ON remet en question sa participation à la convergence des forces souverainistes

Alexandre Cloutier et Véronique Hivon proposent d’annoncer six mois avant la tenue de l’élection générale de 2018 s’ils s’engagent ou non à tenir un référendum au cours d’un premier mandat péquiste.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Alexandre Cloutier et Véronique Hivon proposent d’annoncer six mois avant la tenue de l’élection générale de 2018 s’ils s’engagent ou non à tenir un référendum au cours d’un premier mandat péquiste.

L’absence d’un engagement clair en faveur de la souveraineté du Québec par les candidats à la direction du Parti québécois (PQ) menace les travaux de la Table de concertation sur la convergence des forces souverainistes.

C’est ce que soutient Jocelyn Beaudoin, le président d’Option nationale, dans une lettre envoyée aux médias, lundi (à lire en page A6).

M. Beaudoin écrit qu’aucune feuille de route commune ne pourra voir le jour si les prétendants à la direction du PQ ne clarifient pas rapidement leurs positions.

Démarche contestée

En entrevue lundi, M. Beaudoin s’interroge même sur la pertinence de poursuivre la démarche de convergence dans le contexte actuel.

Option nationale rejette la proposition de Jean-François Lisée de repousser la tenue du référendum à un deuxième mandat péquiste. « Il faut assumer notre position », affirme sans détour M. Beaudoin.

« Une approche comme celle de M. Lisée, c’est décourageant pour tout le monde. On dirait qu’on a peur de perdre. Et pourtant, c’est en mobilisant et en étant actif qu’on va convaincre les citoyens », dit-il.

Quant à Alexandre Cloutier et Véronique Hivon, ils proposent d’annoncer six mois avant la tenue de l’élection générale de 2018 s’ils s’engagent ou non à tenir un référendum au cours d’un premier mandat péquiste.

« Ça, c’est dans un an et demi. À la table de concertation, les travaux sont en cours. Pourquoi est-ce qu’on perdrait un an et demi de temps si de toute façon, il n’y a pas d’engagement à la fin du processus ? » se questionne M. Beaudoin.

Seule la candidature de Martine Ouellet pourrait donner un élan au processus, estime-t-il, encourageant la députée péquiste à se lancer dans la course.

« C’est la seule qui pourrait, à l’heure actuelle, porter un engagement clair », relève M. Beaudoin.

17 commentaires
  • Raymond Saint-Arnaud - Inscrit 23 mai 2016 12 h 42

    La concertation

    Il faut se concerter entre souverainistes, même si chaque chapelle n'a pas la forme de clocher souhaitée.

    Il faut que les cloches sonnent ...


    Le mieux est l'ennemi du bien.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 23 mai 2016 13 h 06

    … God save the Queen ???

    « … qu’aucune feuille de route commune ne pourra voir le jour si les prétendants à la direction du PQ ne clarifient pas rapidement leurs positions. » (Presse canadienne)

    Si tel est le cas, et en ce jour des Patriotes, serait-il audacieux d’inviter le PQ à chanter un merveilleux …

    … God save the Queen ??? - 23 mai 2016 -

  • Tristan Roy - Inscrit 23 mai 2016 13 h 57

    Option Nationale...

    ...0.73% du vote, 30 000 votes sur 4.2 millions. Même pas un demi de un pour cent des six millions d'électeurs inscrits.

    Est-ce que les journalistes provinciaux pourraient dédier à ce micro parti une attention proportionnelle à leur importance réelle?? Ça devient agressant d'entendre parler d'Option Nationale (ON) à tout propos dès qu'il est question de souveraineté et de convergence.

    ON représente une portion INSIGNIFIANTE de l'opinion souverainiste. Leurs leaders qu'on érige en personalitées "nationales" ne représentent en fait qu'une poignée de militants.

    Le Parti Vert du Québec et le Parti Conservateur du Québec ont fait presqu'autant que ON et curieusement on en entend jamais parler... Est-ce que les journalistes provinciaux pourraient parler également de ces deux partis qui représentent des courants d'opinion encore plus distincts que ON?

    Et non, la course au leadership du Parti Québecois n'est pas une excuse. Parce que c'était pareil avant que PKP démissionne.

  • Claude Bariteau - Abonné 23 mai 2016 14 h 36

    L'obsession référendaire ne mène nulle part.

    Pourquoi s'enliser avec la tenue d'un référendum alors qu'il y a un autre moyen, plus engageant, qui est une élection ayant pour thème principal l'indépendance dont l'appui d'une majorité des électeurs et des électrices et l'élection d'une majorité de députés indépendantistes mandateraient ces derniers de procéder en toute légalité et en toute légitimité.

    C'est simple, clair, transparent et engageant. Puis, une telle élection pourrait être celle de 2022 à défaut de l'activer en 2018.

    Pour mettre cette approche à l'ordre du jour, à laquelle j'invite les candidats et les candidates à la présidence du PQ, il faut revoir l'approche axée sur un référendum.

    Pourquoi ? Parce que, depuis la loi de clarification, qui donne au gouvernement canadien un pouvoir de désaveu, crée un climat d'incertitude sur les suites. C'est pour cette raisons que les spécialistes internationaux insistent pour qu'il y ait une entente engageant le gouvernement du Québec et celui du Canada sur la question, les pourcentages requis, le financement, la présence d'observateurs externes crédibles et la succession des pouvoirs.

    Sans une telle entente, tenir un troisième référendum consiste à tomber une deuxième fois dans le piège canadien. Le premier fut introduit au PQ par Claude Morin qui y véhicula les propos de hauts fonctionnaires canadiens. Le deuxième fut l'ouvre de Stéphane Dion, aujourd'hui ministre des relations internationales, qui, à l'invitation de Jean Chrétien, fit adopter la loi de clarification.

    Alors, il faudrait tout simplement que les promoteurs de l'indépendance s'ajustent à la réalité et mettent de côté un reliquat de 1973 qui les piégea tellement qu'ils n'arrivent pas à penser l'indépendance comme un choix politique, que partage nombre de futurs citoyens et de futures citoyennes du Québec, qui peut s'exprimer lors d'une élection.

    • Raymond Saint-Arnaud - Inscrit 24 mai 2016 12 h 15

      Monsieur Bariteau a raison. La démarche qu'il propose est conforme au régime politique britannique qui régit le Québec. Ce qui devrait rallier tout le monde, même les fédéralistes attachés à la Constitution canadienne.

    • - Inscrit 24 mai 2016 19 h 03

      La loi nommée machiavéliquement "sur la clarté" est un déni de démocratie. Elle nie le droit des peuples à l'autodétermination et est ainsi en violation de la charte de L'ONU et des droits de l'Homme de l'ONU, (article 15 de la Déclaration) qui affirme que tout peuple a droit à sa nationalité et de choisir la forme de son gouvernement. Elle soumet l'Assemblée nationale du Québec aux diktats du Parlement canadien, des législatures canadiennes, à l'opposition parlementaire du Québec et aux peuples autochtones du Canada. La question posée serait examinée par les instances extérieures au Québec, de même que l'interprétation du résultat et elle nie en plus la loi démocratique du 50% plus un qui contient le principe un électeur un vote.

      Elle est donc un acte colonisateur à plusieurs égards.

      Je ne comprend pas pouquoi M. Baribeau souhaite soumettre la volonté du peuple québécois à cette loi colonialiste. Soumettre l'avenir du Québec à cette loi sélérate serait une imposture.

    • Claude Bariteau - Abonné 24 mai 2016 22 h 42

      Monsieur Georges Hubert,

      je n'entends d'aucune façon soumettre le peuple québécois à cette loi. Je propose le contraire. Lisez ce que j'ai écrit depuis que cette loi a été adoptée. C'est ce que je redis.

      Les promoteurs d'un référenum sans entente présume plutôt que le Canada respecterait ce que vous estimez qu'il ne fait pas avec la loi de clarification. Personnellement, je présume le contraire.

      Voilà pourquoi je propose de contourner cette loi.

      D'abord en proposant une négociation avec le Canada sur les termes de la tenue d'un référendum puisque cette loi de clarification l'encadrerait et que les pays tiers seront astreints à respecter la souverainteté des pays reconnus, en l"occurence le Canada.

      Dans cette négociation, le gouvernement du Québec pourra exiger le respect l'application de règles que vous présumez que respecteraient les instances internationales. Et refuser toute entente en-deça de ces règles.

      Je préfère, quant à moi, qu'il s'y refuse parce qu'il les respecte, le dise clairement et opte, parce que le Canada n'entend pas les respecter, pour une démarche électorale avec double majorité, ce que tous les pays qui s'affichent démocratiques respecteront quoi que dise le Canada, car s'ils ne le font pas, ils nieront qu'ils sont privilégient les règles à la base de la démocratie.

      Voilà pourquoi j'estime essentiel de ne pas tomber dans le piège canadien et d'enclencher plutôt une démarche qui conduit à le contourner et à recourir à une approche reconnue en droit international qui n'expose exposer pas le peuple québécois aux manigances canadiennes mises au point par Jean Chrétien et son bras droit de l'époque, Stéphane Dion.

      Mes meilleures salutations,

      Claude Bariteau

  • Jean-Francois Forget - Abonné 23 mai 2016 16 h 58

    Sérieusement je ne sais pas c'est quoi le plus décourageant...

    dans toute négociation une seule chose est certaine: si tous les partis ont été de bonne foi, aucun ne sortira 100% satisfait, le but c'est d'arrivé à un compromis... m'enfin si O.N. préfère le romantisme du tout ou rien je ne peux pas les blâmer, sur le petit pourcentage de la population qui votent pour eux aux élections, c'est sûrement ce côté sans demi-mesure pour une indépendance dès le premier mandat qui attire... du moins je suppose.

    Ceci dit je m'explique vraiment mal dans le système électoral actuel comment les gens d'O.N. peuvent voir l'indépendance comme possible sur l'horizon du court/moyen terme que l'échéance des prochaines élections provinciales apportent... je veux dire si O.N. dit rejeter la proposition de Lisée qui est sur une échéance de 6 ans, c'est qu'ils prétendent pouvoir y arriver plus rapidement, non?