulons la vérité, est-ce trop demander M. Couillard?

    Les Québécois ont le droit de savoir car c'est nous qui sommes les contribuables qui
    payons! Les élus ont donc le devoir et la responsabilité de nous dire la vérité! S'ils ne le font pas, ou s'ils font en sorte que cette commission parlementaire déraille et nous
    empêche d'y voir clair et bien nous saurons que notre gouvernement nous ment encore une fois et qu'il agit encore en cachette. Quand le premier ministre évite de répondre aux questions pertinentes ou tente de clore le sujet, c'est qu'il montre son obstination à vouloir maquiller la vérité, ou l'enterrer et à protéger des gens indéfendables. Lui qui se disait apôtre d'un gouvernement transparent à son élection
    manque à son serment, une fois de plus!

    • Pierre Fortin - Abonné 22 août 2016 18 h 44


      « Les Québécois ont le droit de savoir car c'est nous qui sommes les contribuables qui payons! »

      Le grand Canadien Philippe Couillard ne peut pas ignorer ce principe britannique fondamental « No taxation whitout representation ».

      Il a démontré à outrance qu'il sait taxer, mais il ne cesse d'ignorer les doléances des Québécois. Il représe qui, au juste?

  • Daniel Bérubé - Inscrit 23 août 2016 17 h 38

    IL NE FAUT PAS !

    que le bas du monde politique ait raison de nos valeurs et de notre culture !