Le groupe de travail se prononce contre une interdiction

Le groupe dit préférer une approche individuelle plutôt que de cibler certaines races de chiens.
Photo: Sean Warren Getty Images Le groupe dit préférer une approche individuelle plutôt que de cibler certaines races de chiens.

Ils sont réputés agressifs et dangereux, mais tout indique que les pitbulls vont continuer à avoir droit de cité au Québec.

C’est du moins ce que proposera un groupe de travail mandaté par le gouvernement Couillard pour lui recommander quoi faire avec ces chiens aux puissantes mâchoires qui sèment la peur autour d’eux.

L’interdiction de posséder un pitbull ne figure pas sur la liste préliminaire des recommandations formulées par le comité chargé d’examiner la question, un document daté du 29 juillet obtenu par La Presse canadienne.

Le groupe de travail ira donc à l’encontre du scénario privilégié en juin dernier par certains ministres du gouvernement, qui eux voulaient carrément éliminer les pitbulls du territoire québécois. Si le gouvernement Couillard adhère aux conclusions du comité, il ne suivra pas l’exemple de l’Ontario, où l’on interdit les pitbulls depuis 2005, comme le font également de nombreuses municipalités québécoises.

Le groupe de travail, formé en juin par le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, doit remettre son rapport et ses recommandations au ministre d’ici au 31 août.

Au lieu de cibler certaines races de chiens, le groupe privilégiera plutôt une approche individuelle, au cas par cas. Ainsi, dans le document de travail classé « confidentiel », le mot « pitbull » n’apparaît nulle part, et l’expression « race de chiens » ne figure pas dans la liste des recommandations à venir.

En renonçant à l’interdiction, après avoir examiné divers scénarios, le groupe s’est donc rendu aux arguments de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec, persuadé qu’on aurait tort de croire que tous les spécimens d’une race présentent les mêmes caractéristiques et qu’une seule race pose problème.

Trois axes principaux

Si l’on se fie à la première version du rapport, les recommandations du groupe de travail tourneront autour de trois axes : adopter une loi qui viendra encadrer la possession de chiens dangereux ou potentiellement dangereux ; mener une campagne de sensibilisation visant deux choses : prévenir les morsures de chiens dangereux et responsabiliser les propriétaires de ces chiens ; mettre en place un processus de signalement des morsures, afin d’avoir des données fiables sur le nombre et la gravité des agressions commises.

Le groupe préconisera aussi que Québec donne explicitement aux municipalités qui le désirent le pouvoir de se doter de règlements plus sévères que ceux adoptés par les parlementaires pour l’ensemble du territoire québécois.

16 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 7 août 2016 15 h 44

    Ça veut dire quoi ?

    «responsabiliser les propriétaires de ces chiens»...!

    • Isabelle Gélinas - Inscrite 8 août 2016 08 h 24

      Si je me fie à ce que j'ai lu sur la question, cela pourrait signifier, entre autres choses, obliger le port de la laisse en tout temps, exiger des cours de dressage, rendre obligatoire la stérilisation...

    • Jean-Yves Arès - Abonné 8 août 2016 09 h 19

      Cela veut dire les forcer a avoir une assurance responsabilité, genre de 250,000$, pour compenser les victimes, comme la petite fille de 8 ans à qui un pitbull, tel que décrit dans La Presse ce matin, «a broyé l'os de la mâchoire, arraché un nerf du visage, la glande salivaire et le canal d'une oreille».

      Ainsi il y aurait un équilibre entre les dommages caussés et les compensations financières qui suivraient...

      Ici c'est comme si on enlevait les limites de vitesses sur les routes pour à la place obliger les conducteurs a détenir une police d'assurance de quelques millions$ pour compenser les victimes, ou leur succession..., des dommages que font ces hautes vitesses !

      Deux des trois principes reportés dans l'article ici le confirment, on ne veut pas ''brimé'' les amateurs de chiens dangereux, on veut juste ''encadré'' le loisirs de la possession de ces bêtes dangereuses.

      «encadrer la possession de chiens dangereux ou potentiellement dangereux [et non pas interdire]; mener une campagne de sensibilisation [!] visant deux choses : prévenir les morsures de chiens dangereux et responsabiliser les propriétaires de ces chiens»

      C'est a croire que la possesion d'un chien dangereux fait partie de la charte des droits et liberté...

    • Normand Perreault - Abonné 8 août 2016 09 h 28

      Le verbe responsabiliser est effectivement très flou. C'est à croire que c'est volontaire. Selon le Grand Robert:

      Responsabiliser:

      1- Rendre responsable (qqn). Responsable: Qui doit accepter et subir les conséquences de ses actes, en répondre

      2- Donner à (qqn) le sens des responsabilités.

      Come on peut le voir, il y a une nette démarcation entre la première et la deuxième définition

    • Sylvain Auclair - Abonné 8 août 2016 09 h 53

      L'idée d'une assurance est intéressante. Je me demande combien un assureur demanderait, et qui serait prêt à payer... Et là, ce n'est plus l'État qui est méchant, c'est le privé...

  • Normand Renaud - Inscrit 7 août 2016 19 h 59

    Attendre à la prochaine victime

    Groupe de travail de fonctionnaires, sont-ils reliés à l'avocasserie? On suggère l'éducation des maîtes, au cas par cas sans doute de bonnes causes à plaider.Évaluation, par qui, pour déterminer à quelcatégorie un chien sera classé dangereux? Par les cas de récidivistes des chiens ou propriétaires de chiens.
    Ou y aura t-il un examen psychologique de ceux qui voudront posséder des chiens dangereux.
    Toute une lourdeur administrative ou judiciaire se prépare si on suit le rapport de ce groupe de travail.

    • Marc Therrien - Abonné 9 août 2016 17 h 24

      Tout est interrelié et se tient dans un système économique libéral. La gestion et l'encadrement de nouveaux droits et libertés individuels créent des occasions d'affaires pour une série de professionnels ou de l'emploi pour les finissants universitaires.

      Marc Therrien

  • Jean Lefebvre - Abonné 7 août 2016 21 h 29

    Troisième axe:

    "...Mettre en place un processus de signalement des morsures, afin d’avoir des données fiables sur le nombre et la gravité des agressions commises"...

    Et je suppose qu'on créera des sous-classes genre:
    1. S'est seulement fait mordre la main
    2. S'est seulement fait mordre le visage
    3. S'est seulement fait arracher un bras
    4. S'est seulement fait enlever la vie

    Cocher la case correspondant à votre incident.
    Merci de votre collaboration.

  • Raymond Gauthier - Abonné 7 août 2016 21 h 36

    Lunettes roses !!

    Il est à souhaiter que le gouvernement ne tienne pas compte de recommandations aussi peu énergiques. C'est porter des lunettes roses que de croire à la sensibilisation et à la responsabilisation des propriétaires de chiens dangereux. De trop nombreux maîtres de ces chiens ne réalisent pas que leur "gentil toutou" peut péter une coche dans certaines circonstances et devenir incontrôlable. Dans trois ou quatre ans, et probablement bien avant, nous serons encore en train de déplorer des incidents tragiques reliés à des chiens dangereux. Posséder un chien dangereux n'est quand même pas un droit constitutionnel!! Alors, agissons en conséquence et protégeons-nous collectivement.
    Les gouvernements, bien souvent, n'hésitent pas à tabletter des rapports. Or, voici un beau spécimen de rapport qui devrait être tabletté!!

  • Marc Tremblay - Abonné 7 août 2016 21 h 37

    De chiens dangereux

    Il sera difficile, voire impossible de départager les chiens dangereux de ceux qui ne le sont pas.

    Il aurait mieux fallu d'abord interdire les pitbulls.