Des chauffeurs de taxi en furie contre la volte-face de Jacques Daoust

Le gouvernement Couillard a imposé vendredi un bâillon pour faire adopter son projet de loi 100 sur Uber.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Le gouvernement Couillard a imposé vendredi un bâillon pour faire adopter son projet de loi 100 sur Uber.
Le Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM-Métallos) est en furie contre le ministre des Transports, Jacques Daoust, qui, malgré une promesse, permettra, selon lui, de créer deux régimes de permis dans des projets pilotes en matière de transport de personnes.

Le gouvernement Couillard a imposé vendredi un bâillon pour faire adopter son projet de loi 100 sur Uber, autre épisode d’une longue controverse qui a même divisé le Parti libéral du Québec.

A la toute fin, il a proposé un amendement qui ouvre la porte à la création de deux régimes de permis, ce que le RTAM-Métallos qualifie de «volte-face inadmissible». Et il donne aussi le pouvoir au ministre de rendre permanent ce qui sera testé, un «non-sens», juge le syndicat.

En conséquence, le groupe qui compte près de 4000 membres du secteur du taxi, averti qu’il aura le gouvernement Couillard à l’œil.

Pour sa part, le Comité provincial de concertation et de développement de l’industrie du taxi (CPCDIT), qui dit représenter 8000 détenteurs de permis, s’est rallié au gouvernement.

Mais il souhaite que le ministre Daoust respecte sa parole de ne pas pénaliser le secteur du taxi par la création de projets pilotes et contraindre Uber à en arriver à une entente avec Revenu Québec avant d’y participer.

Vendredi, les libéraux ont refusé des amendements de l’opposition visant à forcer Uber à payer ses arrérages en taxes et impôts avant de pouvoir bénéficier d’un projet pilote. Le projet de loi 100 a été adopté à 57 voix contre 41, les trois partis d’opposition ayant voté contre.

Il entrera en vigueur dans trois mois, le temps de discuter avec Uber.
 
4 commentaires
  • Pascal Barrette - Abonné 11 juin 2016 15 h 32

    Uber la délinquante

    En pactisant avec la délinquante fiscale et réglementaire Uber, le Québec se prépare à des lendemains qui déchantent.

    Pascal Barrette, Ottawa

  • Maryse Veilleux - Abonnée 11 juin 2016 15 h 40

    Les métallos ont raison!

    Totalement inadmissible ce que le gouvernement a fait, en plus lui qui parle d'austérité se prive d'arrérages en taxes et en impôts. Il faut que les taxis fassent des moyens de pression plus musclés. Et le CPCDIT qui se rallie au gouvernement en pénalisant sa propre industrie, il sort d'où?... Ce gouvernement crée de la violence systémique en s'attaquant à la réglementation de façon passive et en ouvrant tout grand la porte à la multinationale. Les taxis doivent prendre des moyens de pression.

  • Pierre Valois - Abonné 12 juin 2016 01 h 34

    Bien dommage...

    Le terme de girouette est depuis quelques mois un terme qui n'est plus acceptable d'entendre à l'Assemblée Nationale.

    La population n'a pas ces restrictions de langage.

    De sorte qu'il m'est permis de le "califier" (sans faute d'orthographe) de girouette.

  • Pierre Robitaille - Inscrit 13 juin 2016 00 h 15

    Non, mais quelle couillonnerie!

    Après les sorties de Daoust qui disait réclamer que Uber se soumette à la loi, arriver ainsi à la dernière minute avec un amendement permettant de discuter avec Uber qui ne paie pas de taxes ni impôt ici pour trouver un accomodement qui les satisfasse, quelle basserie, quel aplat-ventrisme, quelle mièverie!

    C'est à vomi....