Plaidoyer pour un grand ménage

Daniel Lebel croit qu’un ménage s’impose au sein de l’Ordre des ingénieurs du Québec.
Photo: Eduardo Lima La Presse canadienne Daniel Lebel croit qu’un ménage s’impose au sein de l’Ordre des ingénieurs du Québec.

L’ex-président de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) Daniel Lebel est loin d’être fier de voir son ordre professionnel placé sous tutelle par le gouvernement québécois. Mais il n’en est pas moins content, car il espère que l’organisation en profitera pour se renouveler.

Ex-candidat péquiste, président de l’OIQ de 2012 à 2014, « dans la pire période de l’histoire de l’Ordre » selon lui, Daniel Lebel en a lourd sur le coeur. À commencer par la maigre cotisation des membres, qui, à son avis, ne permet pas à l’OIQ de bien faire son boulot.

Dès son arrivée au conseil d’administration de l’Ordre, en 2009, il a vu les demandes d’enquête augmenter « de manière significative ». « On n’avait pas les ressources pour le faire », a-t-il relaté dans un entretien au Devoir.

Manque de moyens

Or à son avis, des membres de l’OIQ se sont opposés systématiquement à l’augmentation de la cotisation à leur ordre professionnel. Résultat ? « L’Ordre, pendant plusieurs années, n’a pas fait son boulot et ne s’est pas donné les moyens de faire son boulot », a déploré M. Lebel.

Son observation trouve écho dans le rapport des experts Yves Lamontagne et Pierre Pilote, qui concluaient en 2015 que le syndic de l’OIQ n’avait simplement pas les moyens de faire son travail.

340 $
Montant prévu de la cotisation annuelle à l’Ordre des ingénieurs le 1er avril 2017.

En comparaison, les podiatres paient une cotisation 3785 $ par an. Les avocats paient 1837 $ et les urbanistes, 544 $.

À l’époque, les cotisations étaient de 325 $ par année. Elles passeront à 340 $ le 1er avril 2017. En comparaison, les podiatres paient une cotisation 3785 $ par an. Les avocats paient 1837 $ et les urbanistes, 544 $.

Bien qu’il faille être prudent avec les comparatifs — qui dépendent du nombre de membres, des activités de l’ordre ou d’autres facteurs —, la différence paraît majeure.

Appliquer les recommandations

« Selon moi, on est 200 $ à 300 $ en bas de ce qu’on devrait payer. Si on avait suivi le coût de la vie, on serait à 500 $, 600 , estime Daniel Lebel.

Quand même, il ne veut pas faire de la hausse des cotisations son cheval de bataille. À son avis, un grand ménage s’impose au sein de l’OIQ.

« En ce moment, rien ne change. En janvier 2015, l’Office des professions a fait une série de recommandations et aucune d’elles n’a été mise en place », a-t-il déploré, en faisant référence au rapport Lamontagne-Pilote.

Celui-ci recommandait entre autres une modernisation des processus d’inspection, la réduction de la taille du conseil d’administration et une modification au Code des professions pour que la cotisation soit fixée par le conseil d’administration, et non les membres de l’OIQ.

340 $
Montant prévu de la cotisation annuelle à l’Ordre des ingénieurs le 1er avril 2017.

En comparaison, les podiatres paient une cotisation 3785 $ par an. Les avocats paient 1837 $ et les urbanistes, 544 $.
6 commentaires
  • Pierre Bernier - Abonné 8 juillet 2016 08 h 42

    Savoir faire !

    En ces matières, l'État de droit dispose du savoir-faire.

    Reste aux législateurs à agir.

  • André Boisvert - Abonné 8 juillet 2016 17 h 58

    Comparaisons erronnées

    « À l’époque, les cotisations étaient de 325 $ par année. Elles passeront à 340 $ le 1er avril 2017. En comparaison, (...) les avocats paient 1837 $ et les urbanistes, 544 $. »

    Il faut comparer des pommes avec des pommes. S'il y a plus de 60 000 membres à l'OIQ x 340$ = plus de 20 000 000$ à leur Bureau pour prendre les mesures nécessaires à la protection du public! En comparaison, l'OUQ compte moins de 2 000 membres x 544$ = moins de 1 000 000$ au Bureau des urbanistes pour les mêmes tâches. Enfin, la cotisation de 1 837$ demandée aux avocats comprend les coûts fixés pour l'assurance responsabilité incluse, alors que les deux autres professionnels doivent la débourser à part de leur cotisation!

    • Sylvain Auclair - Abonné 9 juillet 2016 08 h 34

      Mais moins de membres veut dire moins d'inspections et d'enquêtes.

  • Patrick Daganaud - Abonné 8 juillet 2016 18 h 51

    Le ménage par le pollueur

    Le gouvernement libéral va-t-il y effacer la corruption qu'il y a semée?

  • Donald Bordeleau - Abonné 9 juillet 2016 13 h 12

    Le renard dans le poulailler.

    Madame Vallée devra aussi comme ministre de la Justice mettre le Conseil exécutif sous tutelle par soucis d'honnêteté envers les électeurs.

    Récemment le PLQ s'est affiché comme un piètre administrateur de la Haute Fonction Publique du Québec. Une honte pour les fonctionnaires du Gouvernement de permettre de tromper les élus et les électeurs.

    La preuve fondamentale que l'Honorable Monsieur Couillard savait l'ampleur des magouilles au MTQ, c'est qu'il a expulsé Monsieur Poétî comme ministre en janvier 2016.

    Madame Savoie est bien protégée par Monsieur Couillard et Iglesias. Elle a suivit les ordres du Conseil Exécutif pour garder sous la couverte les problèmes du MTQ.

    Mais finalement l'honnêteté de Madame Trudel et de Madame Boily a permit de lever le voile sur le cancer qui ronge le MTQ et ses bureaux de district.

    Il semble que la vie de Madame Boily sera plus facile à la retraite pour éviter les menaces et le harcèlement quel a subit au sein du MTQ. Bon courage Madame Boily.

    En espérant que Messieurs Couillard et Iglesias feront le nécessaire pour faire des changements pour les carrières de Madame Savoie, de Martin Massé, de Danièle Cantin et de Nathalie Noël en regard des lois sur le Ministère du Conseil Exécutif et la loi sur la Fonction Publique.
    Loi sur le ministère du Conseil exécutif pour appliquer le code d'éthique.

    F-3.1.1 - Loi sur la fonction publique

    http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/ShowDoc/cs/M-30

    SECTION I
    CONDITIONS DU SERVICE
    § 1. — Normes d’éthique et de discipline

    4. Un fonctionnaire exerce, de façon principale et habituelle, les attributions de son emploi.
    Il exerce également les attributions qui peuvent lui être confiées par la personne habilitée suivant la loi à définir ses devoirs et à diriger son travail.
    Il exerce ces attributions conformément aux normes d’éthique et de discipline prévues à la présente loi ou dans un règlement adopté conformément à celle-ci.

  • Denis Morrissette - Abonné 9 juillet 2016 14 h 42

    Relai d'information

    Mme Sioui, vous auriez pu interroger l'ancien président quant à l'utilisation des 60 Millions $ du budget de l'OIQ, n'est-ce pas suffisant pour agir correctement? Et l'ordre professionnel des ingénieurs de l'Ontario, avec une contribution annuelle de 250 $...
    Ce n'est pas par hasard que les ingénieurs ont licencié l'ancienne équipe d'administration. Une enquête plus poussée vous aurait permis d'écrire un article plus éclairé.