Des contrats informatiques opaques et trop chers

La vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, écorche durement le Centre de services partagés du Québec (CSPQ). Elle a décelé plusieurs défaillances dans le processus d’adjudication des contrats en technologies de l’information, et ce, après avoir passé au peigne fin deux mégacontrats d’achats regroupés de matériel informatique.

Les « meilleurs prix ne sont pas toujours au rendez-vous » dans ces contrats d’une valeur maximale de 100 millions de dollars en vigueur jusqu’au 30 juin 2016, peut-on lire dans son rapport. « Le CSPQ n’a pas l’assurance que les ministères et organismes ont bénéficié des baisses de prix attendues ou ont obtenu des modèles reflétant l’évolution technologique », a fait valoir Mme Leclerc.

Par exemple, le CSPQ a acquiescé sans rechigner à acheter des ordinateurs de table à un prix moyen de 16 % supérieur à celui prévu dans le contrat de regroupement d’achats précédent. L’équipe de la VG a aussi observé que le prix d’achat d’une tablette était de 499 $ chez le principal fournisseur du CSPQ, soit 60 $ de plus que le prix affiché sur le site Internet du fabricant (439 $).

Surplus

D’autre part, le prix de 40 options — garanties, ajout de mémoire, etc. — a augmenté au cours de la période du contrat, même si « les fournisseurs ne peuvent proposer des prix plus élevés que ceux soumis initialement », a-t-elle observé après avoir comparé le prix inscrit au configurateur de produits en janvier 2016 avec celui soumis initialement. « [L]e prix soumis pour une option par le fournisseur au dépôt de sa soumission était de 23 $ et le prix payé a été de 99 $. Le CSPQ, qui était le client pour cet achat, en a acheté 450. Le montant payé en trop s’élève à un peu plus de 34 000 , illustre-t-elle.

Enfin, la VG déplore le « manque de rigueur » du CSPQ dans la « documentation des décisions prises [ce qui] les rend difficiles à évaluer et n’assure pas l’imputabilité des personnes concernées ».



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