Les jeunes libéraux s’opposent à l’imposition d’un quota de candidates

Réunis cette fin de semaine en congrès annuel en banlieue de Québec, les jeunes libéraux ont rejeté par une courte majorité une résolution visant à imposer une zone paritaire, impliquant qu’entre 40 % et 60 % des candidats soient des femmes.
Photo: Facebook Réunis cette fin de semaine en congrès annuel en banlieue de Québec, les jeunes libéraux ont rejeté par une courte majorité une résolution visant à imposer une zone paritaire, impliquant qu’entre 40 % et 60 % des candidats soient des femmes.

L’aile jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ) en a surpris plus d’un dimanche en s’opposant à ce que les libéraux s’engagent à faire plus de place aux femmes lors de la formation des équipes de candidats aux élections.

Réunis cette fin de semaine en congrès annuel en banlieue de Québec, les jeunes libéraux ont rejeté par une courte majorité une résolution visant à imposer une zone paritaire, impliquant qu’entre 40 % et 60 % des candidats soient des femmes.

Le porteur de la résolution, un jeune homme de Québec, s’est présenté au micro pour revendiquer « un meilleur accès des femmes en politique », étant donné que la proportion d’élues à l’Assemblée nationale stagne.


Décrite comme l’un des débats les plus animés par les observateurs présents à Saint-Augustin-de-Desmaures, où se tenait le rassemblement libéral, la motion, jugée timide par plusieurs, a tout de même suscité de vives réactions au sein de l’aile jeunesse. Peu de jeunes femmes ont toutefois pris la parole, le gros des discussions ayant été animées par des militants, plutôt que par des militantes.

La Commission-Jeunesse du PLQ n’a pas voulu commenter ce débat, prétextant qu’il s’agit d’une résolution régionale qui ne faisait pas partie de la thématique nationale élaborée par ses instances.

En marge de l’événement, la députée de Richmond, Karine Vallières, a indiqué qu’elle avait entrepris en décembre 2015 une démarche pour que la question de la présence accrue des femmes en politique soit étudiée en commission parlementaire cet automne. « Cette question revient régulièrement sur la place publique et dans les écrits des experts, explique celle qui a été élue pour la première fois en 2012. Pourtant, les parlementaires — tous partis confondus — n’ont jamais eu à se positionner sur la question. Ce serait l’occasion ! »

Interrogée sur la motion rejetée par l’aile jeunesse de son parti, la députée de 38 ans s’est montrée prudente. « Ce n’est pas mon rôle de juger les résolutions qui sont adoptées ou non par les jeunes libéraux », a-t-elle affirmé en entrevue avec Le Devoir. Mme Vallières a fait savoir qu’elle aimerait voir mises en place des mesures pour inciter les femmes à faire le saut en politique. Elle n’a toutefois pas voulu détailler la question.

Position « rétrograde »

Selon la députée solidaire Manon Massé, la position des jeunes libéraux est « rétrograde » et à l’opposé de ce que la population souhaite. « Depuis quelques années, les gens nous indiquent très clairement qu’ils sont prêts à ce que la parité soit obligatoire », affirme la femme politique, en précisant qu’à ce jour, seul Québec solidaire présente toujours autant de candidats des deux sexes.

De fait, un sondage au sujet de la parité à l’Assemblée nationale réalisé en mai dernier par la firme SOM pour le Conseil du statut de la femme révèle que près de 65 % des Québécois sont « plutôt d’accord » ou « tout à fait d’accord » avec l’idée « d’obliger les partis politiques de présenter entre 40 % et 60 % de femmes candidates afin de se rapprocher de la parité ».

Aux dernières élections générales québécoises, en 2014, moins de 30 % des candidatures étaient féminines, à peine un point de pourcentage de plus qu’en 2012. Chez le PLQ, qui a pourtant été le premier parti à avoir un conseil des ministres paritaires en 2007, seules 35 femmes ont brigué un poste de député sur les quelque 125 candidats présentés en 2014. C’est 13 de moins qu’en 2012. À ce jour, les élues forment un peu plus du quart de la députation présente à l’Assemblée nationale.

8 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 15 août 2016 07 h 26

    Question de privilège

    Qu'est-ce qu'un jeune libéral?

    • François Masseau - Abonné 15 août 2016 14 h 52

      Un jeune vieilli prématurément...ils sont plus à droite que le cabinet de Couillard, faut quand même le faire...! On a tellement hâte qu'ils soient au pouvoir !

  • Johanne St-Amour - Inscrite 15 août 2016 08 h 51

    Quel sexisme!

    Mais quelle résistance au changement!

    On écrit dans un autre journal que des jeunes libéraux affirment qu'il faut miser sur la compétence. On croit vraiment ici que tous les hommes qui ont été candidats ou élus sont compétents?

    Et que dire de cette peur des quotas? J'écrivais ceci dans un article publié sur Sisyphe en 2014 : «Procéder par quotas, ou autres moyens, semble toujours instiller le danger d’une démesure en défaveur des hommes. Et ce, alors même que la démesure actuelle en défaveur des femmes n’est jamais prise au sérieux, et est même parfois niée.

    Les quotas seraient discriminatoires envers les hommes, précise Drude Dahrelup, si la situation était au départ équitable pour tous et toutes. « Il faut […] rappeler que les hommes sont élus depuis de nombreuses années sur la base de quotas officieux »

    Il ne faut pas oublier que de plus en plus les partis sont subventionnés pas l'État, alors il serait plus juste que la représentativité des hommes et des femmes soient plus équitable!

  • Colette Pagé - Inscrite 15 août 2016 09 h 15

    Évolution progressive !

    Et si au lieu d'imposer une norme fixe qui fait peur si on y allait progressivent par tranche par exemple de 10 % ou 20 % pour atteindre éventuellement 50 % ?

    • Johanne St-Amour - Inscrite 15 août 2016 20 h 00

      Ah! Bon. Bien sûr les femmes n'ont pas assez attendu encore!

      En 2014, j'écrivais ceci dans un article sur Sisyphe: «Il a fallu attendre 20 ans après l’obtention du droit de vote des femmes pour qu’une d’entre elles, Mme Marie-Claire Kirkland-Casgrain, siège à l’Assemblée nationale du Québec (1961). En 1976, les femmes ne représentaient toujours que 4,5% des député-es élu-es et, à l’issue des cinq dernières élections, la proportion moyenne se situait à 29%. Une progression trop lente. « [Elle] est non seulement lente, mais elle n’est ni progressive, ni linéaire, ni constante. À ce rythme, la parité ne pourrait être effective qu’en 2040, affirme Esther Lapointe, directrice du Groupe Femmes, Politique et Démocratie.

      Elle est déjà là la très très lente progression M. Gélinas!

  • Marie-Josée Gagné - Inscrit 15 août 2016 13 h 00

    Pas tous pareil...

    Nous entendons souvent: "les politiciens sont semblables".
    Eh bien, je nous rappelle que Véronique Hivon promet que si elle est élue chef du parti Québécois, il y aura une parité homme/femme à 50/50 dans les candidats du parti Québécois à l'élection de 2018. Mesdames, préparez-vous et messieurs, appuyez nos dames. La présence accrue de femmes en politique est un des éléments important de changement vers une société meilleure.

  • Marie-Josée Gagné - Inscrit 15 août 2016 17 h 45

    Heureusement, il y a une alternative

    Nous entendons souvent: "les politiciens sont semblables".
    Eh bien, je nous rappelle que Véronique Hivon promet que si elle est élue chef du parti Québécois, il y aura une parité homme/femme à 50/50 dans les candidats du parti Québécois à l'élection de 2018. Mesdames, préparez-vous et messieurs, appuyez nos dames.
    La présence accrue de femmes en politique est un des éléments importants de changement vers une société meilleure.