Entretien d’avions : Couillard ouvre la porte à un soutien financier de l’État

Selon le premier ministre, l’injection de 156 millions par le gouvernement dans des projets d’infrastructures, de biotechnologie et de tourisme maritime a généré 776 millions $ d’investissements privés.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Selon le premier ministre, l’injection de 156 millions par le gouvernement dans des projets d’infrastructures, de biotechnologie et de tourisme maritime a généré 776 millions $ d’investissements privés.

Le premier ministre Philippe Couillard a ouvert la porte, mardi, à la possibilité d’un soutien financier de son gouvernement pour la création d’un centre d’entretien aéronautique au Québec.

M. Couillard a déclaré qu’il est encore trop tôt pour déterminer quels seront les besoins financiers pour la création de cette installation.

Dans un point de presse, en marge d’une visite d’une installation portuaire sur la mer du Nord, M. Couillard a indiqué que tous les scénarios sont sur la table.

« On n’exclut rien nous, a-t-il dit. Le gouvernement agit souvent dans les projets économiques. »

M. Couillard, qui a complété lundi un passage de deux jours au salon de l’aéronautique de Farnborough, au Royaume-Uni, a insisté une nouvelle fois sur l’importance de ce projet de centre d’entretien, annoncé dans le cadre d’une entente pour la vente d’appareils Bombardier CSeries à Air Canada.

« On n’est pas actuellement à la phase de discuter du montage financier et qui va payer quoi, a-t-il dit. On est toujours prêts, nous, à soutenir des projets importants comme celui-là. »

M. Couillard, dont le gouvernement a injecté 1 milliard $US dans Bombardier, a répété que l’initiative appartient au transporteur aérien, qui s’est engagé à confier l’entretien de ses CSeries à une installation québécoise.

« Ce n’est pas nous qui allons en être le maître d’oeuvre, Air Canada doit procéder à un appel d’offres, a-t-il dit. Et on verra lorsqu’on sera rendu à la phase subséquente. »

Lundi, à Farnborough où elle était également, la ministre de l’Économie, Dominique Anglade, avait précisé que la question d’un soutien financier au projet n’avait pas été l’objet de discussions jusqu’ici.

Le gouvernement, qui est actionnaire du programme de la CSeries grâce à son investissement, a renoncé à poursuivre Air Canada pour la forcer à faire l’entretien lourd de ses appareils à Montréal, comme l’y obligeait la loi.

Cette concession a été obtenue au moment où Air Canada a décidé de faire l’acquisition de 45 appareils CSeries de Bombardier, en février.

Par ailleurs, mardi, M. Couillard a estimé qu’il serait avantageux d’automatiser les opérations à venir aux installations du port de Montréal situées à Contrecoeur.

M. Couillard a fait ce constat à la suite d’une visite des importantes installations portuaires situées au sud de Hambourg.

En s’adressant aux journalistes, M. Couillard a toutefois reconnu que cette décision revient aux exploitants.

La chaîne d’opérations du terminal de conteneurs d’Altenwerder, inauguré en 2001, est presque totalement automatisée.

Selon le premier ministre, l’automatisation améliore l’efficacité et la productivité.

« Il serait impossible de transformer le terminal actuel du port de Montréal, mais pour une expansion du terminal, par exemple à Contrecoeur, si l’opérateur du terminal le décide, c’est le genre d’opération qui clairement est très efficiente sur le plan économique », a-t-il dit.

M. Couillard a profité de son passage à Hambourg pour faire le bilan de la première année de son plan de développement du secteur maritime.

Selon le premier ministre, l’injection de 156 millions par le gouvernement dans des projets d’infrastructures, de biotechnologie et de tourisme maritime a généré 776 millions $ d’investissements privés.

Concernant la mise en place des comités chargés de développer les zones industrialo-portuaires au coeur de la stratégie, M. Couillard s’est fait rassurant concernant les risques de conflits d’intérêts qui pourraient survenir dans le démarchage pour attirer des entreprises.

« Il n’y a pas de raison de craindre plus de problèmes là qu’ailleurs, les mêmes institutions vont être là », a-t-il dit.

Selon le premier ministre, les règles en vigueur dans l’évaluation de projets qui pourraient recevoir un soutien gouvernemental seront les mêmes pour les projets maritimes.

« Il y a déjà des balises, ce risque-là existe pour n’importe quel projet, a-t-il dit. Les règles c’est celles qu’on a au gouvernement d’attribution de contrat, d’appel d’offres publiques et de transparence. »

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5 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 12 juillet 2016 17 h 55

    Des gens fanatiques et de mauvaises fois

    pourquoi le premier ministre ne pourrait pas revenir sur ses décisions s'il découvre de nouveaux donnés qui seraient dommageable pour le Québec, n'est ce pas ses obligations, les indiens vont demander une injonction et les tribunaux vont leur donner raison, preuve que c'est tout a fait dommageable et que le premier ministre a raison d'en être inquiet seul des gens fanatiques et de mauvaise fois ne comprennent pas ca

  • Sylvain Rivest - Inscrit 12 juillet 2016 19 h 29

    pourquoi tant de subvention?

    Je peux comprendre qu'une petite entreprise ait besoin d'argent pour démarrer.
    Mais comment peut-on justifier de donner l'argent de NOS impôts, indirectement, aux actionnaires des multinationales?

    Baisser le salaire des bosses et de leurs vassaux. Et arrêter de siphonner le petit travailleur.

  • André Tremblay - Abonné 12 juillet 2016 21 h 26

    Retrograde

    Il n'y a pas si longtemps, il n'a rien fait pour empêcher la fermeture du centre d'entretien Aveo et maintenant il veut donner des subventions pour un nouveau centre. Nous prend t-il pour des imbéciles ? Ou serait-ce lui qui est imbécile ?

  • René Bezeau - Abonné 12 juillet 2016 23 h 01

    De l'argent oui des fonds publics

    Le PLQ se tue à nous faire croire avec un vocabulaire bien calculé qu'il n'y a plus d'argent pour les services sociaux, notre "filet social". Mais comme on le voit l'argent économisé avec douleur sort simultanément ailleurs pour arroser les multinales.Et y'a toujours une bonne raison, question de vie ou de mort de l'industrie. Ce gouvernement a beaucoup plus d'empathie pour la grande industrie que pour les enfants, nos vieillards, les démunis et le contribuable.

  • Donald Bordeleau - Abonné 13 juillet 2016 09 h 54

    Ce n'est pas au gouvernement de créer un centre d'entretien. Bombardier et autres compagnies ont déja leur centre d'entretien.

    Des actionnaires heureux.

    Mais rien de sérieux pour le Centre d’Excellence à Montréal pour l’entretien, cela est très vague. La logique veut que l’entretien se fasse à l’extérieur du Canada pour de forte économie.

    Dallas accueille deux grands centres de services, ceux de Bombardier et de Gulfstream. Ces deux compagnies comptent en outre des centres de services dans le sud de la Floride et en Géorgie. En effet, Bombardier MRO Services a ouvert en 2009 à Dallas son deuxième centre, après celui de Belfast en Irlande, dans le but clairement énoncé de servir le nombre croissant de ses clients (en appareils CRJ notamment) aux États-Unis, en Amérique centrale et en Amérique du Sud.

    L'investissement et les commandes vont permettre de protéger les 1,700 emplois existants à Mirabel pour 20 ans

    Effectivement peu d'emplois, Bombardier doit abolir 7000 autres emplois en 2016 pour rationaliser ses opérations pour réduire ses pertes.

    C'est une bonne et aussi une mauvaise nouvelle à la fois.


    https://www.economie.gouv.qc.ca/objectifs/informer/par-secteur-dactivite/aerospatiale/page/etudes-et-analyses- _igaffichagepages_pi1%5BbackPid%5D=148&tx_igaffichagepages_pi1%5BcurrentCat%5D=&cHash=8b951e38c4e9386fbbc6356280c8ebcf