Hivon propose une assemblée constituante

La candidate à la direction du PQ, Véronique Hivon, ouvre — un peu plus — son jeu. Elle propose de mettre sur pied une « assemblée citoyenne » afin d’élaborer un projet de Constitution d’un Québec indépendant, et ce, au lendemain d’une éventuelle élection d’un gouvernement péquiste en 2018.

« Cette démarche-là de constituante peut être l’assise solide de la fondation d’un Québec pays », souligne-t-elle dans un entretien avec Le Devoir au 15e jour de sa campagne à la chefferie du PQ. « C’est quelque chose, selon moi, qui est très porteur et que j’entends mettre de l’avant. »

Aux commandes de l’État, Mme Hivon chargerait des individus « représentatifs » de l’ensemble de la population québécoise de rédiger la loi fondamentale de l’État du Québec. « Il n’y aura pas juste des indépendantistes », précise la députée de Joliette. Le fruit de leur travail — un projet de Constitution — devra par la suite être entériné par la population québécoise, convient-elle.

Les travaux de cette assemblée constituante succéderaient à la « tournée de mobilisation 2017 » promise par Mme Hivon afin de permettre d’« aller à la rencontre de la population dans le but de stimuler la relance du projet souverainiste » en vue des prochaines élections générales. « On est en mouvement vers l’indépendance. L’assemblée constituante s’inscrit dans ce mouvement-là », poursuit-elle.

La prétendante à la chefferie du PQ croise les doigts afin que sa sortie en faveur de la création d’une assemblée constituante — une idée défendue notamment par Québec solidaire et Option nationale — facilite la convergence du mouvement indépendantiste, dont elle était responsable dans l’équipe de l’ex-chef Pierre Karl Péladeau. « Je pense que c’est un facteur important de convergence », affirme-t-elle sans ambages.

Cela dit, l’élue péquiste se dit convaincue que sa promesse d’« élaboration d’une Constitution par le biais d’un processus participatif » est de nature à « rebâtir la confiance » de la population à l’égard de la politique québécoise. « Je ne mets pas ça de l’avant juste pour faire plaisir dans le mouvement de convergence dans lequel je crois profondément. Sur le fond des choses, je trouve que c’est une initiative excessivement forte d’appropriation de la démocratie, de participation citoyenne, de mise en commun de ce qui nous unit », insiste-t-elle à quelques jours du congrès de Québec solidaire, durant lequel le rôle de l’assemblée constituante dans le processus d’accession à l’indépendance du Québec risque de faire débat.

Les membres d’Option nationale se sont pour leur part rangés fin janvier 2016 derrière un mode d’accession à l’indépendance largement inspiré de celui du mouvement indépendantiste catalan. Un processus d’assemblée constituante serait lancé afin que soit écrite « une Constitution du Québec indépendant avec la plus grande participation citoyenne possible », a mentionné la formation politique.
 

Dans le programme du PQ

En avril 2011, les participants du 16e congrès national du PQ s’étaient ralliés derrière l’idée de « créer une assemblée constituante à laquelle seront conviés à siéger tous les secteurs et les régions de la société québécoise ainsi que les nations autochtones et inuites du Québec afin d’écrire la Constitution d’un Québec indépendant ».


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