Anticosti: Couillard comprend l’opposition des autochtones

Le premier ministre Philippe Couillard comprend les préoccupations des autochtones qui veulent bloquer un projet d’exploration d’hydrocarbures sur l’île d’Anticosti.

En mission en Europe, M. Couillard a affirmé mardi que l’opérateur du projet, la société Pétrolia, ne les a pas suffisamment consultés.

Selon le premier ministre, la demande d’injonction que s’apprête à déposer une communauté innue de la Côte-Nord est le résultat de cette communication déficiente.

M. Couillard a affirmé qu’il est mal à l’aise avec l’utilisation de l’eau de l’île qui servira aux opérations de forage par fracturation hydraulique, qui ont récemment reçu l’autorisation du ministère de l’Environnement.

Environ 30 millions de litres d’eau de cours d’eau sur l’île, dont deux rivières à saumons en voie de disparition, seront utilisés pour les trois puits.

M. Couillard a estimé que le gouvernement fédéral pourrait encore avoir son mot à dire sur l’impact de l’exploration sur les populations de saumons d’Anticosti.

Dans un point de presse qui a suivi une visite du port de Hambourg, M. Couillard a affirmé qu’il n’est pas favorable au projet de blocus des autochtones de Mingan, si jamais leur injonction est refusée par les tribunaux.

M. Couillard a établi un parallèle entre l’opposition des autochtones de l’Assemblée des Premières nations au projet d’oléoduc TransCanada Énergie-Est et le projet sur Anticosti. « On n’est pas en 1980, a-t-il dit. Les projets de ressources naturelles dans les territoires revendiqués par les Premières Nations doivent comprendre au minimum la consultation des Premières Nations, ce n’est pas mineur ce qui se passe, pas plus que pour ce qui est arrivé avec l’Assemblée et le projet de TransCanada. Que pour ce projet-là je les comprends très bien d’être préoccupés bien sûr. »

M. Couillard a exprimé son malaise face à l’implication financière du gouvernement dans le projet, pour lequel les premiers pourparlers ont commencé en 2012 quand les libéraux étaient au pouvoir.

« Mais, non, je ne suis pas à l’aise, je l’ai dit l’autre jour, je regrette beaucoup que ce soit le cas, a-t-il dit. Mais moi je suis pris avec le contrat que le PQ a signé en campagne électorale, c’est exactement ça la situation. C’est terrible 30 millions [de litres] d’eau dans une rivière à saumons. »

Dans son édition de mardi, Le Devoir a rapporté que les Innus de Mingan souhaitent déposer une demande d’injonction d’ici le 15 juillet. À défaut de l’obtenir, ses dirigeants ont indiqué leur intention d’aller occuper l’île pour empêcher les forages.
 

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18 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 12 juillet 2016 10 h 07

    Couillard et les bulldozers...

    Je pense qu'il comprend aussi les bulldozers et les barricades qui vont lui bloquer l'accès..

    Vous pouvez lui baiser la bague si vous voulez..

    C'est souvent comme ça que ça marche dans la mafia.

    • André Tremblay - Abonné 12 juillet 2016 17 h 51

      C'est curieux comme il est rapide à répondre aux menaces des autochtones. Il l'est beaucoup moins quand il s'agit des Québécois. Peut-être devrions-nous également utiliser les buldozer et les barricades pour qu'il nous écoute nous aussi.

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 juillet 2016 08 h 06

      À André Tremblay,

      " Peut-être devrions-nous également utiliser les buldozer et les barricades pour qu'il nous écoute nous aussi..." -

      Les libéraux qui ne cessaient de dénoncer la violence lors de la grève étudiantes étaient eux-mêmes extrêmement violents dans leur manière de faire. Quand on sait combien d'abus policiers ont été commis et le jugement sévère de la Cour à l'endroit de la police pour des milliers d'arrestations illégales et abusives.

      Quand un gouvernement n'écoute pas la population et fait fi des règles et de la culture démocratique, que reste-t-il à la population pour se faire entendre? N'est-ce pas le gouvernement lui-même qui provoque ce genres de situations par son arrogance, son refus du dialogue et son manque d'éthique?

  • Lucien Cimon - Abonné 12 juillet 2016 10 h 35

    Les tribulations psychologiques et discursives d'un lâche qui permet l'inacceptable en blâmant les autres pour sauver sa face.
    Quelqu'un a-t-il saisi la logique de qui unifie ces déclarations?
    Quand serons-nous débarrassés de cette engeance?

    • Christian Montmarquette - Abonné 12 juillet 2016 13 h 29

      Quand serons-nous débarrassés de cette engeance? - Lucien Cimon

      Quand la question nationale cessera d'occuper tout le haut du pavé et qu'enfin les gens voteront sur les enjeux gauche-droite.

      Car comme on le voit, même en écologie, c'est la droite capitaliste sans principe et sans morale qui s'attaque sans cesse à l'evironnement pour maximiser ses profits; pas la gauche. - Cm

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 12 juillet 2016 13 h 40

      Etre dirigé par un lache qui n a pas de "guts"ne nous menera nulle part,qui essaie de noyer le "saumon-posson"avec des phrases creuses qui va demander a genoux a Ottawa encore:Sauvez moi le colonisé mon salut et le votre est entre vos mains.

  • Dominique Roy - Abonnée 12 juillet 2016 11 h 38

    Je ne supporte plus de voir ou d'entendre Couillard. C'est une langue fourchue comme disaient les indiens de mes western d'enfance. LoBo

    • Jean-Yves Arès - Abonné 12 juillet 2016 13 h 24

      L'expression de vire-capot lui convient probablement mieux. Dans le cas ici il semble avoir été ''illuminé'' par sa rencontre avec Al Gore.

      le contexte avec Al Gore :
      http://www.lactualite.com/politique/le-jour-ou-phi

      Et dans cet article il donne une de ses distanciations du projet avec des arguments pour le moins ...

      «Je l’ai trouvé à mon arrivée au gouvernement. J’aurais préféré ne pas le trouver, madame. Parce que j’étais opposé à ce projet-là quand j’étais dans l’opposition.»

      Poutant, il était dans l'opposition quand cet article a paru dans Le Devoir :
      http://www.ledevoir.com/politique/quebec/386005/le

  • Gilles Duquette - Inscrit 12 juillet 2016 13 h 17

    Facile de se désister en mettant la faute sur les autres et notre image en ressort gagnante... Facile aussi de se dire contre mais obligé de le faire de par les autres qui vous obligent à vous taire, à ne rien faire et à ne prendre aucune décision personnelle due à la faute des AUTRES... Bravo M. Couillard, je commence à comprendre que ce sont les autres qui dirigent, autant dans votre gouvernement qu'à l'extérieur de celui-ci. C'est aussi une belle façon de préparer votre prochaine élection. En effet, ce sont les autres qui porteront toujours l'odieux des conséquences de votre gestion, car vous êtes toujours blanc comme neige.Ça ne vous tente pas de laisser votre place à un autre qui déciderait ? En plus, cela ne serait pas de votre faute mais bien de celle de votre successeur... Vous seriez encore plus que blanc...cher Monsieur Net.

  • Gilles Théberge - Abonné 12 juillet 2016 14 h 08

    Un appel au fédéral...?

    Non mais j'ai bien lu?

    Je n'ai pas la berlue Philippe espère que le fédéral va intervenir!

    Plu bas que ça, tu confie toutes tes responsabilités au fédéral.

    Plus bas que ça, tu te délite, tu te liquéfie...

    Plus bas que ça, tu disparais.

    • André Tremblay - Abonné 12 juillet 2016 17 h 53

      Ce serait tellement le fun qu'il disparaisse...

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 juillet 2016 15 h 17

      à Gilles Théberge,

      Je vous ferai remarquer que c'est "votre" PQ qui est le premier responsable de cette situation et qui a signé ce contrat avec Pétrolia.

      - Mais quel est donc votre commentaire sur le sujet par rapport au Parti québécois, qui plus est, a pris une entente confidentielle avec ce contrat d'affaires publiques?