La réorganisation commandait le gel de l'embauche

Le gel d'embauche pour des emplois réguliers dans la fonction publique, qui pourrait se prolonger au-delà de la date prévue du 30 avril, est nécessaire en raison de l'annonce prochaine de la restructuration et du regroupement de certains ministères.

C'est ce qu'a fait valoir hier la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget. «On s'est dit qu'on est en train de faire une révision de nos façons de faire. Il s'agit de regrouper, par exemple, différents organismes et ministères. Si on s'en va combler des postes qui ne seront plus là dans trois mois, ce n'est peut-être pas la façon la plus intelligente», a-t-elle déclaré lors d'un point de presse hier.

Selon la ministre, des propositions de restructuration seront faites «prochainement». Tout porte à croire qu'elles seront déposées au printemps, au même moment que la politique d'attrition et de renouvellement de la fonction publique.

Le Conseil du trésor et les hauts fonctionnaires discutent depuis des mois de la réorganisation de l'appareil étatique. Par exemple, le ministère du Revenu et la direction responsable de l'immigration au ministère des Relations avec les citoyens et de l'Immigration deviendraient des agences gouvernementales. Emploi-Québec et la Sécurité du revenu devraient être regroupés et devenir une agence. Qui plus est, selon des hypothèses qui circulent sur la politique de la main-d'oeuvre, le gouvernement Charest pourrait remplacer seulement la moitié des fonctionnaires qui partiront à la retraite au cours des cinq prochaines années. Enfin, dans le cadre de la «réingénierie de l'État», le Conseil du trésor a demandé aux ministères et organismes de dresser une liste de partenaires privés aptes à offrir des services gouvernementaux.

«On a toujours dit qu'on voulait réduire la taille de l'État. On ne s'en est jamais caché. Ça ne veut pas dire qu'on peut se passer de notre personnel, qu'on peut laisser tomber la fonction publique», a dit Mme Jérôme-Forget.

Le gel d'embauche, qui devait être valide jusqu'au 30 avril, pourrait maintenant se prolonger au-delà de cette date. «Je vais examiner l'orientation au niveau de cette démarche, mais je ne prends pas d'engagement», a noté la ministre lorsqu'elle a été interrogée sur un prolongement possible de la durée du gel. Monique Jérôme-Forget n'a pas pu révéler les économies qui seront réalisées. «Ce n'est tellement pas ma priorité que je n'ai pas compté ça. L'intention, ce n'est pas d'aller couper dans la fonction publique», a-t-elle dit.