Anticosti : Philippe Couillard réfute les allégations de Pétrolia

Le premier ministre Philippe Couillard a déclaré mercredi qu’il n’a pas donné l’ordre de bloquer le projet d’exploration d’hydrocarbures sur l’île d’Anticosti.

 

M. Couillard a soutenu que le gouvernement du Québec, partenaire financier du projet, s’est acquitté de toutes ses obligations.

 

L’opérateur du projet, la société Pétrolia, a décidé de s’adresser aux tribunaux pour forcer une société d’État gouvernementale et un autre partenaire à verser le financement prévu dans les contrats.

 

Pétrolia, dont la requête en injonction était entendue mercredi, allègue que M. Couillard a donné l’ordre d’empêcher le projet d’aller de l’avant.

 

Le juge de la Cour supérieure du Québec Martin Castonguay a choisi de suspendre l’audience, mercredi en fin de journée, et d’accorder aux parties une dernière chance d’en arriver à un accord.

 

Pétrolia tente de contrer une tentative de repousser les travaux d’exploration au moins jusqu’en 2017, ce qui pourrait entraîner, selon l’entreprise, un nombre indéterminé de pertes d’emplois et compromettre l’avenir du projet.

 

L’avocat de Pétrolia, Marc-André Landry, a fait valoir lors de l’audience, mercredi, à Montréal, que son client était prêt à amorcer les travaux, mais que les autres partenaires dans le projet refusaient de mettre sur la table le financement promis de près de 13 millions de dollars.

 

Pétrolia demande au tribunal une ordonnance qui forcerait Ressources Québec et Saint-Aubin à verser à Hydrocarbures Anticosti respectivement 7,26 millions et 5,55 millions de dollars.

 

Hydrocarbures Anticosti est la société créée pour regrouper les actifs des différents partenaires du projet d’exploration.

 

Un avocat pour le gouvernement du Québec a affirmé qu’il ne s’agissait pas d’un enjeu politique, mais plutôt d’un différend entre des partenaires d’affaires.

 

Ressources Québec, une filiale d’Investissement Québec, estime qu’il n’y a pas d’urgence à y aller de dépenses publiques importantes cette année, pendant que le ministère des Ressources naturelles révise sa politique sur l’énergie et les hydrocarbures.

 

« À aucun moment, Ressources Québec n’a dit ne pas vouloir aller de l’avant avec le forage », a dit Marc-André Fabien. « Ce que nous avons dit est qu’il est préférable d’attendre jusqu’en 2017, alors que nous en saurons plus sur les exigences du gouvernement. »

 

Le juge Castonguay n’a pas semblé acquiescer aux arguments de Me Fabien, laissant entendre que si les entreprises mettaient un frein à leurs projets dans l’attente de futures lois, l’économie du Québec ferait du surplace.

 

Toutes les parties prendront part à une réunion du conseil d’administration d’Hydrocarbures Anticosti, le 19 juillet. Si une entente n’est pas conclue lors de cette rencontre, le juge devrait rendre une décision deux jours plus tard.

 

Pétrolia a rappelé que M. Couillard a pris position à de nombreuses reprises contre le projet d’exploration qui a recours à la fracturation hydraulique, une méthode controversée.

 

Mardi, M. Couillard a d’ailleurs soutenu qu’il était « terrible » que les opérations de fracturation nécessitent l’utilisation de 30 millions de litres d’eau puisés notamment dans des rivières à saumons, une opération qui a pourtant reçu l’aval du ministère de l’Environnement.

 

En mission en Allemagne pour une deuxième journée, M. Couillard a réfuté, mercredi, les allégations de l’entreprise.

 

« C’est faux, mais encore une fois les tribunaux décideront, nous avons exécuté le contrat à la lettre », a-t-il dit.

 

Rappelant sa première sortie contre le projet, M. Couillard s’est défendu de lui nuire avec ses déclarations sur l’utilisation de l’eau des rivières de l’île.
 

« Moi je ne suis pas le promoteur du projet, à Paris d’ailleurs j’ai dit que je ne suis pas le promoteur du projet, je suis lié par contrat », a-t-il dit.

 

M. Couillard accuse le précédent gouvernement péquiste d’avoir associé l’État à ce projet dont les discussions ont été amorcées alors que les libéraux étaient au pouvoir.

7 commentaires
  • Dominique Roy - Abonnée 13 juillet 2016 11 h 00

    zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzLoBo

  • François Dugal - Inscrit 13 juillet 2016 11 h 48

    Parole, parole, parole.

    Monsieur le premier ministre Couillard ne dit pas ce qu'il pense et ne pense pas ce qu'il dit.

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 13 juillet 2016 12 h 13

    Philippe Couillard attend prudemment qu'une requête en injonction bloque les travaux exploratoires et c'est tant mieux...

    Philippe Couillard attend prudemment que la Cour ordonne l'arrêt des travaux, ce qui devrait arriver si une communauté autochtone, la municipalité ou encore un organisme environnemental présente une requête en injonction prohibitive. Alors, Pétrolia ne pourra plus valablement affirmer que le gouvernement renie le contrat signé avec elle, un autre les arrêtant. La requête en injonction maintenant présentée par Pétrolia nous permettra enfin de connaître le contenu du contrat signé avec le gouvernement Marois. En ce qui concerne l'autorité du ministère du Développement durable, rien de nouveau à écrire...

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 13 juillet 2016 12 h 50

    M.Net Couillard

    est-il le chef du gouv. ou c'est plutot l'Honorable David Heurtel qui "Run le show" les deux pieds dans les plats et sert de bouc-émissaire pour tenir le premier ministre au sec.Qui ne dit mot consent.Qui ment? Ou est le contrat secret?Ca sert a rien de laisser Pétrolia continuer cette destruction qui de toute facon finira en queue de poisson,alors aussi bien subir leur chantage et les payer pour qu'il disparaisse,le mieux serait que Couillard fasse de meme.Comme on dit dans le ROC:"Enough is enough." Que dire de nos médias qui ne font leur travail?

  • André Labelle - Abonné 13 juillet 2016 15 h 36

    Pour quoi le pétrole ?

    Le Québec n'a pas besoin du pétrole de l'Ile d'Anticosti. C'est aussi simple que cela. Si notre gouvernement avait la volonté nécessaire, il pourrait s'inspirer de la Norvège qui aide extraordinairement à l'expansion de l'énergie hydro-électrique dans les transports. Les sommes très importantes, prévues pour le pétrole, devraient aller à la motorisation électrique. C'est l'avenir alors que les beaux jours de l'industrie pétrolière tirent à leur fin.
    À la fin du XIXè siècle des aveugles ont continué d'investire dans le transport par cheval alors que des visionnaires optaient pour l'automobile. Qui a eut raison ?