Séguin aimerait bien obtenir sa part du surplus fédéral

Au lendemain de l'annonce d'un surplus fédéral de 5,2 milliards, le ministre québécois des Finances Yves Séguin a exprimé hier sa lassitude de voir perdurer un tel déséquilibre face aux provinces.

«Il faut que le fédéral réalise que ce n'est pas un jeu», s'est exclamé le ministre Séguin, interrogé à l'occasion des consultations prébudgétaires qu'il mène ces jours-ci.

Le ministre Séguin n'a pas caché son impatience de voir Ottawa accumuler les excédents alors que les provinces, dont le Québec, ont peine à boucler leur budget.

«Ça me fâche un peu. Je vais certainement être plus agressif, si vous me permettez l'expression, pour discuter avec le fédéral», a-t-il prévenu.

«À la santé, à titre d'exemple, qu'est-ce qu'on attend, maintenant, pour nous aider à affronter nos budgets?» a-t-il demandé.

Mercredi, le gouvernement fédéral a confirmé qu'il affichait un surplus budgétaire de 5,2 milliards pour les neuf premiers mois de l'exercice 2003-04. Le ministre canadien des Finances, Ralph Goodale, semble vouloir accélérer le remboursement de la dette plutôt que de verser plus d'argent aux provinces.

Le ministre Séguin ne se dit guère étonné d'un tel excédent sur neuf mois et avance que le surplus pour 2003-04 sera «entre 7 et 8 milliards».

«Ça illustre encore une fois que le déséquilibre fiscal est très réel», a-t-il commenté.

Rappelant les demandes pressantes de toutes les provinces, surtout pour la santé, le ministre Séguin s'est exclamé: «Toute l'année il nous a dit on verra si j'ai de l'argent et maintenant qu'il a l'argent, que va-t-il encore nous dire pour ne pas payer ou faire attendre?»

Il trouve bien louable le projet de M. Goodale de rembourser la dette, mais note que Québec ne peut se permettre d'en faire autant.

Le ministre a plaidé sa cause auprès du gouvernement fédéral.

«Ce n'est pas de l'aide qu'on demande, c'est la partie de l'argent qu'il a collecté au Québec et qui est dans ses surplus à lui, à Ottawa. Ça revient un peu chez nous, là. J'ai envie de demander au fédéral de juste nous retourner ce qui nous appartient, voilà.»