PQ: les candidats mettent la table

Après la prise d’une « photo de famille », Jean-François Lisée, Martine Ouellet, Véronique Hivon et Alexandre Cloutier ont pris la parole devant quelque 200 sympathisants péquistes réunis jeudi soir au collège de Maisonneuve.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Après la prise d’une « photo de famille », Jean-François Lisée, Martine Ouellet, Véronique Hivon et Alexandre Cloutier ont pris la parole devant quelque 200 sympathisants péquistes réunis jeudi soir au collège de Maisonneuve.

À l’occasion du premier rendez-vous des candidats à la direction du PQ, le député de Rosemont, Jean-François Lisée, a promis de raccourcir l’échelle sociale québécoise en « remont[ant] ceux qui sont en bas » et en « disciplin[ant] ceux qui sont en haut ».

Après la prise d’une « photo de famille », Jean-François Lisée, Alexandre Cloutier, Véronique Hivon et Martine Ouellet ont tour à tour pris la parole devant quelque 200 sympathisants péquistes réunis jeudi soir au collège de Maisonneuve à l’invitation de la députée d’Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier. L’atmosphère était conviviale.

L’ex-ministre des Relations internationales n’a pas perdu une seconde des huit minutes qui lui étaient imparties. Il a mis au jeu quelques propositions afin que « le Québec soit riche de son équité ». Il s’est engagé à gonfler de 40 % le salaire minimum : celui-ci passerait de 10,75 $ à 15 $ d’ici à 2022, a-t-il dit. M. Lisée a également promis de « sortir de la pauvreté la totalité » des prestataires de l’aide de dernier recours en rehaussant « sur une période raisonnable » le montant d’argent qui leur est versé par l’État. D’autre part, l’élu a aussi promis d’« arrêter » le « vol » que perpètrent les employeurs refusant de payer les heures supplémentaires faites par leurs employés. « Chaque mois au Québec, 200 000 travailleurs non syndiqués se font voler 20 millions de dollars par des employeurs sans scrupule. […] Ce vol-là va arrêter », a-t-il lancé, récoltant les applaudissements des spectateurs. S’il se voit confier les rênes du pouvoir, M. Lisée redoublera d’efforts pour « remonter ceux qui sont en bas de l’échelle [mais également] discipliner ceux qui sont en haut de l’échelle ». Il veut limiter les salaires des grands commis de l’État québécois, ainsi que des dirigeants des universités et des coopératives comme le Mouvement Desjardins, en plus d’intensifier la lutte contre les paradis fiscaux.

Selon le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, « il y en a, de l’argent au Québec » — et il en aura davantage dans les coffres de l’État si celui-ci met fin à l’incorporation des médecins et aux fiducies familiales, et instaure une taxe sur les institutions financières. « Il faut juste avoir le courage de faire les bons choix et de s’assurer de redistribuer l’argent là où c’est nécessaire », a déclaré le candidat drapé dans les habits d’un défenseur du « nationalisme économique ». L’avocat de 38 ans est aussi revenu à la charge avec sa promesse d’inscrire le « droit à la francisation comme étant un droit fondamental pour le vivre-ensemble au Québec » et d’assujettir les entreprises constituées en vertu de la loi fédérale à la Charte de la langue française. « On peut agir dès maintenant sans négociations avec Ottawa », a plaidé M. Cloutier.

Rebâtir la confiance

La députée de Joliette, Véronique Hivon, est par la suite apparue sur la scène de la salle Sylvain-Lelièvre pleine d’entrain. La publication d’un sondage CROP-La Presse la mettant à égalité avec Alexandre Cloutier y était peut-être pour quelque chose. « Au-delà de rassembler les souverainistes, il faut rassembler les Québécois. C’est pour ça que je propose [qu’on se mette en marche] dès 2017. Moi, je n’attends pas 2022 ou 2018 », a-t-elle fait valoir, dans un clin d’oeil à ses adversaires Jean-François Lisée et Alexandre Cloutier. Pour y arriver, Mme Hivon a rappelé la nécessité de « rebâtir la confiance » entre le PQ et la population québécoise, notamment par la mise en branle d’un « ambitieux plan de réformes [des] institutions démocratiques » assorti d’une réforme du mode de scrutin. « Je n’abandonnerai jamais notre projet. Vous pouvez me faire confiance. »

À quelques heures du coup d’envoi officiel de sa campagne, Martine Ouellet a quant à elle mis en garde les sympathisants péquistes contre la tentation de proposer « un bon gouvernement » aux électeurs et de repousser la tenue d’un référendum au-delà d’un premier mandat d’un gouvernement péquiste. « On va être perdants sur tous les tableaux », a-t-elle averti.
 

11 commentaires
  • François Beaulne - Abonné 27 mai 2016 06 h 59

    On planne encore dans le vague

    Il faut reconnaître que la campagne à la direction du PQ ne fait que commencer. Toutefois, à l'exception des quelques engagements concrets de Jean-François Lisée qui collent au vécu quotidien de plusieurs Québécois, force est de constater que le reste, jusqu'ici n'a rien de particulièrement tangible.

  • Christian Montmarquette - Abonné 27 mai 2016 07 h 25

    Pourquoi pas le programme de Québec Solidaire tant qu'à y être?


    Après le salaire minimum à 15$ de l’heure; l’Assemblée constituante; le scrutin proportionnel; l’éradication de la pauvreté; la taxe sur les institutions financières et l’augmentation des impôts des plus riches.. - Pourquoi le PQ n’adopte-t-il pas le programme de Québec Solidaire au complet tant qu’à y être? 



    Je serais aussi porté moi-même à applaudir de telles mesures que le Québec attend depuis si longtemps et dont il a désespérément besoin. 



    Mais le problème du Parti québécois qui est loin d’être nouveau, en est un de crédibilité. En ce sens qu’il a bien longtemps qu’il clignote à gauche quand il est dans l’opposition et vire à droite quand il est au pouvoir. Il y a donc loin de la coupe aux lèvres avant qu’on puisse refaire confiance à ce parti politique qui avait encore un fois fait campagne sur la lutte à la pauvreté en 2012, alors qu’il a coupé plus de 4000 chèques d’aide sociale sous la main scélérate d’Agnès Maltais.



    Ajoutons à cela qu’il consternant de voir combien de péquistes ont traité Québec Solidaire d’extrémistes, de communistes et d’irréalistes, alors que leurs leaders viennent aujourd’hui défendre ses propres valeurs et ses propres orientations politiques, si ce n’est carrément de lui chaparder une partis de son programme. 



    Christian Montmarquette 



    • Pierre Beaulieu - Abonné 27 mai 2016 11 h 08

      Il y a de bonnes choses dans le QS qui ne lui sont certainement pas exclusives, comme certains aspects socialisants, mais il n'y a pas que cela au PQ, il a des idées progressives et la plus importante, celle qui devrait être l'objectif premier pour tous les Québécois, l'Indépendance du Québec.
      Bonne chance à nos quatre jeunes chefs.

    • Christian Montmarquette - Abonné 27 mai 2016 12 h 54

      À Christiane Gervais,

      " Les idées, surtout quand elles sont bonnes, n'appartiennent à aucun parti.." - Christiane Gervais

      Vous me permettrez des réserves à ce sujet, à moins que vous n'endossiez carrément le plagiat. Comme Option nationale qui avait littéralement chipé le concept de "Pharma-Québec" à Québec Solidaire.

      Mais outre la question du manque de crédibilité que je maintiens entièrement avec un PQ qui a reculé sur tellement de ses engagements lors de son denier mandat. Le problème que je soulève, c'est que les péquistes considèrent les propositions de Québec Solidaire comme radicales et extrémistes quand elles ne viennent pas de lui, mais tout à fait normales voire souhaitables quand il les lui prend.

      Alors, question d'honnêteté intellectuelle..

      On repassera..!

      Référence :

      Pharma-Québec: audacieux, pas «extrémiste» - Le Devoir

      " Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, a qualifié notre proposition d’«extrémiste ». "

      http://www.ledevoir.com/politique/quebec/364087/ph

      .

    • Christian Montmarquette - Abonné 27 mai 2016 14 h 00

      À Pierre Beaulieu,

      " Il y a de bonnes choses dans le QS.." - PB

      Heureux de vous l'entendre dire, parce que.. Mettons qu'on est plutôt habitué à se faire traiter de complices des libéraux de la part d'un paquet de péquistes ici même sur cette tribune.

      "Il a des idées progressives et la plus importante, celle qui devrait être l'objectif premier pour tous les Québécois, l'Indépendance du Québec." - Pierre Beaulieu

      Ici nous divergeons clairement, parce qu'avec un chèque en blanc comme le demande le PQ depuis sa fondation, l'indépendance pourrait tout aussi bien correspondre à une réduction des droits et liberté et à une république de bananes comme le Parti québécois s'apprêtait à le faire avec son Entente commerciale du 12 juin 1995 en guise de constitution et qui abandonnait à toutes fins pratiques la souveraineté effective du Québec aux droits commerciaux et aux privilèges de l'État canadien.

      Christian Montmarquette

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 27 mai 2016 07 h 57

    Realpolitik

    Au sujet de l'indépendance du Québec,
    Quel est la réalité actuelle du Québec?
    Quel chemin faut-il faire pour convaincre les québécois?
    Tenant compte du système électoral actuel, quelle serait la meilleure stratégie à adopter pour prendre le pouvoir et mener le projet à bon port?
    Compte tenu de l'obstruction systématique de QS et des autres partis à toute forme de convergence, présente et future, comment convaincre le peuple québécois de voter pour le PQ aux prochaines élections et reprendre des comtés, dont ceux présentement aux mains de QS?

    • Christian Montmarquette - Abonné 27 mai 2016 09 h 19

      À Jean-Pierre Marcoux

      " Compte tenu de l'obstruction systématique de QS et des autres partis à toute forme de convergence.." - Jean-Pierre Marcoux

      Je vous ferez remarquer que c'est le PQ qui a fait de l'obstruction systématique à toutes formes de convergence en retirant le scrutin proportionnel de son programme, alors qu'il permettrait d'aditionner les votes et les députés.es souverainistes au lieu de les soustraire les uns des autres.

      S'il y avait un scrutin proportionnel, il y aurait non pas 3 mais 9 députés.es solidaires souverainistes de plus à l'Assemblée nationales. Et pourquoi pas quelques-uns de plus en comptant Option nationale?

      Avant d'accuser les autres d'obstruction Monsieur Marcoux, commencez donc par éliminer les obstructions de votre propre parti qui lance des faux appels à la convergence sans y inclure aucune proposition ni substance concrète à mettre dedans.

      Christian Montmarquette

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 27 mai 2016 11 h 48

      M. Mon Marquette,

      Je ne fais partie d'aucun parti. Je suis libre et distant de toute
      formation politique.

      Les leaders du parti QS passent le plus clair de leur temps à
      faire du chantage et à poser des conditions, l'une après l'autre, jusqu'à plus soif.

      Votre objectif n'est pas de converger mais de vous distinguer pour
      tèter le vote progressiste du PQ vers le QS. Votre objectif n'est pas de converger, mais de diviser.

      J'espère que de plus en plus de québécois, d'ici les prochaines élections, vous abandonneront à vos purismes.

    • Christian Montmarquette - Abonné 28 mai 2016 09 h 35

      " Votre objectif n'est pas de converger mais de vous distinguer.." -Jean-Pierre Marcoux

      Je vous ferez remarquer que cette convergence est une demande spécifiquement péquiste, pour ne pas carrément dire de PKP.

      Alors il est normal que QS pose ses conditions, comme dans n'importe quelle entente entre deux personnes ou deux organisations.

      Et si le PQ refuse, il est tout aussi reponsable de la division.

      Vous n'êtes peut-être pas péquiste mais ça ne vous empêche pas de raisonner de la même façon.

    • Christian Montmarquette - Abonné 28 mai 2016 16 h 40

      " J'espère que de plus en plus de québécois, d'ici les prochaines élections, vous abandonneront à vos purismes." - -Jean-Pierre Marcoux

      Et j'espère que de plus en plus de québécois d'ici les prochaines élections, abandonneront ce PQ de magouilles qui a fraudé la loi électorale à coups de millions durant des décénies et dont deux des organisateurs, dont celui de Pauline Marois se sont fait embarquer par la police de l'UPAC.

  • Yvon Bureau - Abonné 27 mai 2016 09 h 37

    D'abord, un BON gouvernement,

    plus juste, plus progressif, plus citoyen, plus riche en partage.

    La souveraineté si nécessaire, mais pas nécessairement la pleine souveraineté.

    La pleine souveraineté ...

    Au pouvoir, montrer et démontrer, à chaque occasion, que le Québec ferait mieux si davantage souverain. Bref, un peu de souveraineté à la fois.

    Peut arriver une émergence, multipliant les possibilités ...

    Une Ost... de belle photo !