Lisée appelle à l’union des «progressistes» dans Verdun

«Je tends [la main] pour que nous trouvions les moyens de nous présenter en front uni contre les libéraux», a déclaré dimanche Jean-François Lisée.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir «Je tends [la main] pour que nous trouvions les moyens de nous présenter en front uni contre les libéraux», a déclaré dimanche Jean-François Lisée.

Les forces « progressistes » devraient profiter de l’élection partielle à venir dans Verdun, circonscription laissée vacante à la suite de la démission de Jacques Daoust, pour unir leurs forces, croit le candidat à la direction du Parti québécois (PQ) Jean-François Lisée.

Le député péquiste tend ainsi la main à Québec solidaire, mais aussi « à tous les autres progressistes […] qui veulent chasser les libéraux, un comté à la fois ». « [Le départ de M. Daoust] est une grande opportunité pour la convergence [indépendantiste], a-t-il indiqué en marge de l’annonce de ses propositions en éducation dimanche matin. […] Je tends cette main-là pour que nous trouvions les moyens de nous présenter en front uni contre les libéraux. Pour dire qu’à Verdun, comme ailleurs […], ce gouvernement toxique, nous n’en voulons plus ! »

Comme il s’agit d’une partielle, « l’enjeu ne sera pas référendaire, [mais plutôt] l’incompétence des libéraux », a-t-il ajouté.

Quant à savoir si un « candidat commun » se présenterait sous la bannière péquiste ou solidaire, le député de Rosemont a indiqué qu’il faudrait plutôt « inventer » une nouvelle bannière. « Il faut l’inventer ensemble ! », a-t-il dit.

Alliance prématurée

Alors qu’on lui demandait si une telle alliance pourrait intéresser son parti, le président et co-porte-parole de Québec solidaire, Andrés Fontecilla, a fait savoir qu’il est encore trop tôt pour se prononcer. « Il faudrait d’abord savoir si c’est une proposition formelle du Parti [québécois] ou si c’est juste une idée qui sort comme ça de la tête de Jean-François Lisée », a-t-il précisé en entrevue avec Le Devoir.

Le candidat péquiste Alexandre Cloutier a pour sa part fait savoir que, bien qu’il estime qu’il est fondamental de trouver une voix commune pour unir les forces indépendantistes, il serait prématuré d’envisager une telle alliance pour l’élection partielle de Verdun. « Ce sont des enjeux sérieux qui doivent être soumis aux membres du Parti québécois, mais qui doivent aussi être débattus avec les autres partis indépendantistes », a-t-il dit. Il ajoute que la question sera très certainement débattue lors du prochain congrès du PQ.

Même son de cloche du côté de Québec solidaire, qui n’écarte pas tout à fait l’idée, rappelant que cette possibilité revient régulièrement sur la table. Compte tenu des règlements du parti, pareille proposition devrait d’abord être débattue et votée par les membres des associations locales. M. Fontecilla souligne toutefois que, pour qu’une telle alliance puisse voir le jour, il faudrait que les deux partis arrivent à s’entendre sur leurs valeurs profondes.

Faussement rassembleur

Cette proposition est toutefois loin de faire l’unanimité. « Je trouve cette sortie hallucinante, a lancé le chef d’Option nationale, Sol Zanetti. Jean-François Lisée essaie ici de nous faire croire qu’il est rassembleur, mais, en fait, en proposant de ne présenter qu’un candidat lors d’une partielle, il nous emprisonne dans une logique de gouvernance provinciale. »

M. Zanetti rappelle que des discussions autour de la convergence des forces indépendantistes sont déjà bien enclenchées entre les différents partis concernés, notamment à la table de concertation des OUI Québec (Organisations unies pour l’indépendance). Suspendues le temps de la course à la direction du PQ, elles devraient reprendre dès que celle-ci sera terminée.

La date du déclenchement de l’élection partielle dans Verdun devrait être déterminée au cours des six prochains mois par le premier ministre du Québec. Trois autres élections partielles doivent également avoir lieu dans les mois à venir.

Éducation : de nouvelles propositions sur la table

Jean-François Lisée a présenté dimanche matin ses propositions en éducation. Le député péquiste souhaite, par exemple, lancer un grand chantier « pour faire reculer l’analphabétisme » au Québec et mettre sur pied un comité-conseil pour augmenter le taux de réussite scolaire des garçons. Pour favoriser « l’égalité des chances », le candidat estime qu’il faut « en donner plus à ceux qui ont moins », notamment en investissant davantage dans les écoles des quartiers défavorisés, une proposition qui rejoint l’une de celle faite par le candidat Alexandre Cloutier. Contrairement à son rival, M. Lisée n’a pas présenté de proposition concernant les cycles supérieurs jusqu’à maintenant.

 

8 commentaires
  • Jean Lapointe - Abonné 22 août 2016 07 h 31

    Il faut que ça bouge.

    «Quant à savoir si un « candidat commun » se présenterait sous la bannière péquiste ou solidaire, le député de Rosemont a indiqué qu’il faudrait plutôt « inventer » une nouvelle bannière. « Il faut l’inventer ensemble ! », a-t-il dit.

    Jean-François Lisée semble vouloir profiter de l'occasion pour provoquer des discussions sur le sujet étant donné la gravité de la situation dans laquelle nous sommes actuellement avec les Libéraux et Philippe Couillard au pouvoir.

    On ne peut pas lui en vouloir il me semble.

    il faut que ça bouge.

  • Patrick Boulanger - Abonné 22 août 2016 08 h 49

    Le PQ un parti progressiste? Il va sans dire que c'est discutable.

    N'est-ce pas ce parti qui s'est positionné pour l'oléoduc d'Enbridge et qui a accepté de moduler les frais de scolartité universitaire quand il a pris le pouvoir en 2012?

    • Éric Dubois - Abonné 22 août 2016 09 h 04

      Bien d'accord. Et de sucroit, Jean-François Lisée joue bien trop dangereusement avec les idées identitaires pour se proclamer du progressisme. En fait, ses interventions nous font plus regresser qu'avancer...

    • Raymond Labelle - Abonné 22 août 2016 09 h 53

      Qui a initié à cimenterie de Gaspésie, qui coûte des milliards à l'État pour 250 emplois alors que le Québec a développé une technologie pour faire de l'excellent ciment à partir de verre recyclé. L'une des industries les plus polluantes en général et en GES.

      Qui a initié les forages sur l'île d'Anticosti.

      Qui avait entrouvert la porte à Énergie Est quand il était au pouvoir.

      Qui a dangereusement joué avec les conflits ethniques avec sa Charte.

      Qui n'a pas voulu réintroduire la taxe sur le capital.

      Dont l'ancien chef, Bernard Landry, avait fait une campagne de plusieurs mois pour que le Canada adopte le dollar américain (le PQ n'était pas au pouvoir et Landry n'était pas chef, mais quand même)

      Qui, au pouvoir, s'attaque aux assistés sociaux.

      Qui a sérieusement nui au système de santé au nom du déficit zéro.

      Qui a encouragé la création de méga-porcheries.

      Qui a maintenu les redevances les plus basses pour l'exploitation minière au Canada sous le gouvernement Marois (même net, a juste changé la distribution entre minières), alors que c'est de juridiction exclusivement provinciale.

      Et j'en oublie.

      En effet, il y a du travail à faire.

      Je conviens toutefois que JFL a des propositions intéressantes, et il semble ne pas vouloir faire de mauvais compromis sur les hydrocarbures. Mais il était du conseil des ministres du gouvernement Marois.

    • Lucien Cimon - Inscrit 23 août 2016 13 h 59

      À Raymond Labelle
      Vous oubliez de demander: «Qui a ébranlé les colonnes du temple?»
      On peut porter bien des accusations relatives à la conduite de quelqu'un quand on ne tient pas compte du contexte où elle s'est produite.

  • Colette Pagé - Inscrite 22 août 2016 09 h 52

    Faut bien commencer quelque part !

    Pourquoi ne pas tenter l'expérience dans un comté aveuglément libéral et surtout ne pas attendre que tous les violons soient accordés.

    Car, tout porte à penser que ce momentum n'arrivera jamais !

    • Christian Montmarquette - Abonné 22 août 2016 17 h 47

      " Pourquoi ne pas tenter l'expérience dans un comté aveuglément libéral " - Claude Gélinas

      Parce que c'est un très mauvais message à envoyer à la population que de lui faire croire que le PQ serait différent du PLQ. Alors que QS est précisément venu au monde parce que le Parti québécois a déserté ses valeurs social-démocrates depuis belles lurettes afin de courtiser le vote de droite.

      À un moment donné il faut choisir son camp.

      On ne peut pas à la fois se prétendre progressiste et s'attaquer aux plus pauvres à chaque foutues de fois qu'on prend le pouvoir.

      Pour QS le PQ est devenu aussi à droite que le PLQ.

      Christian Montmarquette

    • Lucien Cimon - Inscrit 23 août 2016 14 h 08

      À C. Montmarquette

      C'est étrange, cette sensation de savoir ce que vous avez écrit avant de commencer à vous lire... Rares les fois qu'on se trompe.
      Votre obsession anti PQ vous emprisonne et votre discours nuit au progressisme que vous prétendez représenter: vous êtes, dans les faits, un puissant allié du PLQ en aidant ceux qui ne prennent pas la peine de s'informer et de vérifier vos dires à trouver ce parti acceptable.