Daoust et la vente de Rona: Couillard veut des réponses «très rapidement»

Jusqu’à maintenant, M. Couillard avait toujours dit qu’il fallait « prendre la parole » de M. Daoust, quand il affirmait ne pas avoir été mis au courant de la transaction.
Photo: Clément Allard Archives La Presse canadienne Jusqu’à maintenant, M. Couillard avait toujours dit qu’il fallait « prendre la parole » de M. Daoust, quand il affirmait ne pas avoir été mis au courant de la transaction.
L’étau se resserre autour du ministre Jacques Daoust, alors que le premier ministre Philippe Couillard s’impatiente et réclame « des réponses sérieuses » et « très rapidement » dans le dossier de la vente controversée de Rona, le géant québécois de la quincaillerie, à des intérêts américains.

Questionné vendredi en point de presse quant à savoir si son ministre des Transports avait toujours sa confiance, M. Couillard a répondu : « Des questions sérieuses sont déposées. Elles sont importantes pour moi et elles devront avoir des réponses très rapidement. »

Le ministre Daoust est dans l’eau chaude depuis des mois, quant à son rôle présumé dans l’autorisation de la vente, par Investissement Québec, de 11 millions d’actions de Rona au géant américain Lowe’s.

Jusqu’à maintenant, M. Couillard avait toujours dit qu’il fallait « prendre la parole » de M. Daoust, quand il affirmait ne pas avoir été mis au courant de la transaction.

La pression sur M. Daoust et sur le premier ministre a monté d’un cran vendredi, l’opposition péquiste estimant que le ministre Daoust devait démissionner, pour avoir menti à la population dans le dossier de Rona et ainsi avoir commis un outrage au Parlement.

M. Couillard a aussi été pris à partie personnellement dans ce dossier, ayant « les mains sales », selon l’expression utilisée vendredi par le député péquiste de Sanguinet, Alain Therrien, en conférence de presse.

« Philippe Couillard aussi, il a les mains sales là-dedans, parce qu’il a fait une erreur, parce qu’il a fait une erreur de jugement », en ne cherchant pas à obtenir toutes les explications requises, a-t-il affirmé.

M. Therrien dit avoir transmis une lettre au président de l’Assemblée nationale, pour qu’il se saisisse du dossier et détermine si le ministre a menti ou non aux élus, une accusation très grave passible de sanction.

« On va demander au président de l’Assemblée nationale de sévir contre le ministre Daoust, car on a des preuves qu’il a menti à la population, qu’il a menti aux journalistes et qu’il a menti au Parlement, aux parlementaires au salon bleu », a commenté M. Therrien.

Daoust persiste et signe

Ce n’est pas la première fois que l’opposition péquiste réclame la démission du ministre des Transports et auparavant ministre du Développement économique.

M. Therrien est revenu à la charge à la suite de nouvelles révélations indiquant qu’un courriel faisait la démonstration que l’ex-directeur de cabinet de M. Daoust, Pierre Ouellet, avait autorisé la vente de 11 millions d’actions de Rona à Lowe’s.

M. Daoust a toujours affirmé qu’il n’avait pas été mis au courant de la transaction et ne l’avait jamais autorisée. Vendredi, il a réaffirmé sa version des faits, ajoutant que son directeur de cabinet n’était pas tenu de l’informer de ce genre de choses.

« La communication semble avoir été incomplète », a conclu M. Couillard, vendredi, à ce propos.

Un échange de courriels daté du 26 novembre 2014 et obtenu par TVA indique que le vice-président principal d’Investissement Québec, Jean-Jacques Carrier, demandait l’aval du gouvernement pour procéder à la vente massive des millions d’actions du géant québécois de la quincaillerie qui avaient été acquises par Investissement Québec. Une réponse positive a suivi de la part de M. Ouellet.

Rappelons qu’un rapport de la Vérificatrice générale est allé dans le même sens, concluant elle aussi, à partir des procès-verbaux d’Investissement Québec, que la transaction avait été approuvée par M. Daoust, ce qu’il a toujours nié.

Une commission parlementaire spéciale doit faire le point la semaine prochaine sur la vente de Rona.

C’est en 2012 que le gouvernement avait pris la décision politique d’acquérir des actions de Rona pour éviter que Lowe’s prenne possession du quincaillier, considéré comme un fleuron québécois.
 

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