La bibliothèque historique des Finances menacée à son tour

Le fonds documentaire du centre de documentation du ministère est constitué de plus de 60 000 monographies, dont plus de 10 000 en version électronique, et près de 400 titres de périodiques.
Photo: iStock Le fonds documentaire du centre de documentation du ministère est constitué de plus de 60 000 monographies, dont plus de 10 000 en version électronique, et près de 400 titres de périodiques.

Le gouvernement Couillard s’apprête à fermer une série d’autres bibliothèques de ministères, dont celle des Finances située dans un bâtiment patrimonial du XIXe siècle dans le Vieux-Québec.

Selon ce que Le Devoir a appris, le centre de documentation du ministère abrite notamment tous les budgets et les comptes publics du Québec produits depuis plus d’un siècle. Son fonds documentaire est constitué de plus de 60 000 monographies, dont plus de 10 000 en version électronique, et près de 400 titres de périodiques.

L’historien Jean-Marie Lebel, spécialiste de la ville de Québec, déplore la fermeture imminente de cette bibliothèque considérée comme un joyau architectural et historique. Les étagères en laiton et en fonte ont été témoins d’un pan important de l’histoire juridique de la capitale. Le bâtiment d’influence Second Empire, inauguré en 1887, a longtemps abrité le palais de justice de Québec. Le ministre des Finances, Carlos Leitão, occupe le bureau de l’ancien juge en chef de la Cour supérieure.

Une perte

 

« C’est malheureux que cette bibliothèque ferme à son tour. Notre vieux palais de justice disparaît peu à peu », dit Jean-Marie Lebel en soupirant.

« Je peux comprendre que le gouvernement décide de fusionner les bibliothèques des ministères. Les gens de la fonction publique ont de moins en moins besoin d’aller à la bibliothèque, avec les documents numérisés accessibles n’importe où », ajoute-t-il.

« C’est triste. On perd non seulement des lieux où consulter des livres, mais on perd aussi des livres, dont aucune autre bibliothèque ne veut. Je veux bien croire que ces livres vont à la Bibliothèque nationale à Montréal ou à Ottawa, mais pour les gens de Québec, ce n’est pas à la porte ! »

Économies recherchées

 

Selon nos sources, la vaste « rationalisation » des bibliothèques de ministères et organismes du gouvernement se poursuit de plus belle. Le centre de documentation Paul-Gérin-Lajoie du ministère des Relations internationales, inauguré par l’ancien ministre lui-même, aurait fermé ses portes au cours du printemps.

Le Devoir a rapporté dans les derniers mois que la bibliothèque Cécile-Rouleau, située dans l’édifice G à Québec, abrite désormais pas moins de 17 centres de documentation de ministères et organismes gouvernementaux condamnés au fil des ans.

Le Secrétariat du Conseil du trésor a demandé l’an dernier à tous les ministères d’évaluer des économies possibles dans leurs centres de documentation. Selon un document interne du ministère, le gouvernement espère éliminer des postes et éviter les achats en double de documents ou d’abonnements. On pense ainsi pouvoir économiser 4,5 millions de dollars.

Selon nos sources, seule la bibliothèque de l’Assemblée nationale est assurée de rester en place. L’historien Jean-Marie Lebel s’en réjouit. « Il faut la préserver à tout prix. »

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