Brexit: Louise Beaudoin s’étonne que le «50 % +1» soit contesté

L’ex-ministre des Relations internationales, Louise Beaudoin
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir L’ex-ministre des Relations internationales, Louise Beaudoin

L’ex-ministre des Relations internationales, Louise Beaudoin, se félicite de voir que les leaders mondiaux ont pris acte du résultat démocratique du « 50 % +1 » lors du vote sur le Brexit, en Grande-Bretagne, mais s’étonne que certains veuillent maintenant stopper le processus de retrait du pays de l’Union européenne.

Le 23 juin, près de 52 % des Britanniques ont voté en faveur du retrait du Royaume-Uni, envoyant comme signal au gouvernement conservateur que leur pays doit se retirer de l’Union européenne, un processus qui n’est toutefois pas encore enclenché.

Mme Beaudoin a dit avoir noté que le peuple avait tranché par le biais d’un « grand geste démocratique », le référendum.

Mais interrogée sur le fait que certains voudraient que l’éventuelle première ministre britannique ne lance pas le processus, elle s’est montrée étonnée. Celle qui fut aussi déléguée générale du Québec à Paris au milieu des années 1980 était interrogée sur le fait que certains, dont le secrétaire d’État américain John Kerry, avaient mentionné qu’il y a des moyens d’éviter le Brexit, mais sans en dire davantage.

« Chacun vit avec ses contradictions, franchement le peuple a tranché », a commenté Mme Beaudoin. Elle a même paraphrasé le dramaturge allemand Bertolt Brecht en lançant : « Puisque le peuple vote contre le gouvernement, il faut dissoudre le peuple ».


Respecter la démocratie

« Chacun s’est exprimé, a-t-elle ajouté. C’est ça la démocratie. Tant qu’à ça, abolissons les élections. Faut respecter le résultat. Mais j’imagine que la décision sera respectée par tout le monde », a-t-elle prédit en bout de piste alors qu’un certain flottement persiste sur les suites à donner au Brexit.

« Le président américain, Barack Obama, a pris acte du résultat, Justin Trudeau aussi, même Angela Merkel qui après des hésitations a dit que ce serait ça [un retrait]. L’Angleterre va renégocier ses ententes avec chaque pays, mais en dehors de l’Union européenne, comme l’ont fait la Norvège et la Suisse, ce sera autre chose », a-t-elle conclu sur le Brexit.


Le cas de l'Écosse

Mais avant tout, l’ex-ministre péquiste, qui compte de nombreux amis parmi les politiciens français sympathiques à la souveraineté du Québec, suivra de près ce qui se passe en Écosse.

« Ce qui m’intéresse, c’est l’Écosse qui a une ressemblance avec le Québec. Nous sommes trois nations sans état [l’Écosse, la Catalogne et le Québec] qui, chacun à leur manière, essaient de se doter d’un pays. Il sera intéressant de voir maintenant leur cheminement, c’est ce mouvement qui m’interpelle », a-t-elle rappelé.

L’Écosse a récemment rejeté la souveraineté (55 % contre 45 %), mais lors du vote sur le Brexit, la population s’est prononcée à 62 % pour le « remain », le maintien au sein de l’UE. Un mouvement a été relancé en Écosse pour tenir un deuxième référendum sur l’indépendance.

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17 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 9 juillet 2016 14 h 58

    Pour le British Canada...

    Voici la version canadienne de la démocratie.
    Au British Canada, c'est la règle médiocre, colonialiste et raciste des "deux poids, deux mesures" qui doit s'appliquer pour le Québec.
    Ce pays décrète donc que les Québécois, comme humains, valent moins en droits que tout autre humain de la Terre.
    Ce avec quoi tous les Canadiens, peut importe leur langue maternelle, sont d'accord puisque aucun d'eux n'en proteste ni ne s'en offusque depuis vingt ans.
    Même pas les intellectuels et profs d'université de ce pays anglophile qui de plus en plus, montre ouvertement qu'il se ferme à être une sous-démocratie en bafouant les droits des peuples qui l'ont précédé chronologiquement en histoire...
    Pays qui ne me fait pas rêver, moi qui le connais bien !

    • Yves Côté - Abonné 10 juillet 2016 02 h 35

      Oups...
      "peu importe...", bien entendu.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 10 juillet 2016 08 h 37

      Ceci n'empêcherait pas le Québec de faire son référendum selon les règles internationalement acceptées du 50%+1 et de procéder à son indépendance si le peuple en décidait ainsi.

      Cessons de nous autoparalyser et, une fois pour toute, affirmons politiquement ce que nous sommes sociologiquement.

    • Yves Côté - Abonné 10 juillet 2016 19 h 04

      Je suis bien de votre avis Monsieur Marcoux.
      N'en doutez pas.
      Toutefois, dire la vérité sur la manière de penser de nos adversaires politiques ne fait de mal à personne...
      Bien au contraire, selon moi.

      Salutations et amitiés républicaines, Monsieur.

  • Guy Lafortune - Inscrit 9 juillet 2016 16 h 55

    QU'est-ce qu'on en a à cirer?

    Elle n'a rien à faire la madame?
    Pourquoi est-ce pertinent pour le Devoir de nous donner une nouvelle comme ça?
    Elle se félicite de quoi au juste? Et pourquoi?
    Ça intéresse vraiment votre journal un item aussi banale, vide de sens que ça?
    Pourquoi pas à la place un article sur le sort de noirs aux États-Unis?
    Ces gens qui ne peuvent s'empêcher de sortir de leur cocon pour en fait dire rien, mais avoir sa photo dans les journaux ça, sa flatte l'égo.
    Du n'importe quoi...!

    • René Deshaies - Abonné 10 juillet 2016 18 h 05

      C'est drôle, j'ai comme l'impression que tu possèdes la vérité!

      Si tu possèdes la vérité, il n'y a plus de discussions possible.

      Le problème des noirs, le Devoir en a parlé en fin de semaine.

  • Michel Lebel - Abonné 9 juillet 2016 21 h 24

    Un résultat non équivoque

    La confusion ou l'indécision actuelle montre on ne peut plus clairement que pour les grandes décisions prises par référendum, le résultat doit être non équivoque, nettement majoritaire, pour l'une ou l'autre option, sinon on risque de jouer à référendum pour longtemps. Ce qui n'est pas souhaitable.

    M.L.

  • Jean-Paul Carrier - Abonné 10 juillet 2016 05 h 06

    Démocratie variable...

    Il est aussi tout étonnant que le PQ conteste le résultat des référendums de 1980 et 1995. Je présume que tout dépend du point de vue que l'on se place. Si le Québec se donne le droit de faire plusieurs référendums ainsi que l'Écosse comme elle le mentionne, alors, pourquoi la Grande-Bretagne n’aurait-elle pas ce droit ?
    50% +1 non! 52%.
    Mme Beaudoin a dit avoir noté que le peuple avait tranché par le biais d’un « grand geste démocratique », le référendum.--.
    Je présume alors que les deux référendums québécois ne furent pas démocratiques.

  • Loraine King - Abonnée 10 juillet 2016 06 h 35

    La règle n'est pas le résultat

    Bien que la règle de la majorité absolue s'appliquait à ce référendum le résultat dont tout le monde a prit acte comme étant clair et légitime fut de 50 % plus 1,3 million de votes.

    À ce que je saches le Canada accepte la règle de 50% plus un, tant que le résultat du vote est clair, à l'abri des contestations judiciaires, sur une question claire. C'est définitivement le cas de ce référendum au Royaume-Uni. Les péquistes n'ont jamais accepté ce que le peuple a tranché par référendum. Franchement, ils sont bien mal placés pour donner des leçons de démocratie aux autres.