Droits de la personne: il faut donner du temps à Peña Nieto croit Couillard

Le premier ministre Philippe Couillard est prêt à donner au président du Mexique Enrique Peña Nieto le temps nécessaire pour améliorer la situation des droits de la personne dans son pays.

M. Couillard a déclaré lundi qu’il fait confiance au président mexicain pour obtenir des résultats, malgré des violations rapportées la semaine dernière par l’antenne canadienne d’un organisme international.

Dans une conférence de presse, concluant une brève visite à Québec de M. Peña Nieto, M. Couillard a affirmé qu’il avait abordé durant ses échanges la question des droits de la personne au Mexique.

« Monsieur le président m’a indiqué avoir la situation bien en main, avoir un plan d’action détaillé, et j’ai entière confiance dans sa capacité d’aller de l’avant de ce côté, a-t-il dit. Et j’ajouterai que la meilleure façon de faire des progrès dans ce domaine, c’est de garder les échanges les plus ouverts possible, sur tous les plans. »

27 000 personnes disparues
À l’occasion de la visite au Québec et au Canada du président mexicain, Amnistie internationale Canada a rappelé que 27 000 personnes sont portées disparues au Mexique, depuis 10 ans, la majorité depuis l’élection de M. Peña Nieto, en 2012.

L’organisme a notamment interpellé le premier ministre canadien Justin Trudeau, qui rencontrera également le président mexicain cette semaine, afin qu’il tienne davantage compte de la situation qui s’est dégradée au Mexique.

M. Couillard ne s’est pas prononcé, lundi, sur une demande de l’organisme qui souhaite le retrait du Mexique de la liste des pays sécuritaires lors de l’évaluation des demandes de statut de réfugiés de ses ressortissants.

« Monsieur le président s’est engagé dans un processus ambitieux de réformes, je crois qu’il a mis le cap sur la bonne direction, mais cela prendra bien sûr du temps et il a besoin du soutien de ses alliés pour aller de l’avant et réussir », a-t-il répondu en anglais.

À ses côtés dans une salle du Château Frontenac, M. Peña Nieto a déclaré que son pays se conforme à la majorité des recommandations des organismes de défense des droits de la personne.

« On doit encore avancer là-dessus, nous ne nous satisfaisons pas des avancées réalisées, a-t-il dit. Cependant, je crois que nous sommes en bonne voie afin d’améliorer cette question et cela pour que les droits de la personne soient pleinement respectés. Le Mexique tient à être reconnu comme un pays où les libertés sont respectées et où les droits de la personne sont également respectés. »

Lors d’une cérémonie d’accueil par le gouverneur général David Johnston, à la Citadelle de Québec, lundi, M. Peña Nieto a souligné dans une brève allocution la contribution du Canada dans la protection des droits de la personne.

Manifestation 
En se rendant ensuite au Château Frontenac, pour un dîner avec des gens d’affaires en compagnie de M. Couillard, le président mexicain a été accueilli par une vingtaine de manifestants, gardés à bonne distance par des policiers, criant et brandissant des affiches l’accusant de faire régner l’oppression.

Il y a près de deux semaines, huit enseignants ont été tués dans l’État d’Oaxaca alors qu’ils manifestaient contre des dispositions d’une nouvelle réforme de l’éducation qui leur imposent d’être évalués, en plus de protester contre l’arrestation de leurs dirigeants accusés de blanchiment d’argent.

En s’adressant à la presse, M. Peña Nieto a affirmé qu’une enquête de la commission nationale des droits de la personne permettra de voir clair dans ces faits. Le président mexicain a affirmé qu’il était ouvert à discuter, mais que cela ne devait pas entraver l’application de la loi.

« Il est de notre devoir d’appliquer la loi, a-t-il dit. Nous ne sommes pas prêts à négocier la loi. La loi n’est pas négociable. Je ne parle pas uniquement de la loi en matière d’éducation, je parle de la loi en général. »

Après l’événement, dans une zone où se trouvaient les manifestants devant l’hôtel, une porte-parole de leur groupe, Marie-Ève Marleau, a répliqué à M. Couillard qu’il n’est plus possible d’attendre que M. Peña Nieto améliore la situation au Mexique. « Je ne pense pas qu’on peut lui donner du temps, a-t-elle dit. Il faut exiger l’arrêt de l’assassinat de son peuple. »

Selon Mme Marleau, coordonnatrice du Comité pour les droits humains en Amérique latine, la Chambre de commerce et d’industrie, qui organisait le dîner, a annoncé dimanche à cinq personnes de son groupe que leurs réservations payées, pour assister aux allocutions de M. Couillard et M. Peña Nieto, étaient annulées. « On pense que c’est pour des raisons politiques parce que nous avions acheté nos billets mercredi dernier », a-t-elle dit.

Brexit 
À quelques jours d’un sommet à Ottawa avec M. Trudeau et Barack Obama, M. Peña Nieto a déclaré que le Brexit devait servir à améliorer l’intégration des partenaires de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), dont le Canada, les États-Unis et le Mexique sont signataires. « Nous devons apprendre de cela afin d’améliorer notre relation et la protéger de tout type de tentative de la mettre en danger », a-t-il dit.

Le président mexicain a estimé que l’impact de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sera limité pour son pays.

Dans un discours devant la Chambre de commerce, M. Couillard a affirmé que le Brexit témoigne d’un changement de paradigme. « Il est certes apparent que nous sommes maintenant plus à l’âge des extrêmes qu’à celui du milieu du consensus, du compromis, a-t-il dit. La jeunesse en Grande-Bretagne et ailleurs veut continuer à tisser des alliances. »

6 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 27 juin 2016 16 h 31

    Couillard et les droits humains

    - Comment voulez-vous que Philippe Couillard exige de Peña Nieto qu'il respecte les droits humains au Mexique, quand il ne respecte même pas lui-même les droits humains au Québec? Notamment en s'attaquant au droit à la sécurité alimentaire à l'aide sociale et au droit à la dignité des personnes âgées dans les CHSLD.

    • Christian Montmarquette - Abonné 28 juin 2016 08 h 31

      ...et que dire des multiples engagements de Couillard qui s'est mis à deux reprise au service de l'Arabie Saoudite?? Un pays qui bafoue allègrement les droits de la personne?

      http://meteopolitique.com/fiches/corruption/Politi

  • Hélène Paulette - Abonnée 27 juin 2016 19 h 01

    Quelle hypocrisie...

    Couillard sait-il seulement ce qui se passe au Mexique? Un tel détachement militaire, avec des canons n'a pas pu être envoyé à Oaxaca sans l'assentiment du Président. Le PRI ne s'occupe du peuple qu'en temps d'élection, lorsqu'il paie les votants.

  • Sylvain Bolduc - Inscrit 27 juin 2016 19 h 39

    Avec le temps de Philippe C.

    Avec le temps...
    Avec le temps, va, tout s'en va
    On oublie le visage et l'on oublie la voix
    Le coeur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller
    Chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien....

  • Michel Lebel - Abonné 27 juin 2016 19 h 53

    Il ne faut pas être naïf!

    Les faits parlent d'eux-mêmes. Le gouvernement mexicain actuel n'est pas du tout à la hauteur en ce qui concerne le respect des droits de la personne. Corrompue, la police ne fait pas non plus son job de faire respecter la loi et l'État de droit. Tel est la triste réalité mexicaine. Il ne faut pas être naïf, messieurs les premiers ministres! Mais la politique et les affaires ont leurs lois...


    Michel Lebel

    • Donald Bordeleau - Abonné 28 juin 2016 13 h 36

      Vous avez bien raison et les faits parlent d'eux-mêmes.

      Récemment le PLQ s'est affiché comme un piètre administrateur de la Haute Fonction Publique du Québec. Une honte pour les fonctionnaires du Gouvernement de permettre de tromper les élus et les électeurs.

      La preuve fondamentale que l'Honorable Monsieur Couillard savait l'ampleur des magouilles au MTQ, c'est qu'il a expulsé Monsieur Poétî comme ministre en janvier 2016.

      Madame Savoie est bien protégée par Monsieur Couillard et Iglesias. Elle a suivit les ordres du Conseil Exécutif pour garder sous la couverte les problèmes du MTQ.

      Mais finalement l'honnêteté de Madame Trudel et de Madame Boily a permit de lever le voile sur le cancer qui ronge le MTQ et ses bureaux de district.

      Il semble que la vie de Madame Boily sera plus facile à la retraite pour éviter les menaces et le harcèlement quel a subit au sein du MTQ. Bon courage Madame Boily.

      En espérant que Messieurs Couillard et Iglesias feront le nécessaire pour faire des changements pour les carrières de Madame Savoie, de Martin Massé, de Danièle Cantin et de Nathalie Noël en regard des lois sur le Ministère du Conseil Exécutif et la loi sur la Fonction Publique.
      Loi sur le ministère du Conseil exécutif pour appliquer le code d'éthique.

      F-3.1.1 - Loi sur la fonction publique

      http://legisquebec.gouv.qc.ca/fr/ShowDoc/cs/M-30

      SECTION I
      CONDITIONS DU SERVICE
      § 1. — Normes d’éthique et de discipline

      4. Un fonctionnaire exerce, de façon principale et habituelle, les attributions de son emploi.

      Il exerce également les attributions qui peuvent lui être confiées par la personne habilitée suivant la loi à définir ses devoirs et à diriger son travail.

      Il exerce ces attributions conformément aux normes d’éthique et de discipline prévues à la présente loi ou dans un règlement adopté conformément à celle-ci