Couillard juge que Bombardier peut se passer de l’aide d’Ottawa… pour l’instant

Bombardier a jusqu’ici deux commandes fermes pour des appareils CSeries (ci-dessus à l’assemblage). L’aide éventuelle d’Ottawa pourrait servir à développer le marché, a dit Philippe Couillard, en visite au salon d’aéronautique de Farnborough.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Bombardier a jusqu’ici deux commandes fermes pour des appareils CSeries (ci-dessus à l’assemblage). L’aide éventuelle d’Ottawa pourrait servir à développer le marché, a dit Philippe Couillard, en visite au salon d’aéronautique de Farnborough.

Le soutien financier du gouvernement fédéral au programme d’avion CSeries de Bombardier n’est pas nécessaire dans l’immédiat, a déclaré dimanche le premier ministre Philippe Couillard.

M. Couillard a fait cette déclaration, au Royaume-Uni, peu après avoir participé à un vol du nouvel appareil CS100 de l’entreprise, dont le gouvernement québécois est partenaire. « On a soutenu ça au moment où c’était critique, au moment où c’était nécessaire, au moment où l’on avait besoin de notre manifestation d’appui, a-t-il dit. Je suis très, très fier qu’on l’ait fait, tant mieux si Ottawa embarque avec nous, c’est pour la flexibilité à plus long terme du programme. »

À la veille de l’ouverture du salon de l’aéronautique de Farnborough, M. Couillard a répété que l’aide financière d’Ottawa est encore attendue pour développer le programme CSeries de Bombardier. « L’aéronautique au Québec est ce que l’automobile est en Ontario », a-t-il dit dans un point de presse.

M. Couillard a cependant précisé que Bombardier, qui a bénéficié d’une prise de participation de 1 milliard du gouvernement, a suffisamment de liquidités pour aller de l’avant avec les commandes en cours. « À court terme, moyen terme, le programme est en voie, le pipeline de commandes est plein, a-t-il dit. Il y a des liquidités dans la compagnie, assez pour faire avancer le programme et pour remplir toutes les commandes qui sont actuellement devant nous. »

M. Couillard a indiqué que du financement supplémentaire sera nécessaire plus tard dans le développement du programme. « Le financement supplémentaire sera nécessaire pour assurer plus de flexibilité à l’avenir, dégager de nouveaux marchés, développer de nouveaux modèles, a-t-il dit. C’est à Ottawa de prendre sa décision. Nous, on l’a prise, la décision. Et si cette décision n’avait pas été prise, on ne serait pas là aujourd’hui. »

Hommage de Bombardier

L’aide d’Ottawa est attendue depuis des mois par le gouvernement du Québec et Bombardier, qui a réussi à conclure deux importants contrats avec Air Canada et Delta, depuis l’annonce du partenariat avec le gouvernement québécois.

Présent au salon britannique, le président et chef de la direction, Alain Bellemare, a rendu hommage à la décision du gouvernement québécois de prendre une participation de 49 % dans le programme de la CSeries. « Il y a un an, les gens se demandaient si le programme allait être là, a-t-il dit. Aujourd’hui, on a un carnet de commandes qui va nous permettre une mise en production qui est exactement ce qu’on avait prévu il y a un an. »

M. Couillard a amorcé à Farnborough une mission européenne de près d’une semaine, qui doit le mener également en Allemagne, où, après sa stratégie aéronautique, il fera la promotion de son plan de développement du secteur maritime au Québec.

LE COURRIER DE LA COLLINE

Nouvelle infolettre

Chaque jeudi, l'équipe du Devoir à Québec résume l'essentiel de la semaine parlementaire. Retrouvez aussi la note de Michel David, notre chroniqueur politique. Inscrivez-vous, c'est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

Entretien: les nouveaux Air Canada ne seront pas suffisants

Londres — Le centre d’entretien que la compagnie Air Canada s’est engagée à utiliser aura besoin de plus que les seuls appareils CSeries de Bombardier pour être rentable, a déclaré dimanche le président d’une entreprise d’outillage du secteur de l’aéronautique. Éric Ledoux, qui dirige le Groupe DCM, croit qu’il faudra élargir le bassin d’appareils et de transporteurs qui seraient accueillis par l’installation. M. Ledoux fait partie d’une délégation de 33 entreprises québécoises qui accompagnent le premier ministre Philippe Couillard au salon de l’aéronautique de Farnborough, dans la grande banlieue au sud-ouest de Londres. En échange de l’abandon d’une poursuite pour forcer Air Canada à maintenir à Montréal l’entretien lourd de ses appareils, le gouvernement du Québec a obtenu l’hiver dernier l’engagement du transporteur de confier ce travail à une installation montréalaise qui reste à créer. Dans les locaux de la Délégation générale du Québec à Londres, où il se trouvait dimanche avec d’autres représentants d’entreprises participant à la mission, M. Ledoux, dont la société vend notamment des pièces à Bombardier, a estimé qu’il faudra plus que la clientèle d’Air Canada seulement. « Avec seulement la Série C, non, ça prend un contexte un petit peu concurrentiel pour exporter ce savoir-faire dans plusieurs pays avec plusieurs plateformes et plusieurs compagnies aériennes, pour éviter justement cette dépendance envers juste un opérateur ou un manufacturier », a-t-il dit. La CSeries est « un bon départ », mais il faut « d’autres appareils, d’autres transporteurs », a-t-il indiqué dans un point de presse.
8 commentaires
  • Marie Nobert - Abonnée 11 juillet 2016 01 h 55

    Du «juge Boilard» au «juge Couillard»(!)

    On est loin du compte. Sérieux. « À court terme, moyen terme, le programme est en voie, le pipeline de commandes est plein, a-t-il dit. Il y a des liquidités dans la compagnie, assez pour faire avancer le programme et pour remplir toutes les commandes qui sont actuellement devant nous. » Bon! La valve est fermée. C'est français tout ça? Misère.

    JHS Baril

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 11 juillet 2016 07 h 49

    Mais de quoi se mêle-t-il ?

    C'est aux dirigeants de l'entreprise de juger si la contribution du Fédéral est approprié ou non.

    Les déclarations de Couillard ne servent qu'à justifier la discrimination dont est victime le Québec. Le Fédéral a offert -- à juste titre -- des milliards$ pour sauver l'industrie automobile ontarienne lors de la Grande récession; environ 13 millards$ (dont trois irrécupérables).

    On nous avait rassuré en nous disant que le Fédéral serait aussi généreux pour l'industrie aéronautique québécoise. Mais ce n'est pas le cas.

    Quand vient le tour du Québec (un minable petit millard de dollars), on a des scupules quant à la 'gouvernance' de Bombardier. Cela n'est jamais un problème quand il s'agit de soutenir n'importe quel conglomérat (ex. Power Corporation) chez qui la mise de départ de ceux qui le contrôle est microscopique comparée aux actifs contrôlés.

    Le message qu'envoie Couillard sert à endormir les Québécois et protéger le système colonial canadien.

  • Lucien Cimon - Abonné 11 juillet 2016 09 h 44

    Quelle habileté!
    Déjà prêt à excuser le fédéral de traiter le Québec en parent pauvre.
    Nous allons continuer de financer l'industrie ontarienne, mais ce n'est pas nécessaire que vous fassiez profiter notre industrie phare d'une part des impôts que nous vous envoyons à moins que nous soyons obligés de nous mettre à plat ventre pour satisfaires vos conditions.
    Le fédéralisme à ce prix: non merci!

  • Gilles Teasdale - Abonné 11 juillet 2016 11 h 40

    Le premier ministre de qui?

    Ce Couilard pour ne pas dire autre chose est vraiment incroyable , je suis convaincu que Trudeau se roule parterre à entendre des sottises semblables .Ou bien ils se sont consulté avant.

  • François Dugal - Inscrit 11 juillet 2016 13 h 47

    Le refus

    Plutôt que d'essuyer un refus, ne demandons rien.